Mort d’un rade gothique
Avril 2010, la date est funèbre puisque elle sonne le glas du Katabar, bar goth ouvert il y a 11 ans et scènes d’innombrables befores, soirées électro/dark/indus, apéros clic’n’cuts. J’ai dû faire l’ouverture, je fais la fermeture.
Apéro chargé à la base, blanc + Jäger puis je file au Kata. J’y retrouve Tco, Dora et une certaine Claire, copine de la sœur d’Amar. Peut être déjà croisée au Bataclan. L’ambiance est assez hot ! Les filles dansent sur le bar, telles des coyotes girls obscures tandis que d’antiques métalleux à moustache secouent la tête. 
Niveau son, c’est une sorte de déclinaison des New Wave Day, synth wave, pop rock, mixée par Emma Tome qui finit par monter à son tour sur le comptoir. Ambiance curieuse de fin de règne. Les murs pourraient se dissoudre et nous emporter dans une brèche déliquescente. Ferdi se fait jeter du rade… C’est vrai qu’à deux dans les toilettes, ça n’est pas très discret. Pour du poppers, en plus ! 
Je gagne un demi à la tombola, dernier clin d’œil du lieu et j’enquille les verres. Sylvain a de grosses galère de son et j’amorce mon repli vers le Bato. Voyage en taxi comme un prince urbain de retour d’un enterrement.
Soirée rock éléctro avec « Le Catcheur et la Pute ». Le groupe envoie du bois sec ! De belles buches rock/electro dans les gencives. L’ambiance est électrique, les gens sont au taquet dont un jeune tout particulièrement qui se fait jeter et tente de revenir sur le pont par un cordage. L’amour du risque. On revient dans le son avec du RATM et quelques classiques brûlants. 
Je teste la vodka/châtaigne (un délice) ainsi que le rhum « 3 rivières », pas mal mais ça tasse. Quelques rencontres aux grés des verres, cigarettes et briquets. Un cuistot mélomane, un couple de la réunion. Clopes contre bises véloces. Je finis en miettes mentales tandis qu’une blonde m’offre un petit verre d’alcool de menthe. Danse terminale et fraîche. 
Retour la semaine d’avant. Les chroniques ne sont plus linéaires. OPEN HOUSE en plein Bois de Boulogne. Dès mon arrivée dans le secteur un trav me taxe une clope et me relooke façon bogoss. La traversée m’amène ensuite vers une rue sombre squattée par des groupes de russes qui picolent. J’arrive à la Chesnay du Roy, sorte de grande résidence faite pour les grands évènements privatifs. Le son est plus que correct, sur deux niveaux. Une salle centrale House/électro et un étage plus rap/hipster avec du Surkin/Justice et son lot de graphistes barbus. J’y croise aussi une russe bien furieuse ainsi qu’un jeune gangster en repérage porno. 
Finalement, je vais rester en bas ! SUPERPITCHER joue assez tôt. Son set est très bon. Un peu syndical sans doute. 2 heures de tech/minimale qualité allemande. La public est celui des WHIM, les fans de Tiboz and co + quelques rajouts branchés. DOP prend la suite et fait un live plus couillu/gonflé avec des titres jazz dubb totalement trippés. Aussi étonnants que kiffants. Le voyage dans les sphères poisseuses de la Jäger nous amène bien haut… 
Avance rapide la semaine d’après avec une virée concert à la Machine (anciennement la Loco). On y annonce VENITIAN SNARES / Dj Wet / Hundreds of hands. Mais Venitian, le coquina, ne va pas venir. J’hésite à me faire rembourser mais Bruno m’informe que Hundreds c’est très bien. On y fonce donc ! En effet ; le duo est plutôt bon dans le registre new/wave électro. Un peu Client / Adult avec un chanteuse qui tient la route. Mais la soirée se termine tôt, l’ambiance après le live est morne.
Pas la peine de s’attarder.
Nous ne pouvons même pas nous terminer au Kata.
Seul le Palmier, cette brasserie immortelle, se tient encore à l’angle de la place.
Etrange Festival 2011 : le Dernier Jour
Etrange Festival 2011 : le Dernier Jour 
Je commence vraiment à fatiguer, 2 semaines de films non stop + deux nuits blanches électros et deux nuits blanches cinématographiques, ça use son homme. Yannick B et Lady Palace, que je croise en cette ultime journée trouvent que je ressemble à un zombie. Je suis donc raccord avec le festival.
On commence avec :
THE MAN FROM NOWHERE : de Lee Jeong-beom, durée 1 heures 59. 
Thriller coréen de belle facture, qui délaisse quelque peu les outrances et la surenchère qui pourtant ont constitué la marque du genre depuis l’explosion des old boy and co… L’histoire est assez classique, un ancien as des services spéciaux, mutique mais beau gosse, se lie d’amitié avec une gamine qui se fait embarquer par de vilains trafiquants d’organes.
On aurait pu s’attendre à une Cat 3 sordide, on se retrouve face à une sorte de James Bond stylisé. De bonnes bastons et du gore assez retenu qui curieusement arrivent à prendre le spectateur à contre pied. De même, la gosse, qui aurait pu être l’habituel élément horripilant de ce thriller parvient à être originale et assez touchante.
Série B grand luxe, dotée d’une maîtrise des espaces et d’un rythme bien prenant, THE MAN FROM NOWHERE se révèle être une bonne surprise.
Pas le temps de souffler, on enchaîne avec
REQUIEM POUR UN MASSACRE : d’ELEM KLIMOV durée 2 heures 20. 
Il s’agit pour moi d’une rencontre essentielle avec un de mes films maudits. J’avais assez peur de le voir, suite à une distribution erratique dans les années 80/90. D’abord présenté dans une collection vidéo SM/malsaine puis élevé au rang de chef d’œuvre du cinéma, ce film devait d’appeler « TUER HITLER » pour finalement devenir « Va et regarde » ou ce dernier titre.
Nous sommes en pleine campagne de Biélorussie, Fiora, un jeune garçon trouve un fusil et va s’engager dans le maquis pour lutter contre l’envahisseur allemand. Ce film est un choc permanent qui prend à la gorge, malgré une certaine hystérie slave par moment. Certaines séquences marquent et hantent longuement. Etrangement, il n’y a pas de catalogues d’horreurs ni une volonté de choquer, simplement, un réalisme et l’absurdité homicide de la guerre. La fin, avec le regard halluciné de Fiora (censé avoir joué sous hypnose) parvient à clore le film d’une manière presque surréelle puisque le jeune homme revoit l’ascension d’Hitler sous forme d’archive. Jusqu’à cette image d’enfant du Führer.
A la sortie je suis pris d’un doute… Je voulais aller voir DON’T BE AFRAID OF THE DARK, le film de clôture mais j’ai peur de retomber sur une daube pseudo dark/indie comme on a souvent le droit en fin de festival. Je discute avec Léa qui m’incite plutôt à aller voir le Sono Sion, GUILTY OF ROMANCE, en particulier pour son féminisme déviant.
Ok, vendu. Je vais changer ma place mais suis tellement à l’ouest que le vendeur me prend pour un défoncé.
A vrai dire, le film m’a un peu laissé dans l’expectative. 
Le début est prodigieux. La façon de filmer le quartier des love-hotels où viennent se planquer les couples illégitimes, l’exposition des 3 héroïnes, la femme soumise qui se libère, la prof tarée et la femme flic, tout cela fonctionne bien et même les délires un peu Seven/mecs inquiétants prennent bien.
Mais… L’enquête qui sous tend le film est quand même férocement flingué et il y a des redites gênantes, en particulier quand la prof tarée théorise à outrance la déchéance de l’ancienne femme au foyer. Il faut encore dire que certains acteurs Sushi Typhoon montrent parfois leurs limites. En particulier Megumi qui n’arrive pas à tenir tout un film.
Encore une fois, Sono Sion, rate le film parfait, et nous sert une copie baroque des Nuits de China Blue. La conclusion rattrape un peu le coup car on revoit la flic qui à mon sens était le personnage le plus intéressant du lot.
L’heure du bilan.
Un festival plus lisse que d’ordinaire, mais après 13 ans de présence, j’ai l’impression d’avoir absorbé beaucoup de bizarreries cinématographiques. Les nouveautés oscillent entre le second degré délirant ou une sorte de mollesse arty.
Meilleur film, EL INFIERNO et en second après quelques mois de réflexion/maturation HELLDRIVER.
Soldes en 2011
Un entretien avec Aude Konan sur son site Quirky
http://quirky.fr/entretien-laurent-fetis
Et une annonce car le site ouvre demain :
http://www.nootilus.com/microphemeride/
Projet assez dingue d'une année de micro-nouvelles avec une brochette (ou tapas) d'auteurs espagnols et francophones.
Avec un peu de recul les miennes tournent autour de la bière, des rocks stars déchues et des actrices pornos (avec quelques minotaures toutefois). Etonnant non ?
le GORE meurt mais ne se rend pas !
Toujours ces fascinants phénomènes de persistance de textes anciens, sauvés du néant par la magie numérique.
Où l’on reparle de « LA CERVELLE CONTRE LES MURS »
Extrait de la chronique :
Une famille formidable
C’est une drôle de famille qui débarque dans un hôtel de Guyngton’s Fall en Californie.
Alex, le frère ainé, un grand blond aux yeux bleu acier, a les dents de la mâchoire supérieure difformes, certaines très fines et très longues, d’autres pointues et plantées à l’intérieur même du palais. Celles de la mâchoire inférieure, sont clairsemées et jaunâtres. Sa voix est atrocement grave et déformée. De plus, il a tendance à baver dès qu’il ouvre la bouche. Sa blouse blanche fait penser à un évadé d’un hôpital psychiatrique.
Il est accompagné de son frère Slim, un garçonnet d’à peine dix ans coiffé d’une vieille casquette de base-ball toujours avec une crosse de hockey à la main.
Ils transportent à l'intérieur d'une valise, Petit Frère, une sorte de fœtus d’environ six mois, vivant dans un bocal rempli d’un liquide phosphorescent...
In extenso ici.
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29174
Avant de rédiger une notule sur la scécificité d'avoir été un auteur "gore" dans le milieu du polar... Je répertorie mes textes proches du genre (publiés ou pas).
LA CERVELLE CONTRE LES MURS (Fleuve Noir)
MAGNA MATER (Fleuve Noir)
HOME BLOODY HOME (inédit / non numérisé)
LE LIT DE BETON (Baleine Noire)
GUERRE EN ENFER (le lit béton 2), sur smashwords
LAMIE MORTELLE (club Van Helsing) Inédit smashwords (comedie génitalo/gore en fait avec une pointe de romance)
NOCTURNE POUR INSTRUMENTS DIVERS, Editions Asgard, Thriller avec des bouts de gore dedans.
LE TACOT D'ELSA LAMBIEK, Suite Noire (polar avec perceuse et clous).
En gestation.
Le LIT DE BETON 3 (Détruis tout ce que tu touches !), texte à peine commencé et destiné à un DTN (direct to numérique).
NEITHERLIPS (texte terminé, en relecture, trés déviant/limite cheulou !)
L’ETRANGE FESTIVAL JOUR 8 part II
L’ETRANGE FESTIVAL JOUR 8 part II 
Voici en quelque sorte, le plat de résistance de cette 17ème édition de L’Etrange. Une nuit entière consacrée au label Sushi Typhoon, division de la Nikkatsu, qui s’appuie sur deux principes, des budgets low cost et une certaine folie gore hystéro. La soirée nous est présentée par le pilier de Sushi Typhoon, à avoir Nishimura, spécialiste d’effets spéciaux old school, surnommé par certain de Screaming Mad Georges japonais, dénomination assez fausse, de mon point de vue, Mad Georges n’étant pas réellement un réalisateur, à l’inverse de Nishiro. Il est escorté de son actrice principale, et d’un journaliste de Mad Movies, qui, coïncidence se trouve être un bon pote de mon frangin. Sans compter Eric et Léa à l’orga, le monde est vraiment nano.
HELLDRIVER : de Yoshihiro Nishimura 1 heure 52. 
Il s’agit d’un director’s cut, soit presque deux heures de sushi Typhoon, on aurait donc pu craindre une indigestion de barbaque et de gore sur un scénario large comme un makki, il n’en n’est rien. Car Nishimura ne se contente pas d’une trame simplette (façon Mutant Girls Squad ou Samuraï Princess) mais va enrober son histoire de vengeance mère/filles au milieu des mutants zombies dans un véritable univers, voire dans un cadre social. L’histoire est assez simple, une étrange étoile de mer de l’espace s’écrase sur terre et sur une mère de famille avant de la transformer en une sorte de démon qui s’en va propager une peste zombie. Sa fille, changée en méka et armée d’une belle épée-tronçonneuse se lance à sa poursuite escortée par une bande de héros cyberpunks. Le film est un festival de bastons sanglantes, de membres tranchés et de mutants à la frontière du surréalisme. Mention spéciale pour la zombie mobile composée de corps agglomérés. Mais contrairement à d’autres réalisations issues du même corpus, Nishimura y ajoute la tension familiale (la bad mother) + un japon futuriste, coupé en deux par la contagion. Images d’actus, scènes de rue, viennent ainsi soutenir l’histoire. Certes le manque de moyens atténue quelque peu cette dimension SF/sociale mais elle n’en n’est pas moins présente. Comme la charge sociale, anti-militariste, voire anti-nucléaire, un peu lourde mais salutaire. Fukushima n’est pas loin en effet et il est évident que ça travaille Nishiro. Autre surprise de ce HELLDRIVER, le film ne mollit jamais, que se soit dans les effets spéciaux ou la surenchères des CGI parfois à la limite du kitsch. Saluons également les performances des deux actrices (Yumiko Hara et Eihi Shiina, habitées et convaincantes. Les hommes n’étant au final que des sidekicks un peu poseurs et ballots, façon Jack Burton, archétype du héros qui ne sert à rien ! On retrouve encore la même bande d’acteurs Sushi Typhoon (grimés parfois) avec des performances plus ou moins heureuses. Ainsi l’acteur principal, très bien dans Cold Fish, incarne ici une sorte de Crocodile Dundee assez bas de gamme. Revenons sur un élément moteur du film, les effets spéciaux. Nishimura, aime le latex, les bambins gores, les pinces, tronçonneuses, et les seins amovibles (barbelés de préférence). On retrouve ces élements dans pas mal de ses réalisations (soit perso soit en tant que responsable des effets) et ses membres mutilés deviennent presque des acteurs à part entière. Il me semble avoir vu la pince dans Samuraï-Princess etc… Recyclage permanent et familier. Je n’irais pas jusqu’à dire que la pince joue mieux que certains acteurs mais bon… Spectacle total et fou, HELLDRIVER emporte l’adhésion au-delà du simple carnage gratuit/bidoche en gros. Jouissance brute sans être complètement gratuite. On en redemande. Petite intervention de Nishimura et du madnaliste, en T-shirt et slip de sumo, bonne déconne avec le public et les deux animateurs finissent sans culotte tandis que nous enchaînons avec l’une des purges de la nuit, à savoir le navrant : 
ALIENS VERSUS NINJA : Seiji Chiba, 1 heure 25 
Le film tient dans le titre, des ninjas contre des aliens, donc… Rigolo sur le papier, dans le trip régressif, le film déçoit du début à la fin. Une bande de ninjas (plutôt historiques mais avec des brushings émos + maquillage à la truelle) se trouve confrontée à des aliens assez mal foutus (pas loin des bestioles de Breeders, c’est dire le niveau de la chose). Bastons molles, humour éteint, comédiens à la ramasse. Deux petites choses à sauver, un délire un peu Yaoï entre les deux héros, une gestuelle très sexuée de la ninjette (mais là encore pas vraiment exploitée) et une victime/gentil paysan se révélant être… Je ne dis rien pour ne pas spoil mais encore faudrait-il que vous atteigniez la fin de cette purge qui semble avoir été faite pour du DTV (direct to vidéo). Malgré tout, la baston et les bestioles en latex extraites de l’anus des ninjas m’ont tenu éveillé.
Seconde intervention des deux duestistes pour un jeu de Shi-Fu-Mi et une nouvelle exhib T-shirt sans culotte. L’ambiance monte de quelques degrés. 
KARATE-ROBO ZARBOGAR : Noboru Ichugi , 1 heure 41 
A la fois respectueux des canons du genre façon Go Nagaï et critique modernisée du genre (façon Frank Miller/Alan Moore pour le lifting radical des comics), KRZ étonne d’abord par une forme impeccable, belle photo léchée, lumière pro, un peu à l’opposée des prod Sushi-T habituelles, saturée de rouge. KRZ surprend ensuite par son absence d’outrances gores, remplacées par un humour nostalgique et parodique. Ainsi le héros, justicier sans tâche est vu comme un fou furieux extrémiste, mais ça ne l’empêche pas d’avoir fait quelques gamins à une cyborg ancienne bad girl de service. Noboru Ichugi, ancien réalisteur de pornos vomito-scatos (belle carte de visite) signe la une des meilleures comédies de ces dernières années parvenant même à diffuser une vraie émotion sur les relations humains/Machines. Le film se scinde en deux périodes, une héroïque (bien délirante avec son lot de scènes délicatement déviantes) et celle contemporaine (post-héroïque donc) avec son chômage, ses héros amers et leurs illusions diluées dans la morosité générale. Belle surprise, superbe pépite de comédie barrée et référentielle pouvant à la fois parler à plusieurs pays et plusieurs générations.
On boucle la nuit avec
YAKUSA WEAPON : Tak Sakaguchi, Yûdai Yamaguchi, 1 heure 46 
Le pitch de cette adaptation d’un manga de Ken Ishikawa (génial co-créateur de GETTER ROBOT) est assez simple : un yakusa old school se fait exploser la carcasse et est changé en une arme de destruction massive équipée d’un bras en forme d’auto-canon et un genou mortier. Il va être confronté à ses concurrents qui recrutent son ami d’enfance lui-même équipé d’une arme de destruction massive humaine (sa petite sœur, mutique, qui lance des roquettes via, enfin… je vous laisse deviner). Sorte de déclinaison de la série Dead Or Alive de Miike, cette arme gangsta est assez poussive dans son déroulement et se trouve plombée, une fois de plus, par le redoutable et redouté Tak Sakaguchi, en surdose de cabotinage ! Grand gueule invulnérable, poseur devant l’éternel, il phagocyte la moindre scène. Après avoir coulé le final de Mutant Girls Squad dans son rôle de vilain travelo mutant, Tak torpille Yakusa Weapon de fond en comble. Et dire que c’est le duo qui a réalisé le mythique Versus qui est à l’origine de cette débâcle ! On sauvera les effets spéciaux,(merci qui ? Nishimura bien sûr !!!) et une mention spéciale pour l’idée de présenter un building rempli de combattants façon jeu-vidéo, pour les éliminer d’une seul bouton sous une montagne de bâtons de dynamite. Pas aussi chiant que ALIENS versus NINJAS, YAKUSA WEAPON ne restera pas dans les mémoires. Avis complètement différent de Léa qui a surkiffé Tak le bogoss ! comme quoi, l’égout et les douleurs, ça ne se discute pas !
L’ETRANGE FESTIVAL 2011 JOUR 8 part I
L’ETRANGE FESTIVAL JOUR 8 part I 
Réveil un tantinet difficile, ce matin, le mélange whisky/bière de la nuit blanche dernière a été fatal… Mais pas assez toutefois pour m’empêcher d’aller voir…
THE OREGONIAN : de Calvin Lee Reeder, 1 heure 21.
Une jeune blonde à l’air buté quitte son barbu de mari, a un accident de voiture et se retrouve dans une errance mentale fracassé, entre post-apo et lande lynchéenne rurale. Film très expérimental, sons stridents, cris incessants, couleurs flingués, effets videos mais qui laisse tout de même entrevoir une sorte de trame sordide. Fait divers ? Passage vers un autre monde de l’héroïne ?
La gueule de bois n’est sans dout pas l’état idéal pour visionner the Oregonian qui est à la fois gonflant par son ambiance arty et fascinant par quelques scénettes surréalistes. Du sang, du vomi noir, des cocktails à base d’essence, tout cela s’enchaîne, s’entasse dans une logique déstructurée. On devine quand même que la demoiselle est sans doute décédée/ou victime d’une agression sauvage de la part d’un sodomite arboricole (qui se réincarne en furry verdâtre et masturbateur). Ce qui nous vaut une scène bien trash, où elle se voit morte en train de se faire violer tandis qu’un redneck barbu insère une omelette dans son dos ouvert.
Belle composition de l’actrice principale, qui incarne en quelque sorte la résilience (morte, détruite, elle se reconstruit seule avec des morceaux éparpillés de sa vie, de son passé, enfance etc…) et tout de même une certaine ambiance font que je ne me suis endormi pendant la projection. A revoir (à jeun) ou pas ?
C’est donc dans une sorte d’état second que je me traîne à la séance de.
DRIVE : 1 heures 35, de Nicolas Winding Refn. 
Une foule bien dense se masse dans la salle 500 dont beaucoup de non-festivaliers, venus juste voir ce film événement. Petite vidéo de présentation du réal (coincé aux US) puis le film fait un faux-départ car pendant 5 minutes, nous n’avons qu’une seule piste sonore, simplement de la musique, sans parole, ni autres sons. Allez, on recommence depuis le début !
Drive est un superbe polar construit sur un scénario simple mais transcendé par une réalisation juste parfaite, glissant dans des compositions mordorées. Nous suivons le chauffeur donc, cascadeur le jour et runner pour braqueurs la nuit. Homme lisse, sans attache, vêtu d’un blouson frappé d’un scorpion et mâchonnant, imperturbable, ses cure-dents. Figure détachée, vaguement cool, qui traverse la nuit et une vie mécanique de vieux-petit garçon fasciné par la vitesse.
Il flashe sur sa voisine, jeune mère dont le compagnon ne tarde pas à sortir de taule. Ce dernier a contracté une dette en échange de sa survie, faire un braquage et ils ont besoin d’un chauffeur…
Si le début reste assez classieux et ambiant, ça s’accélère au centre du film pour s’orienter vers le film maffieu option bidoche. La scène du « baiser » dans l’ascenseur rejoint d’ailleurs les classiques massacres névrotiques des « Parrains » ou celui des « Incorruptibles ».
Mais DRIVE reste avant tout une variation sur la figure du « Héro ». Gosling apparaît tout d’abord lisse, hiératique, planant au dessus des hommes et des lois dans sa maîtrise cinétique. Au fur et à mesure, il va se dégrader, à l’instar de son blouson symbolique, sali, maculé de sang et de graisse. C’est quasiment un sacrifice, une auto-immolation contre la criminalité pour sauver ce qui peut encore l’être, une jeune mère charmant et son enfant. Le tout d’une façon plus pop que dans « le guerrier silencieux ».
Classique instantané !
Petite pause café et je me rue à la projection de :
COLD FISH : 2 heures 24, Sono Sion. 
Sorte de faux thriller psychologique, racontant la déchéance totale d’un marchand de poissons effacé qui, par hasard, rencontre un de ses concurrents, vieil entrepreneur millionnaire, suite à un vol à l’étalage commis par sa fille. Ce vieux monsieur, dominateur et macho ne tarde pas à se taper la femme du marchand mutique…
Véritable Cat 3 à la sauce Sono Sion, Cold Fish se révèle fascinant jusqu’au dernier tiers. Une violence psychologique tendue se mélange à des scènes de pur délire. La fin, très sanglante, pédale légèrement dans les boyaux en oscillant entre la farce noire, le gore et la désintégration familiale. Le gros problème de Cold Fish ce sont les acteurs, certains s’en tirent pas mal, d’autres sur-jouent ou ne parviennent pas à tenir leur personnage. La femme du vendeur martyrisé est en un bon exemple, très bonne au début, elle finit par se dissoudre face à la tension entre les deux vendeurs de poisson. De même, les seconds rôles cabotinent pas mal. J’ai reconnu quelques acteurs habitués des productions Sushi Typhoon et certains sont plus à l’aise dans le tronçonnage de zombies que dans le thriller psycho.
Le film conserve une force au vitriol, charge contre la société, le machisme, la tradition, le jeunisme etc… Assez nihiliste comme toute bonne Cat 3 qui se respecte, Cold Fish excelle également dans l’étirement des scènes. Sono Sion, joue jusqu’à la limite de l’exaspération avant d’envoyer la sauce, généralement dans une sorte de libération sanglante. Mais au final, il manque encore le petit déclic de INTO A DREAM ou la dinguerie jusqu'au boutiste de STRANGE CIRCUS. Comme si à force de trop osciller entre le genre et le film personnel, Sono Sion finissait par se perdre lui-même dans ses contradictions.
L'ETRANGE FESTIVAL JOUR 7
Le week-end s’annonce encore bien long et intense avec deux nuits blanches au programme, une virée au Nouveau Casino et la nuit Sushi Typhoon. On démarre ce vendredi avec
TAKE SHELTER : Jef Nichols, 1 heure 56. 
Curtis Laforche, chef de chantier, est un père de famille plutôt normal, à la vie tranquille. Il est la proie d’angoissants cauchemars climatiques et apocalyptiques qui peu à peu vont miner sa santé, vie de couple, vie professionnelle et sociale. Malgré le soutien de son épouse, sa santé mentale va s’effriter jusqu’à l’extrême limite.
Film assez indé dans l’esprit et la réalisation, entre chronique sociale intime et onirisme flippant, Take Shelter reste un film bien tendu, sur le fil avec son angoisse élémentaire. Acteurs impeccables, réalisation à la mesure, scènes fortes (cauchemars, pétage de plomb social etc…). Seule réserve, la toute toute fin, sorte de bonus d’angoisse un peu inutile.
HORNY HOUSE OF HORROR : Jun Tsugita, 1 heure 15.

Pas un film Sushi Typhoon, mais ce pinku (érotisme soft) légèrement goro (grotesque) pourrait s’inscrire dans le canon trash/fun/gore de la ST. En outre, il nous est présenté ce soir par Yoshihiro Nishimura, responsable des effets spéciaux et véritable pilier du studio trash/déviant.
Soyons franc, le film est assez moyen. Sorte de porngore mélangeant un érotisme plutôt balourd (voire presque sexy comédie) à des litres de barbaque et une brochette de phallus, arrachés, tranchés ou mastiqués dans des rouleaux de printemps. Budget minimal et actrices limites vulgaires, hormis la bastonneuse qui roule bien des yeux et éclipse ses deux collègues. Le film est un peu pénible à voir jusqu’à ce qu’une action gore et débridée vienne maculer les décors cheaps de sang bien gluant et de barbaque fraîche. Là on rigole, on applaudit les projections de globes oculaires et les bastons façon Ken. 
Film totalement anecdotique, vaguement gratuit, interprété assez mal, un petit plaisir pervers pour lancer les festivités du vendredi.
Je file donc à l’Udo Bar pour mon injection hebdomadaire de Jager avant de rempiler au nouveau Casino pour un bel anniversaire. 10 ans déjà ! Soirée GRILL, assez axée BASS / HIP-HOP/ DIRTY et Bien évidemment FIDGET avec Claude VONSTROKE, inventeur de cette micro housse à l’origine ironique et devenue ultra festive.

Je commence à squatter le comptoir au café charbon et à enquiller skys/demis tout en écoutant la THERMAL TEAM (teki + guests) sous des projections psyché de série B.
Belle soirée qui passe comme un rêve sous éthanol, allant du funk commercial (Michael Jackson, Beastie Boys) à de la minimale gonflée à la turbine pour finir par la dentelle sonore et bondissante de VONSTROKE qui va nous amener jusqu’à l’aube, en sueur et désarticulé. 
L’ETRANGE FESTIVAL 2011 JOUR 6
Jeudi deux gros films dans ma sélection personnelle, une extravaganza tamoule et une catégorie 3 bannie en Chine. De quoi en saliver !
ENDHIRAN : The Robot : S. Shankar, 2 heure 55 
Encore une fois, l’inde fait fort avec ce film grand public hors normes ! Un roboticien de génie (joué par la charismatique super méga star Rajni) délaisse sa copine (la super méga star Rai) et se lance dans la construction d’un robot humain (Chitty, joué également par Rajni). Ce dernier s’éveille aux sentiments et finit par s’éprendre de Rai avant d’être démantelé et d’être récupéré par un vilain savant qui va le reprogrammer en droïd badass !
Le fun populaire à son paroxysme ! Mélange de kitsch tollywoodien (des chansons, des postures, de la comédie familiale un peu lourdingue) et de SF high tech louchant vers le manga (en vrac, Matrix, Terminator, Spider Man, GUNM). Les effets spéciaux sont assez inégaux, l’équipe de Stan Winston semble avoir lancé le projet puis les producteurs auraient fait appel à un studio chinois pour boucler les CGI du coup on oscille entre les très bon et le très bricolo.
Mais cela ne dessert pas cet ENDHIRAN jouissif et efficace de bout en bout, action non-stop et jeté de cheveux au ralenti, moustache frémissante et tangos aériens. Deux scènes toutefois surprennent, tout d’abord celle des « moustiques ». Pour plaire à Rai, Chitty va menacer un gang de moustiques racailles ! dialogues surréalistes, rap insectoïde, le délire va très loin.
La seconde est plus ambigue (enfin du point de vue occidental). Il s’agit du sauvetage d’une jeune fille dans un bidonville (islamique ou hors caste ?). Cette dernière se trouve dans son bain alors que l’immeuble est un brasier, le robot saute dans les flammes, l’exfiltre et la ramène vers la presse. Humiliée, car nue, elle s’enfuit et finit sous les roues d’un 39 tonnes. La salle se met à rire, nerveusement, pris à contre-pied. Humour noir ou autre intention de la part du cinéaste ? Presque une glissade cat III discrète montrant une image fugace et réaliste d’une caste rarement montrée dans le Bollywood classique.
Le final propose une sorte de Matrix puissance 8 sans limite (robots formant une boule géante, un serpent, un géant etc…). Véritable phénomène en Inde, Endhiran semble être le déclencheur d’une nouvelle folie SF, conjonction de la démesure Bollywood et de l’esthétique hight-tech de la machinerie occidentale/japonais. On attend la suite avec impatience !
REVENGE (A love Story) : de Ching-Po Wong , 1 heure 30. 
Passons du Tamil au Cantonais, pour cette nouvelle production de Josie Ho, déjà remarquée l’an dernier avec DREAM HOME, Cat III sociale d’excellente facture.
L’histoire commence comme un thriller classique, un désaxé zigouille les épouses enceintes d’une bande de policiers. Le meurtrier est vite arrêté et l’on comprend que sa série de crimes est en fait une vengeance implacable.
Ce dernier, en effet, était vendeur de pains-vapeur et amoureux d’une simplette qui, par un malheureux concours de circonstance, s’est retrouvée une nuit dans un commissariat et a été violée par quelques-uns des policiers en faction. Scénario choc, simple mais coup de poing, servi par une esthétique glacée et une interprétation plutôt retenue, voire mutique. Une Cat 3 de luxe qui aurait pu donner un film noir, sans concession, dans la lignée des Old Boy ou du génial Sympathie for Mr Vengeance.
Mais l’esthétisme glacé devient parfois pur maniérisme, voire sombre dans un nawak qui flingue les bonnes intentions radicales. Le must étant cette voiture, lancée à pleine vitesse contre l’un des protagonistes, comme un simple projectile. En y réfléchissant le problème vient du point de vue. C'est-à-dire le vendeur de pains-vapeur. Malgré quelques jolies scènes (très Kim-Ki-Duk période Beneix), il reste comme un caillou de revanche, sans aspérité. Passons sur le twist de mi-film ainsi que sur le jeu de l’actrice, une hardeuse japonaise convoquée pour jouer la scène de viol en full frontal, car aucune actrice chinoise n’aurait osé un tel rôle. Elle joue quand même assez mal et n’est pas vraiment crédible dans le rôle de la simplette abusée. Au contraire de l’actrice du délirant et douloureux « RED TO KILL ».
Le vrai personnage intéressant de REVENGE, c’est le chef policier, à la main tatouée d’une étoile. Brute alcoolisée qui viole dans une sorte de confusion vengeresse et devient par la suite une sorte de mystique altruiste s’occupant d’enfants perdus. Bon en 6 mois sa conversion est un peu artificielle mais le rôle est fort. Violeur et saint-homme. Leur confrontation sera tendue, éruptive et fatale.
A force de vouloir brouiller les pistes, REVENGE se perd dans sa propre brume éthique pour finalement trouver une conclusion similaire à celle de EL INFERNIO, cycle de la revanche, jeunesse homicide aux cheveux empoissés du sang des pères corrompus.
L’ETRANGE FESTIVAL JOUR 5
Le mercredi est généralement une journée bien copieuse à L’étrange et je commence le festin par
DEAD HEADS : Brett Pierce & Drew T. Pierce, 1 heure 38 
Une zombie comédie qui s’avère être une belle bouse du début à la fin, que ce soit sur le plan zombies (en gros ça ne sert à rien dans cette pauvre histoire) ou sur le plan comédie, blagues pas drôles, acteurs en roue libre qui cabotinent, situation foireuse. Le film relate la trajectoire de deux types morts dont l’un veut aller retrouver sa blonde pour lui avouer son amour. Problème d’un sketch de stand-up étiré sur plus d’une heure délayé dans un scénario bancal. Intérêt proche du néant desservi par des acteurs en dessous de tout. Le héro est un nerd quadra qui se complait dans ses malheurs, son partenaire est une sorte de glandeur à la voix de fouine proprement irritante et la copine touche le gros lot avec une composition de MILF se faisant passer pour une jeunette ingénue/bêtasse. Un black survivor et un sbire cabotin et ordurier ne parviendront pas à récupérer cette catastrophe filmique.
J’ai juste souri pendant le bêtisier de fin, un peu nerveusement et honteux, comme pendant les génériques de Benny Hill.
WAKE WOOD : de David KEATING , 1 heure 30

Film évènement, car il s’agit ni plus ni moins que du grand retour de la HAMMER, mythique studio anglais d’horreur des 60’s/70’s. Le film est très classique dans sa forme et dans son fond. Mélange de réalisme social (un couple de citadins s’installent dans un village reculé) et de flippe mystico-celtique (les gens du cru connaissent un truc pour ressusciter brièvement les chers disparus). Et coup de bol (façon de parler) le jeune couple a récemment perdu sa petite fille, boulotté par un clébard.
Mélange de Simetierre et du Wicker Man (pour l’ambiance folko/ tambourins/ paniers en osier), Wake Wood est efficace. Acteurs convaincants qui parviennent à faire passer la tambouille résurrectionniste, bonnes pointes d’angoisses mais la seconde partie du film vire au film de gamine possédée puis à la traque survivaliste. Moins ambitieux que son cousin KILL LIST son classicisme désuet et la bonne tenue de sa distribution font de WAKE WOOD une belle madeleine à tremper dans un bol de sang frais, pour les nostalgiques des films d’horreurs 80’s.
MILOCRORZE (a love story) : Yoshimasa Ishibashi, 1 heure 30. 
Une sorte de pur délire graphique et coloré composé de différentes saynètes. On commence par suivre un minot rouquin coiffé au bol qui vit dans un décor enfantin et tombe amoureux de la grande MILOCRORZE, sorte de gentille bombasse discrète. Elle finit par le plaquer et on va suivre la journée d’un conseiller en séduction, sorte de Austin Power déjanté et chantant. Le meilleur segment du film, rigolo, gratuit et musical.
Ensuite ça vire au film d’action Chambara, un ronin tente de récupérer une fiancée retenue prisonnière dans un bordel baroque. Une scène de jeu de dés à la Zatoïchi plus une tuerie interminable au ralenti/accéléré démarquage de la scène finale du « Sabre du Mal » et puis une fin en queue de poisson/retour au départ très conte pour enfant du genre « et puis voilà, c’est fini, c’est tout ! »
MILOCRORZE est en effet tout simple malgré son intrication d’histoires parallèles et le film ne prétend rien de plus. Petite bouffée de fraîcheur acidulée bien agréable.
L'Etrange Festival : jour 4
Ce jour, deux films presque opposés, symétrie inverse :
MEAT : durée de 1 heure 25, de Maartje Seyferth et Victor Nieuwenhuijs 
Malgré de bonnes intentions et une présentation assez claire des deux réalisateurs, c’est un public nombreux qui va rester dubitatif devant cette enquête arty mêlant vidéos de bidoche en gros plans et cul glacé et intellectualisé. Malgré la performance des acteurs, l’inspecteur/boucher et la vendeuse, jeunette délurée, rien ne fonctionne vraiment dans ce buffet froid.
Comme quoi il ne s’agit pas de débiter des paroles crues, ni de filmer une scène de sexe frontale doublée d’une rafraîchissante « golden shower » pour rafler l’adhésion de nos regards déviants. L’histoire est assez simple, un inspecteur sans sentiments enquête sur la mort d’un boucher déclassé qui partage sa femme avec son boss et fait l’amour à sa jeune vendeuse qui elle-même filme sa vie en vidéo, sort se faire violer en sortie de boîte par un godelureau en masque de tête de mort et vit avec un turc activiste végétarien. Dit comme ça, ça à l’air un brin crétin.
Ça l’est malheureusement. Gros ratage, verbeux et prétentieux de surcroit. Quelques scènes surréalistes avec animaux évoluant dans une boucherie industrielle viennent toutefois sauver un peu le désastre. On préférera le court métrage d’avant, des catcheurs en quête de pardon. 
EL INFERNO : durée de 2 heures 25, réalisé par Luis Estrada.
Ce polar social très grinçant, nous est présenté superbement par le dénicheur du film, qui l’a acheté pour moins d’un euro au Mexique avec une statuette de Jesus Malaverde, le saint patron des narcos. Gros succès dans son pays, EL INFERNIO relate le retour de l’oncle Benny dans son village natal, après 20 ans de galères au USA. Tetant tout d’abord de reprendre une vie normale, Benny finira par suivre les traces de son frère « El Diablo » parfait petit narco. 
Superbe surprise que ce film qui, sans second degré foireux ou peinture à la Grindhouse, parvient à arracher rires et larmes sur plus de 2 heures sans jamais faiblir. Charge implacable contre les narcos et surtout le gouvernement, EL INFERNO se révèle être l’un des meilleurs films de gangsters de tous les temps, évitant l’hagiographie, la violence facile et les couplets moralistes.
A noter la performance de l’acteur principale ainsi que celle de son ami/complice, El Cochi, une masse à la fois brutale et attachante. Même si la fin tend à traîner en longueur (un peu trop de twists), le verdict est implacable, la charge est violente et belle. Véritable bijou dans le genre, film de gangsters. Puissant et touchant.
Et totalement désespéré.











