01 juillet 2008
clubbing : samedi 17 mai 2008 : DETROIT GRAND PUBAH
On commence la soirée par un apéro dînatoire entre vieux amis, salades, charcutailles, bon vins, cidre frais et pour le final, quelques shots de vodka/pomme, comme si certains préméditaient de poursuivre la nuit ailleurs… Bon, j’avoue j’avais pris une guest sur la club taxi pirate#06, deux mêmes mais je ne parviens pas à décider l’assemblée des mâles survivants qui vont préférer partir dans la nuit faire une pétanque, munis de quelques bouteilles de pif !
Direction Nouveau Casino, en solo donc. On attaque avec le résident, le bien nommé Stankey Lubrick, électro, house, funk, bien troussé et qui donne soif. Bien envie de monter d’un cran avec un Black Russian, concocté par une nouvelle serveuse qui me sort le grand jeu, shaker et petite paille. Fin du set et voici DJ DISTORT un des fluokids. Jamais trop accroché à leurs sets et/délires mais après quelque enchaînements, entre kitsch dansant et son qui pique, j’admets que… En fait… Pas trop mal ! Voire même mieux que ça !
Petit mec fluet aux cheveux filasses, chemisettes post grunge et lunettes surgelées. Il pioche dans le nerdcore, la variétoche, le funk, la techno, sans trop de vergogne et sans écraser ni compresser les titres. Même le STRESS de JUSTICE passe divinement bien ! Mince, vite, un crochet au bar pour se remettre ! Si je continue comme ça, je vais finir au Showcase avec des T-shirts rayés, échancrés et fluos.
Je croise Aurélie ainsi que Jérémie, connaissances nocturnes. Les deux sont à bloc ! On se prépare pour le live. Distort fait un léger versus avec l’un des membres de DETROIT GRAND PUBAH, habillé en savant fou et portant u masque facçon HILL HAVE EYES. Il doit s’agir des Paris the Black Fu, l’homme machine du duo de detroit. Ancien cuisinier, fan de Sf et des sons analogiques. Il attaque par une minimale épurée, mentale, à l’opposé de ce que j’attendais, c'est-à-dire du Booty électro foutraque et électrique. La montée est lente, sinueuse, progressive et fascinante. Le genre de musique qui serait parfaite au Panoramabar… Décdément, je ne m’en sors pas, de cette hantise berlinoise !
Remontée dans quelques ténêbres en compagnie d’autres déserteurs du Rex. Le chanteur, grand blanc aux cheveux fous, s’avance doucement, entre dans le flot musical, prend ses marques. Passage house, la voix se mélange à la musique, osmose lente, folie contaminante et communicative.
Bientôt, il lève une grande bouteille de JACK DANIEL’S et annonce « 2 bottles, one for me, one four you ! ». Hop distribution de sky dans le public surchauffé ! C’est beau ! Comme un christ tourbé du Kentucky ! Etant bien attaqué, je reste en retrait. Allez, on vire booty et le duo nous assène ses derniers hits, dont le génial « Stalking you », qui rappelle les meilleurs moment de MC 900 Feet Jesus / Minister of Noïse, ou « Sandwiches », robotique, hypnotique, minimal, sexuel, poisseux et fabuleux !
Le final est tout aussi captivant, presque la voix nue, du blues écorché, le vrai, celui qui remonte des tripes, passe par le sexe et racle les derniers éclats de noirceur pour les faire disparaître dans les paillettes de la fête. Marvin Gaye, James Brown, ne sont pas loin. Aurélie me propose une after privée mais légère fatigue et sursaut de sagesse. Les afters de mister Réda me manquent déjà ! Une autre fois, sans doute.
Personne ne bouge plus, frappé par ce set impérial, fou, majestueux ! Un des concerts de cette année, sans nul doute ! Difficile pour le DJ de reprendre derrière. Flottement mais ça finit par repartir. Je remarque une danseuse furieuse et croit reconnaître un style connu. Par la mordious ! C’est Bérénice ! C’est un immense plaisir de la croiser à nouveau, en fin de soirée, accompagnée d’une amie. Toujours la classe avec des lunettes cosmiques. Lumières violentes, fin de party et retour dans la rue.
Je croise une demoiselle qui se claque ostensiblement les fesses en criant Booty ! Une fan des Detroit Grand Pubah sans doute, total respect ! Elle se confond en excuses, y’a eu méprise, je pense mais y’a pas de mal ! Perfect dent for a perfect evening !
Retour hasardeux dans le petit jour, les immeubles torves me saluent Porte d’Orléans et je me demande qui a gagné la partie de pétanque nocturne.
http://www.myspace.com/detroitgrandpubahs
http://www.myspace.com/distortmusic
26 juin 2008
Taxi de nuit
Night Cab
Londres
Victoria station
4 heures du matin
Les mains posées sur le haut du volant, je regardais le tout premier arrivage de touristes de la journée avec une attention chirurgicale. Un client, c'est important. Je m'étais posté dans une ruelle adjacente, juste en face du terminus de la gare routière. Le gros bus Eurolines venait d'arriver, avec une heure d'avance sur son horaire, directement de Paris.
Par conséquent, j'étais l'unique taxi à rôder dans le coin. Un coup de bol monstrueux. Les touristes se dispersèrent. Certains allaient par paquets, par couples. Ils ne m'intéressaient pas. Je traquais le solitaire.
L'avance providentielle me permettait de choisir ma proie. D'habitude, c'est moins évident. D'abord il y a la concurrence: collègues ou taxis standards, homologués. Et puis, il y a la police...
Faut dire que je ne suis pas un vrai taxi. Je suis plutôt une sorte de racketteur motorisé. Ma caisse ressemble en tout point à un taxi pourtant: une vieille Nissan, avec une plaque lumineuse sur le toit et un compteur Argomatic bien trafiqué. On est plusieurs à marauder dans la capitale, à la recherche des pigeons les plus gras. De plus en plus, à ce qu'il paraît.
Du travail propre. On chope le mec à sa descente du train ou du bus. La nuit de préférence, quand le dernier métro est rentré au dépot et que les bus de nuit sont plus écartés que les jambes de ma soeur.
Y'a toujours un touriste égaré qui transpire en trimbalant quinze tonnes de sacs. On arrive derrière lui, l'air de rien...La plupart du temps, le gars remue ses bras engourdis en gueulant. On lui ouvre la portière, on l'aide à charger ses bagages dans le coffre et on le balade à travers la ville. N'importe ou. On prend son temps. On discute, histoire d'endormir sa méfiance.
Et puis le compteur tourne. Les livres s'accumulent. Moi, je prends cinq livres le kilomètre.
Quand le pigeon est à point, je stoppe assez loin de sa destination et lui demande de me régler immédiatement la course d'un ton agressif. Etant Jamaïcain et baratineur, le mec finit toujours par cracher. S'il essaye de me faire chier, ou me menace de prévenir les flics, je me barre avec ses valises. Sinon, en parfait gentleman, je balance son matériel sur le trottoir et lui envoie un grinçant :
¾ Have a nice day.
Généralement, je me fais dans les 20 livres. 60 pour les pigeons de naissance. Une super combine. Surtout pour un mec comme moi, qu'en a plein dans le crâne. Parce que j'ai quelques variantes. Quand je tombe sur un client parano ou sur un costaud, un dur, un mec un peu bizarre, je lui fais payer un tarif, disons correct, mais toujours rond. Comme ça, ça me permet d'écouler la fausse monnaie que fabriquent mes frangins de Brixton.
Pour les flics, j'ai une fausse licence. Bien foutue. On dirait une vraie. Ça m'a permis de sauver ma liberté conditionnelle deux fois, le mois dernier. Faut dire qu'on est plus les seuls à user de la combine. Y'a des tordus dans les rues, maintenant. Des violeurs, des tueurs en série nous ont piqué l'idée. Merde ! on aurait du déposer un brevet.
Les gens commencent à avoir la trouille du Night Cab. J'ai même lu dans le Sun que plusieurs nanas avaient été violées par des taxis maniaques. Remarquez, c'est tentant.
Une petite jolie nana, toute seule, paumée au milieu de Londres. Un mec, pas trop réglo avec la loi, en maraude. Les fantasmes tournent comme le compteur. Moi, j'ai jamais donné dans ce genre de truc...Le vol, O.K. Mais un viol, et peut-être en prime un petit meurtre, c'est pas mon truc.
Une fois...Une seule, j'ai pas pu résister. Une sister, black, qui revenait de Kings Cross. Une pute, avec un long imper luisant, un short en jean qui moulait son petit cul et des cannes incroyablement longues. Elle avait un petit chien avec elle.
D'accord, je l'ai violée, sur la banquette arrière.
Comment violer une pute ?
Je lui ai refilé de la fausse monnaie.
C'est une vieille blague, mais c'est la pure vérité. Je le jure sur la tête de Bob Marley.
Je repensais à cette foutue nuit de baise quand j'ai repéré la nana. Toute seule, bien fringuée, jeune. Ca aurait pu être une bonne occase mais son mec est arrivé. Le connard portait les valises. C'était pas la peine. Un seul client à la fois, c'est une de mes lois personnelles.
Et puis j'ai vu le jeune gars. Veste en jean, cheveux mi-longs, un peu gras, un t-shirt avec des inscriptions ritales. Il portait deux gros sacs et me donnait l'impression de tourner sur lui même, désorienté. Une toupie pleine de fric.
J' effleurai le levier de vitesse et démarrai lentement. La Nissan glissait toute seule vers la proie. Je dépassai le touriste, lui jetai un regard en attendant qu'il agite le bras...J'étais sûr de mon coup. J'avais lu dans son visage les marques du soulagement. Déjà je stoppai.
Victoria Station
4 heures 5 minutes.
La portière s'ouvrit brutalement et une grande forme efflanquée s'affala sur la banquette.
J'allais lui balancer un :
¾ Bon giorno Maestro.
Quand je remarquai mon italien. Celui ci était toujours sur le trottoir, en train de regarder son guide de Londres. Merde ! Je m'étais garé un peu trop loin et un client inattendu en avait profité pour rentrer dans ma caisse.
Je jetai un oeil dans mon rétro intérieur. Le mec devait être un géant. Au moins deux mètres puisque j'ai pas pu voir sa gueule. J'ai juste aperçu sa poitrine maigre, comprimée dans un grand manteau gris. J'ai soupiré avant de le saluer. Le mec m'a répondu dans un drôle d'argot. J'ai rien compris. J'ai demandé :
¾ Vous parlez Anglais ?
¾ Hollande...Venu...Amsterdam.
Le mec parlait d'une voix lente, grave. Il se servait de sa respiration pour pousser ses mots. On aurait dit qu'il économisait son souffle, ou qu'il était tubard. Il a reprit :
¾ 1 Old Brompton Road.
J'ai démarré. Jouant à fond mon rôle de taxi. A un détail près, je ne savais pas où pouvait se trouver cette putain de rue. Enfin, ça n'avait aucune importance. Le client était un étranger qui n'entravait que quelques miettes d'anglais. La barrière linguistique est un avantage lorsqu'on veut arnaquer un gogo. C'est une autre de mes lois.
J'ai commencé à le trimbaler, d'une rue à l'autre. Prenant bien mon temps aux feux rouges. Hyper prudent, je cédais le passage au moindre véhicule, avec en prime un large sourire. Pendant ce temps, le compteur trafiqué tournait à plein régime. Déjà 20 livres dans la poche.
Tout en conduisant, j'arrêtais pas de régler le rétro. J'avais envie de voir sa gueule, au client. C'était un blanc. J'ai vu ses grandes mains accrochées à mon siège. Une peau crayeuse et terne, comme du poulet congelé. J'ai trouvé ça plutôt désagréable. Pour me débarrasser de cette drôle d'impression, j'ai tenté de lancer la causerie :
¾ Amsterdam ? Une foutue ville.
¾ Oui.
¾ Et vous avez des bagages avec vous ? Peut-être en consigne, à la gare.
¾ Non.
C'est quoi ce client qui débarque de Hollande sans un seul sac ? Cette course sentait l'embrouille. J'ai essayé de le cuisiner en douceur:
¾ Vous êtes venu comment ?
¾ Bus...Ferry.
Il était en train de me monter un bateau, l'enfoiré ! J'avais bien observé le flot des touristes qui descendaient du car et j'avais vu aucun blanc comme lui. J'ai poursuivi :
¾ Vous êtes sûr. Vous venez d'arriver ?
¾ Oui...Maintenant.
¾ Désolé de vous contredire Monsieur, mais je ne vous ai pas vu descendre du bus.
¾ Oui...Avec les sacs.
Bizarre. Le client avait l'air de piger ce que j'étais en train de lui dire. Et en plus, si j 'avais bien compris sa réponse, ce gars était un putain de voyageur clandestin.
Enfin, j'ai tourné mon rétro vers sa figure.
Sheperds Bush road.
4 heures 30 minutes.
Putain ! Quelle tête. Sèche comme la mort. De longs cheveux filasses poivre et sel, la
barbe idem. Une bouche aux lèvres éclatées et des yeux ! Trop bleus, trop clairs.
J'ai vite remis mon rétro en place avant que le Raspoutine de derrière me plante son regard vitrifiant dans les mirettes. J'ai beau avoir de l'assurance, une coupe rasta et une moustache merdique de dealer à la petite semaine. Je savais d'instinct que je ne faisais pas le poids.
J'avais 40 livres au compteur. Mais j'étais pas à l'aise avec l'autre qui jouait avec ses longues mains dans mon dossier. Je me suis dirigé vers le trottoir et ai freiné nerveusement. Sans me retourner, j'ai dit :
¾ O.K. Moi, j'veux pas d'emmerdes. Vous me payez d'abord ce qui est au compteur ou vous descendez. Sans vouloir vous insulter gentleman, vous n'avez pas l'air d'un gars qui se balade avec des gros billets dans les poches.
J'avais envie qu'il dégage, rapido. Qu'il se taille en emportant sa tête de mort et sa voix poussive et que je puisse continuer tranquillement ma nuit. Au lieu de ça, il a plongé une main dans son manteau et m'a donné mon pognon.
J'ai remarqué au passage qu'une de ses poches avait l'air sacrément gonflée.
Ce mec avait de la thune. Alors moi, je me suis dit que ça valait peut-être le coup de poursuivre l'arnaque. Alors, malgré mes appréhensions, je suis reparti. Le mec s'était remis à agripper le dossier de mon siège. Je pouvais sentir ses ongles contre mes épaules.
Comme il restait silencieux, j'ai pris une cassette et lui ai demandé:
¾ Ça vous dérange si je mets un peu de musique ?
¾ Non.
Inquiétant le client mais pas emmerdant. J'ai mis "Soul Murder" de Barry Adamson et je me suis décontracté. On a fait trois fois le tour de Sheperds Bush puis j'ai piqué vers Kensington. 50 livres de mieux. L'Argomatic ne se sentait plus et je le suivais. Du fric, en trimbalant un Hollandais fêlé. Quand je raconterais ça à ma pute de frangine et à mon taulard de frère, ils allaient en verdir de jalousie.
High street Kensington
5 heures.
Le mec s'est alors mis à hurler, couvrant ainsi ma chanson préférée "A Gentle Man of
Colour". J'ai pilé net, devant Holland park. Le mec est sorti du taxi et s'est rué vers une poubelle.
J'suis resté planté sur mon siège, les yeux sortis, la bouche ouverte. Dans la lueur de mes phares, j'ai détaillé le mec. Encore plus grand que je l'imaginais, décharné, impressionnant. J'ai récupéré le cran d'arrêt, scotché sous le tableau de bord et suis sorti. Le client fouillait dans les détritus, dérobant des épluchures de melon. Pas bien dans sa tête.
Je me suis avancé, lame sortie, la main prête à danser sur son ventre et ai dit:
¾ D'accord, je veux bien stopper ici, mais je veux mon fric.
Il n'a rien répondu. Il mangeait. Non, il n'y avait plus rien à bouffer. En fait, il raclait. Mains révulsées sur les épluchures, le regard perdu dans la nuit...Pas la peine d'en rajouter. Je n'en voulais plus de son pognon. J'ai rebroussé chemin et ai repris ma place.
Y'avait un truc. Des traînées sombres et gluantes, sur le dossier. J'étais en train d'y foutre mon
doigt lorsque mon ami, Racleur, est revenu.
Il a repris sa place, tranquille, et m'a dit:
¾ 1 Old Brompton Road.
Puis il a lâché une autre poignée de biffetons, froissés et pleins de matière noire, juste sur mes épaules. J'ai serré le manche de mon arme, avec l'intention de m'en servir. Mais j'étais
pas dans une bonne position. Valait mieux attendre, et voir.
J'aurais pu aussi me barrer en courant. Et abandonner au Racleur mon taxi et ma recette ! Non merci. Alors je suis reparti. Et on s'est offert un nouveau tour.
Toutes les 40 livres, Racleur laissait pleuvoir ses billets sur moi. J'arrivais même plus à compter. De temps à autre, lorsqu'une poubelle l'inspirait, il me hurlait:
¾ Stop !
Et ça recommençait. L'affreux mec pâle raclait des épluchures, des os, des fonds de poubelle. Et Racleur puait, de plus en plus. Une odeur de charogne. Moi, je n’avais même plus la force de m'enfuir. Ses yeux m'empêchaient d'appuyer sur l'accélérateur. Il me tenait, à la pointe du regard.
Racleur perdait du sang. Ça suintait de ses poignets, traçant des zébrures noires sur la crasse de sa peau. Y'en avait plein sur mon dossier. J'ai senti que cette course risquait de ne plus durer longtemps.
Racleur se vidait.
Warwick Road.
6 heures.
Le noir de la nuit était en train de céder du terrain sur le gris du matin. Les rues commençaient à se charger de gens. Des formes sombres, inconnues, qui déambulaient.
J'avais peur, vraiment peur. Je conduisais en étranglant mon volant. J'étais riche. J'essayais d'oublier Racleur. Mais ses mains poisseuses étaient toujours posées derrière moi. Je pouvais entendre ses ongles racler le skaï.
Je ne savais pas comment tout ça allait finir.
A mon avis, mal.
C'est à ce moment que j'ai aperçu le panneau annonçant la direction Old Brompton
Road. Jésus en Harley Davidson !
J'étais sauvé. D'ici quelques tours de roue, j'allais rejoindre l'adresse donnée par Racleur
et il me lâcherait enfin. Notre destination, fin de course, bonne journée monsieur et au plaisir !
Comme une goutte de sang me glissait dans le cou, je dis à mon client de cauchemar:
¾ On est presque arrivé.
¾ Oui.
¾ Ecoutez...Vous avez l'air d'un gars qui a des problèmes. Moi, je vais vous dire ma position là dessus. Qui vous êtes ? J'en ai rien à foutre. Ce que vous avez fait ? Je ne veux pas le savoir et où vous allez, ça ne me regarde pas. Alors, je vais m'arrêter, relax. Vous allez partir et je vais tout oublier. O.K ?
¾ Argent...? Combien ?
¾ Si vous voulez, voilà la recette. J'vous rends votre fric et je rajoute 50 livres en prime. Mais jurez moi que vous partirez dés que...
¾ 1 Old Brompton Road.
¾ On y est, je tourne et...
1 Old Brompton Road
6 heures 5 minutes.
Un cimetière ! Un putain de cimetière.
Estomaqué, j'ai stoppé, juste devant deux grosses poubelles roulantes, en métal. Des trucs laids comme des tanks.
Racleur s'est penché vers moi et j'ai cru...Je sais pas, qu'il allait me serrer la carotide, qu'il allait me planter ses crocs dans la nuque ou...
Il a regardé l'Argomatic et m'a tendu le reste du prix de ma course. Puis, il est sorti. Racleur avançait en titubant. Ses mains, rouges, se balançaient de chaque côté de son corps malingre. Figure spectrale à la démarché hésitante. Il se dirigeait vers les hautes grilles.
Pour quoi faire ?
Racleur était en train de crever debout, poignets ouverts. Venu de Hollande pour mourir dans cette vieille nécropole. Bouffeur d'ordures aux poches bourrées de pognon. Il a posé les mains sur le portail...
Et c'est à ce moment que j'ai craqué. Je sais même pas pourquoi.
J'ai lâché le frein. La tension, l'appât du gain, peut-être ? Ou alors j'avais pas envie de voir la suite. Envie d'écraser la trouille que ce mec m'inspirait.
Le pare-choc de la Nissan lui a fauché les jambes et Racleur s'est écroulé contre la grille.
J'ai continué à appuyer. Le capot s'est plié et les roues ont dérapé sur quelque chose de
mou.
J'avais détruit mon taxi en écrasant le Racleur. J'ai récupéré ma cassette de Barry Adamson, mon Argomatic et la plaque lumineuse du toit, sans oublier le pognon.
De Racleur, je ne voyais plus qu'une seule main qui griffait la tôle meurtrière. Détail atroce qui m'a poursuivit durant ma fuite. J'ai couru comme un cinglé jusqu'à la première station de métro qui venait à peine d'ouvrir.
West Brompton Station
6 heures 15 minutes.
J'ai pris la rame qui arrivait, des raclements pleins la tête, le fric sous le T-shirt et je me suis rendu chez ma pute de sister. J'ai foutu le client dehors à coups de pieds au cul, j'ai filé les billets à la frangine pour calmer sa fureur et je me suis mis à la serrer très fort.
Son peignoir était entrouvert et j'en ai profité pour pleurer sur ses seins flasques et meurtris.
Lentement, les pulsations de son coeur ont chassé les raclements et je me suis endormi.
Ici.
Maintenant.
Ce bruit léger, presque imperceptible, derrière la porte.
Un raclement.
Illustration par Yasmina Bouterfa (c) tout ça =)
22 juin 2008
PENMARC’H CONFIDENTIAL / GOELAND MASQUE 2008
Bien que la semaine dernière fut un tantinet rude pour les neurones, voire abrasive par certains côtés, je tente de ressortir le mercredi 07-05, après une excellente expo d’art contemporain au Centre Administratif de Montrouge. Pièces d’invaders conceptuels, cervelles en coupe, cubes minimalistes ou piliers rouges.
L’écarlate, encore, ce soir, au Bato. Vaisseau rouge pour une soirée Brique Rouge. Virée solo, je me plante au bar, chaussures rouges de rigueur. Quelques verres mais je ne parviens pas à décoller, ce soir, Pas mal pourtant, bonne house/techno assez dansante, bien distillée. Mais certaines fois, il faut savoir renoncer, saluer les serveurs et retrouver l’air doux du ponton.
Suivons l’air marin pour débarquer quelques jours plus tard à Penmarc’h pour le 8 ème salon du polar, après un crochet par la banlieue nord pour récupérer les bouquins du « Cœur Inachevé » et passer dire bonjour au sieur Cadav, dans son hall d’hôtel.
La bretagne sous le soleil, dans une jolie petite école. Piles de bouquins, ordinateur nomade, bédéistes tatoués et polardeux barbus. Retour au pays noir. J’y retrouve Mouloud, Francis, Nadine, Lalie, Marc et rencontre d’autres auteurs adorables. Dans ce petit monde, les lauréats du prix polar se retrouvent avec des oreilles de lapin tandis qu’ils se nourrissent dans la cantine des gamins !
A la sortie, les libations ont commencé ! Rouge, blanc, cidre ou pour les plus aventureux, de l’absinthe, non filtrée, amené par un mystérieux « tonton ». On va éviter et plutôt dériver en ville avec Marc et Claude à la recherche d’un rade ou d’une soirée. Nous parvenons « Au Rêve Bleu », dans une ambiance assez électrique et festive. Mélange générationnel. Fanions du stade brestois et des Perrier Whisky à 4 Euros, bien tassés, que demander de plus ? Ah tiens, ici on peut encore fumer au bar ! Dernier carré des pirates ! Un jeune dort écroulé sur une banquette tandis que la musique diffuse des Hits R’n’B ou du rock californien. A la faveur de la diffusion du clip d'Estelle, American Boy, je groove un peu...
Comme une vague envie de prolonger, une demoiselle se propose même de nous amener vers une after, un bar de nuit à consonnance irlandaise, genre le Sullivan. Une des serveuses nous déconseille de terminer là. « Ça finit toujours en baston ». Ok, nous allons suivre les recommandations des vestales nocturnes…
On fait la fermeture et on va retrouver nos verres de rosé, planqués sous un panneau, en prévision. Retour solitaire par le sentier de la plage, escale mystique sous les croix et retour chez mes logeurs à la Tour de Feu, au Palue de la Joie.
Lever assez tôt, découverte des lieux, au soleil. Solide petit déjeuner et retour sur le lieu du festival. Quelques bouquins signés. Le Poulpe fait toujours recette. Bonne ambiance et une jolie dédicace de Nadine ! Très virile !
En fin d’après-midi, passage au cinéma Eckmühl pour voir son film « Madame Edouard ». Ovni polar et absurde, plié de rire de bout en bout. Film étonnant dans lequel on retrouve bien son univers, en moins sombre et saignant malgré les petites pointes goresques. On enchaîne par le restau de clôture avec les « huiles », en bord de plage. Criffo très à l’aise dans le karaoké de fin de soirée !
On retourne « Au Rêve Bleu » qui, ce soir, est désert ! Damnation ! Fin du week end, les Bretons ont bien abusé, ce soir c’est relâche et clips de métal. On croise un survivant, papiers perdus, l’air un peu hagard. Dernière tournée offerte par le patron ! Pour l’hydratation, bien sûr !
Mince, avec tout ça, j'ai oublié de traquer le scoop et le people pour Tutu reporter !
19 juin 2008
Crash and Burn !
Sortie ce jour de la version téléchargeable de "Printemps Noir" à l'atelier de presse.
Je me suis fendu d'une nouvelle entre thriller et débine rurale sur fond de vengeance incendiaire. Pour ça, j'ai repris un début de texte, retrouvé dans le grenier, complètement remanié et je l'ai prolongé. Début trés descriptif et suite plus sèche. Un bon exercice, ça s'appelle "La Brûle" et je mets le début en annexe du message.
http://www.atelierdepresse.com/edition/livre-Printemps-Noir-100024-12.htm
J'ai également entrevu la première illustration pour la nouvelle "Ostbergen" et ça s'annonce trés bien.
Reprise, relecture et bonne prise de courge interne pour un texte à venir dans la collection de JB Pouy, "suite noire" dans la "Branche". Bien relire, couper, rajouter, doser. Et on verra bien...
Deux longs textes en instance de corrections, bien rebosser tout ça, relire, de plus en plus, fini le temps des premier jets héroïques. Un polar/fantastique et le début de la trilogie d'héroïc fantasy.
To be continued...
La Brûle
1.
La journée allait bientôt se terminer dans un crépuscule de sang et les rues du petit village d’Anguelec étaient d’une tranquillité mortelle. Toutefois ce n’était rien comparé au calme qui régnait dans la campagne environnante. Aucune présence humaine ne venait en effet perturber l’harmonie printanière.
Oiseaux, insectes et batraciens avaient repris possession des lieux pendant quelques heures et grouillaient en toute quiétude à travers les champs de maïs, dans les bocages, ou en bordure des ruisseaux qui s’écoulaient doucement.
Les derniers nuages, poussés par un vent léger, croisaient au dessus du village, dans la lueur rouge. Les formes aériennes se chargeaient d’étranges reflets sanguins, sauvages, presque inquiétants.
Le père Lebrac, assis sur l’un des bancs de pierre de son jardin potager, cogna sa pipe contre le talon d’un de ses gros souliers couverts de poussière et leva son visage ridé vers le ciel. Il ôta sa casquette de toile et se mit à ruminer :
¾ Soir de Sang. Mauvaise nuit… Pas bon.
Pour se rassurer, il se signa par trois fois et, prenant une pincée de tabac dans une blague usée par les ans et dont la ficelle avait été raccommodée par trois fois. Il lança sa nicotine dans l’air et regarda les fragments bruns s’éparpiller en corolle.
¾ Pour le diable et sa bande. Que le cornu protège la cohorte des damnés, gémit-il d’une voix blanche tout en bourrant sa pipe. Lorsqu’il l’alluma enfin, une nuit douceâtre, lourde en odeurs de foin et dont l’air était envahi de pollen en suspension, s’était abattue sur la commune.
2.
La forme voûtée et noire surgit brusquement d’un sous-bois, à proximité du lieu dit Fonternio. Elle avançait avec lenteur, traînant derrière elle un jerrycan rempli jusqu’au goulot d’un liquide incolore qui clapotait au moindre de ses pas. Elle arriva bientôt à la lisière de la route départementale, devant un fossé relativement profond, entouré d’herbes hautes. A bout de bras, elle souleva le jerrycan, se tordit et déposa sa charge de l’autre côté. Enroulée dans une sorte de robe, immense, moisie, partiellement brûlée, aux manches trouées, la forme se redressa en faisant craquer ses ossements. Son visage était entouré d’un linge blanc, maculé de boue séchée et sous la demi lune, on ne voyait rien d’autre qu’un trou noir, béant, vidé de toute humanité....
11 juin 2008
clubbing 30/04 - 01/05 - 02/05
Destroy everything you touch ! : clubbing 30/04 – 01/05 – 02/05
Le programme des jours à venir s’annonce chargé. Toujours la même problématique en ces périodes de ponts à rallonge, une profusion de soirées, dans tous les styles.
Je fais tourner la roue aléatoire des flyers et arrête mon choix sur le Bataclan, soirée Stricly House, puisque depuis quelques semaines, j’ai une furieuse envie de house qui claque ! En plus, il s’agit de la dernière, de quoi ponctuer en beauté 6 ans de soirées. Le plateau lui-même est prometteur.
jack de marseille, d'julz, jerome pacman, paco, dyed soundorom, stephan. 6 ans, 6 DJ, le Bataclan, what else ? Peut-être une petite before, à côté, double-jack, attaquons direct ce soir ! Je me plante dans le rade envahi par des équipes télés, quelques attachées de presse en stress et une brunette nerveuse. En attendant Stef, je sirote mon verre et, la seconde star ! Repère Florence Foresti, à l’autre bout du bar, robe blanche, chapeau et air rogue. Sophie et Sarah qui passent.
Stef raboule et on va foncer au Bataclan. Soif oblige, les tournées commencent. On croise quelques habitués nocturnes. L’ambiance monte assez vite et bien. La vibration des grands soirs ! Les DJ s’enchaînent mettent leur petit grain de sel mais conserve une belle ligne housy chaude et lumineuse. Bonne éclate dansante et assez radicale, bien rythmée par les pauses « hydratation » syndicale. Au bar, une brunette nous demande lui offrir un verre, cash direct. Allez next ! Et puis quoi encore !
Hop retour sur la piste ! Pacman plus speed, d’julz un peu plus minimal et Dyed toujours largement au dessus du lot dès qu’on touche aux ambiances house ! On tourbillonne avec quelques touristes japonaises puis ce sont déjà les derniers battle. On retrouve Syl et sa bande, déjà en partance vers une after lointaine.
Tudieu ! Déjà fini ? Il va donc falloir partir en quête d’une after. Mais ça devient rude depuis quelques semaines, fermetures, contrôles, la nuit parisienne se réduit. Epiderme du chagrin. Stef a peut-être un plan. Rue de Rivoli, after privée. Tandis qu’il tente de convaincre la maîtresse de cérémonie, en lui lavant le pare-brise, on accroche une clubbeuse excitée et un grand mec un peu suiveur, un peu énigmatique. Mission taxi. Etrange quadrille. La clubbeuse manque de se fritter avec le chauffeur, on calme le jeu et on arrive à l’adresse. Porte close, un peu prévisible. DJ HAK, grand prince, veut nous embarquer à Saint-Cloud, en after. Bof, trop loin. On va rester dans le local et finir là où la porte n’est jamais fermée, le dernier sas, la boîte terminale. Le Rexy Club ! Le clubbeuse renonce, le suiveur continue à nous coller aux basques.
Première surprise, l’entrée n’est plus gardée par des russes ! Même prix mais simplement une conso cette fois, augmentation du coût de la nuit. Ambiance et décorum moins glauque que lors de ma précédente décente. Je croise même Mel ! Herm débouler au Rexy et connaître du monde, classe ou décadence ? Pas trop le temps de réfléchir que le dancefloor, nous aspire ! Le son est correct, encore de la house, un peu filtrée, émaillée de R’n’B un peu foireux mais bon, ça passe ! On retombe sur Stephy, la serveuse qui nous avait initié au lieu, l’an dernier, ainsi que Jenny de la Scala. La salle fumeur se trouve en bas, joli petit bunker de tranquillité enfumée. On croise Marianne vue chez Réda, Rex and co, belle rencontre et étrange discussion sur le Black/White Russian. Je croise un berlinois. Un berlinois au Rexy ! Ralala , ça me semble bien décalé tout ça.
On remonte pour enquiller quelques tournées dans la lumière et cette musique qui secoue le squelette. Une blonde en chapeau m’aborde, me dit qu’elle est serveuse au VIP room, que je dois passer la voir puis elle m’assure qu’elle a plus de 18 ans. Houla !
D’autres verres, parlottes avec de sympathiques travestis argentins. Sur une télé, j’aperçois Christophe Willem chantonner son « Double-jeu ». Des portes internes s’ouvrent, descentes dans des corridors obscurs et mentaux.
Des danses et slows avec le chapeau gris, impression étrange, lueurs rouges, comme si j’avais atteint la dernière pièce du Berghain, ce matin, au Rexy Club, Rue de la Grande Truanderie. Lancement du protocole. La mémoire se dissous dans la danse, perdu au creux d’une paume. Passage franc de l’autre côté. Rendez-vous sur l’autre rive. Un dernier verre de champagne, cadeau final et je dois promettre de passer un soir au VIP room.
On finit par se faire virer, fin de soirée, blanche et cotonneuse. Quelques salutations sur le quai du métro et retour à la base, par miracle, vers 16 heures.
Je crois dormir mais me retrouve soudain tout habillé devant mon computeur ! Les oreilles et les yeux dans Youtube, ressassant en boucle le clip de LADYTRON « DESTROY EVERYTHING YOU TOUCH ». La forme revient avec un whisky-perrier vers 19 heures.
Il y a un autre concert, ce soir, VENITIAN SNARES au nouveau Kazino. Ok je me retape, mange un peu et vais faire la before au café Charbon. Vin blanc et Sangria maison , la machine grince mais se met en route. Je retrouve T-10, eden, Ferns, judge et le Diktat avant de retourner dans un univers de noirceur, de néons et de musique. 
Dj K-oz en intro, suivi de DOWO KUN, autre avatar du groupe Domo Kun. J’admets être assez peu réceptif au début, subissant encore l’onde de choc de la nuit dernière mais à mesure et grâce au vin blanc fort « hydratant », je me redresse et me prépare au live du canadien.
C’est la guerre ! Breakbeat, breakcore, speedcore. Rythmes fracassés, concassés, samples effrayants habituels côtoient des basses plus rondes et élastiques. On n’est pas là pour rigoler en tout cas ! Un son bien puissant, un set dévastateur et torturé. C’est reparti pour une danse épileptique qui amène ma carcasse jusqu’à 3 heures du matin. Boulot demain, un peu de sérieux tout de même ! 
Je m’évapore donc, chope un taxi et rentre chez moi, vaincu et brisé une seconde fois. La fatigue aidant, je m’imagine rentrer à l’appart et tomber sur une fête délirante. Passage entre sommeil et hallucination, vision d’ombres masquées remuant la tête dans mon salon.
Dormir quelques heures pour embrayer sur une journée un peu rude mais le café aide bien. En soirée, je prévois un concert puis une soirée, si le corps suit un peu. Fin de journée dans les idées goudron. Remontée en métro nauséeuse jusqu’à la Maroquinerie. Damnation, le concert est complet ! En panique, j’appelle mes contacts pour trouver un concert de remplacement, en noïse ou autre. Au final, je capte une conversation et achète une place à un bear trentenaire.
Tout content d’avoir chopé une place, je rentre et retrouve Siousiou sa copine Caroline et d’autres personnes. Voilà stef et BB. Une petite bière ? Bon… Ok. La Maroq est vite remplie, je me pose dans un coin en retrait, en périphérie, dans le noir. Le concert commence assez rapidement, pas de première partie. Le quatuor commence par quelques titres du nouvel et excellent album VELOCIFERO, black Cat, ghosts, Deep Blue, Runaway, agrémenté de quelques hits, seventeen. Plus rock, moins électro, la chanteuse fascine et la sauce prend très bien. Electro, psyché, pop glacée Très bonne évolotion après le « cul de sac » électroclash des débuts.
Le public, très métrosexuel est complètement conquis et je me laisse également onduler. Pendant les rappels, le groupe dégaine « Destroy Everthing you touch ». Comme un titre miraculeux, conclusion des heures dernières. Je suis en larmes mais heureux.
Valse hésitation à la sortie. Rentrer ? Poursuivre ? Où donc ? Hercules and love affair me tente bien, au Social Club, mais il y a aussi une Delahouse au Bataclan, avec Audion. Dans un premier temps, régénérer ses batteries dans un restau thaï surprenant, pas loin du nouveau Casino. Une biere et une soupe, je ne peux rien avaler de plus, mais ça devrait me permettre de tenir. On opte pour le Bataclan, en définitive…
Soirée Delahouse, donc. Arrivé trop tôt, attente et discussion avec un jeune dealer de flyers fan de noïse. Encore des décalages temporels dans mon discours. Tendance à confondre les mois et les années. On retrouve Amar, Alice et la bande minimale habituelle.
On entre et on attaque sec, vodka/pomme etc… Pas la foule donc la grande salle prend cet air un peu curieux, vide, un brin flippant. On commence avec DJ sneak, un ricain massif qui balance une house nerveuse et fracassée. Du Venitian Snares à paillettes disco ? Pas exactement mais à l’aide des éléments house, il arrive à bastonner et casse un peu les structure classiques. Du shred housy, plutôt. Mais ça marche bien. Je groove en costard, un mec m’accoste : « t’es homo ? », réponse à la con « Non, désolé ». « Ha ça tu peux l’être ! ».
Toujours pas la grande foule mais pas mal de têtes connues. Voici venir AUDION pour un set assez étrange, très sombre et introspectif, issu de son dernier disque BILLY SAY GO. La face obscure de la minimale avec quelques passages plus lumineux façon soleil espagnol et pas mal de nappes d’instruments à vent, complétement spectrales. Un petit côté Plastikman dans cette utilisation, macabre et orientale et de flûte. L’occasion pour moi de faire mon chill-out des jours précédents. Redescendre, brider la machine. Je me rends compte que je m’éloigne des autres danseurs/danseuses pour me poster en périphérie, juste sous la protection de l’angle mort des néons et stroboscopes. Et dans cet « entre deux », dans cette zone abandonnée, je pense soudainement à un bouquin, une histoire… La suite du Lit de Béton, mais la vraie suite, cette fois, pas ce texte d’une guerre parallèle. Ce texte se dessine entre mon périple berlinois, ces quelques jours de mai et le BILLY SAY GO d’AUDION/MATTHEW DEAR, minimale hantée, subtile, étouffante, hypnotique. Set qui se termine par quelques belles envolées de percus et certains répondent à Matthew en faisant les castagnettes.
PHIL WEEKS va clore la soirée en rallumant les lumières en grand et en relançant la house-machine comme pour chasser des araignées suiffeuses de AUDION dissimulées dans nos crânes et dans les lattes du parquet du Bataclan. Dernière danse avec les survivants hilares, les touristes géantes et les ultimes rôdeurs.
En sortie, passage traditionnel devant la porte du Grand Maître du Savoir, boulevard Voltaire, on hésite à sonner pour le réveiller mais il est encore bien tôt… La blaque attendra un autre jour.
Death is nothing to fear, my dear !
http://www.myspace.com/ladytron
http://ghostly.com/releases/billy-says-go
06 juin 2008
Nouvelles du Front / Juin 2008
Toujours en pleine phase de bouclage avec le final de "Catégorie 5", un polar/road novel/trash/sentimental un peu... Bizarre, comme d'habitude. Je vais le laisser reposer quelques semaines avant de voir ce que je peux en faire... La fin a été plus abrupte que prévue.
Rayon découvertes sur le net : Cette "lecture" de Magna Mater, j'avais complètement oublié cette dédicace, c'est assez génial de la retrouver 14 ans plus tard !!! Merci monsieur Seppuku :
http://seppuku.over-blog.com/article-19564239.html
Rayon nouvelles : Corrections de Tao-Tié, à paraître prochainement dans le magazine des aventures modernes, Black Mamba et OSTENBERG, nouvelle survival/horreur dans le coeur du nightclub le plus secret de Berlin... A paraître dans les Carnets de l'Assemblée, un nouveau canard de rôlistes ! L'occasion pour moi de parler du Berghain sans "casser" le mystère. Ou d'imbriquer une expérience dans une fiction, un secret dans un mystère... Allez hop, le début...
OSTENBERG
1.
Ce matin là, j'avais échoué une fois de plus au Eïsbar 37, un bar à afters, situé dans l'ancien Berlin Est. Nous devions être le lundi matin et malgré tout, ce week-end, pourtant sans fin, ne n'avait pas apporté grande satisfaction.
Je dansais mollement, porté par le rythme d'une techno minimale qui ressemblait au bruit d'une cuillère de métal rouillée martelant sans relâche la surface d'un pudding compact et élastique. Profond et répétitif jusqu’à la nausée.
Dans une lueur grise, j'observais les ombres qui ondulaient à mes côtés. Des hommes en majorité, musculeux ou desséchés, cheveux rasés, barbus, certains portaient des débardeurs, d'autres de simples t-shirts souillés. Quelques guerriers dansaient même avec des colliers faits d'aluminium, un dernier kebab roulé dans le métal malléable. Ils picoraient tout en continuant à bouger leurs corps selon les pulsations hypnotiques. L'un d'eux me rentra dedans et me regarda sans réellement me voir. Grands yeux bleus complètement dilatés, sourire figé, lèvres défoncées à force de se manger l'intérieur de la bouche.
Il me fit une offre. Même plus besoin de parler dans ces moments, juste mimer l'acte.
Je n'étais pas vraiment intéressé, ce matin. Goût à rien. Juste être là, continuer, passer les barrières pour le simple amour des limites. J'avais entamé ma longue nuit le samedi soir, une before, puis tournée des grands clubs, Weekend, Watergate, Panoramabar, Golden Gate, puis ici.
Je serrai ma bouteille de bière et tentais de perdre mon regard dans le scintillement d'un stroboscope qui semblait le point de rendre l'âme. J'étais partagé entre l'idée de faire la fermeture du Eïsbar 37 et de rentrer dans ma chambre d'hôtel. Déjà, au milieu des danseurs déjantés, les gens de l'entretien commençaient à trier les bouteilles mortes et autres déchets divers et variés. Femmes et hommes d'âge mûr, en chemise réfléchissante et gants blancs. Moment de transition, le dernier sas avant d'entamer une semaine difficile.
Personnellement, je n'avais pas ce problème. Pas de contrainte, aucun compte à rendre, aucune responsabilité.
Pourtant, je bossais.
Pour un grand magazine parisien d'enquêtes et d'investigations. On m'avait commandé une immersion dans les clubs berlinois, façon Ibiza postindustrielle. Une semaine, tout frais payés, piaule, entrées en clubs, alcools, drogues éventuelles, taxis... On ne me surnommait pas le Cobaye, pour rien. Exploration des limites extrêmes des états de l'homme contemporain. Dans le sport, le mysticisme, la transe etc... J'en avais fait des voyages, des allers-retours, tickets solos ou billets collectifs. On m'avait souvent mis « le plein tarif», mais j'étais toujours revenu dans une réalité plus ou moins stable, un peu fatigué certes, mais toujours conscient et partant pour de nouvelles expériences.
03 juin 2008
Clubbing 25/26/04 : an 2008
La Backstage 43 me tend les bras, en ce vendredi ! J’ai l’impression d’en avoir vu des dizaines mais, une fois de plus, l’affiche est alléchante et devrait me permettre de revoir la bande berlinoise du 88 Knaackstrasse. Je n’hésite donc pas trop longtemps.
Etrangement, pas trop envie de shooter façon cyber ce soir, retour à du mental plutôt que du visuel.
On commence par FANTOMETTE, dont j’ai toujours loupé les sets, honte sur moi. Je pensais me bouffer du Community Border au kilomètre mais c’est plus sec, minimal, housy tranchant et claquant. Pas mal pour un warm up. Inutile de résister plus longtemps à l’appel de la piste. Du coup je retrouve les berlinois dont certains avaient comme dernière vision de moi, la danse au Berghain.
Quelques verres et voici venir 2 BUDDIES. On repasse dans un univers plus « prog » et moins acéré, une sorte de versus qui se répond et se déroule lentement. Montées subtiles mais bizarrement, ça coince au milieu du live. A revoir, donc, notons ça dans un coin de ma mémoire sectorielle avant de revenir ingérer un Black Russian.
Vince le serveur, me reconnaît, d’ailleurs. « Tu changes de Club mais pas d’alcool ». Du néo_Kaz au Bato, toujours à vider de la liqueur de café/vodka.
On enchaîne avec HERVE AK pour un bon set bien solide et dansant. Pas grand monde ce soir, mais je me sens bien dans la cale du vieux transbordeur. Le principal est là, du bon son !
Vient ensuite la star en la personne de RYAN CROSSON aka BERG NIXON, un poulain de la fabuleuse écurie Minus.
Son set est pas mal, classique, sans trop de surprise, syndical. Entre basses deep, pulsations séches mais il n’y a pas la touche habituelle Minus, les expérimentations un peu limites qui repoussent un peu plus les notions de Minimale.
Brian Tuü reprend un peu la main, mais va s’effacer devant JOHN JATZBESKI, polonais ultra motivé qui va bien envoyer le bois ! Set d’after bien énervé, volontaire et bien charnu. Bouclage de la soirée plus tôt que prévu.
Discussions avec quelques berlinoises sur le ponton. Pas d’after pour ma part, tracer, dormir un peu et se retaper pour la soirée à venir.
Curieusement, j’ai « Papillon de Lumière » dans la tête
Sur les quais, en avance rapide, ce fantôme d’after. Une fontaine design, une silhouette urbaine et métallique.
Le lendemain, même motif, même punition, même endroit. Doublé au Batofar ce week-end, pour la soirée BLOC. Je ne comptais pas sortir ce soir, hébergeant mes parents, mais bon, ils m’ont donné l’autorisation de rentrer à « toutes les heures ».
Pas grand monde d’opérationnel ce soir, les afters du matin semblent avoir été fatales aux organismes.
On entame par un brin d’électro/dub façon la Hague, bien percussif, sec et parfait pour un lancement de soirée. Vince officie au bar, les Black Russians seront donc dosés à la perfection.
Changement radical de son et d’ambiance avec Andrea Parker, une ex de chez Mo-Wax qui va distiller une électro IDM assez classieux et casse-gueule. Le bras dans le plâtre, elle semble hésiter, tente des trucs, essaye des transitions de haute voltige. Plutôt étrange, absolument pas évident mais au final, bien trippé. Elle nous place un pur track psychotronique en milieu de set ! Les gens arrivent, doucement. Tous styles, crusties paramilitaires, goths, adeptes des soirées scandales et un trav déjà croisé en nuit électro.
Pas de temps mort, voici la star de la soirée, DJ STINGRAY, un black massif en cagoule qui perpétue la légende d’U.R, underground résistance, rien pour l’ego tout pour le son. On retrouve tous les éléments du son de Detroit mais complètement épuré, reconstruit, réinventé. Plus speed aussi. Du gros son, qui avoine, sans aucune pose, sans facilité. Pas très house au sens classique justement. Plutôt un développement techno du creuset de Detroit. Sans jamais montrer son visage, il attaque, bastonne puis disparaît, DJ puissant et anonyme. Bien parti, je me prend un coup de tête involontaire de la part d’une demoiselle en noir. Pour s’excuser, elle me chope la main et la pose sur sa poitrine. « Si possible, j’aimerais bien récupérer ma main ! ». Hop téléportation au bar pour recharger les batteries puis je reviens pour DJ 3000.
Surprise de la soirée, 2 heures 27 de house solaire prodigieuse, limite Panoramabar, sauf qu’au Bato, les volets ne s’ouvrent pas encore, de temps en temps. Rencontre avec deux clubbeuses également à bloc. DJ3000 balance des ambiances gitanes, house, dark en conservant une ligne très claire et évidente. Décollage vers les brumes intérieures et un final surprenant, à la fois new wave et totalement fracassé.
Les deux derniers DJ semblent mornes devant DJ3000, ils nous assènent un set warpien assez convenu d’où seul émerge un joli titre de Muziq. Mais je sens que ça décélère. Avant de sortit je croise un musicos, à la tête du label Minimal Syndical, qui prône le retour à une techno plus riche. Il m’a pris pour un journaliste, ou un producteur. Je lui assure que non.
Retour à la base, achat de quelques croissants pour réveiller la tribu et les ancêtres. Timing parfait.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=171079231
http://www.myspace.com/dj3000motech
































