DSC00104  Self Klubbing du 01 Septembre 2007

“La Chair et les Os”

Sorties un peu mises de côté et apparitions sporadiques dans les clubs cet été. Mais il suffit d’un texte bouclé pour se décider à aller guincher, façon Barton Fink. Pas grand monde en cette rentrée et encore assez peu de soirées en attendant la déferlante septembre/octobre souvent rude pour les genoux, la CB et le foie.

Valse hésitation entre le Batofar, (festival Ninja Tune), le Néo-Kazino (soirée rock/électro/funk) et le Phunk Circus au Bataclan avec le grand retour de Miss Kittin et The Hacker. Il y aussi David Guetta au Mix mais j'ai épuisé mon stock de gel pento. Au final, j’opte pour le Bataclan selon les recommandations de Stef, impressionné par Miss Kittin au dernier Sonar de Barcelone.

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Afin de tenir, je me concocte quelques mixtures préparatoires. Un cocktail Kiwi/banane/yaourt et un « Shoot-Mouse », décoction maison toute simple, 50% coca cola/black 50% bourbon. M’étant récemment doté d’un appareil photo très cyberpunk (photo/vidéo/mp3), je vais tenter de ramener quelques menues images tremblantes et saturées. Je n'ai pas le talent de Nick Cohn mais j'ai un K550 lm Sony Ericsson pour compenser.

Sortie du côté du Boulevard Voltaire et de la rue Popincourt et j’ai une pensée pour Cherryl, la copine du Poulpe et petit salon (Cheryl-Coiffure). Je retrouve Stef dans une file déjà bien compacte de fêtardes en perruques bleues, d’hommes mouches et de beautés blondes qui font des syncopes. Après avoir sifflé le coca/sky rituel, nous entrons en même que The Hacker et Miss Kittin (en manteau rouge) et nous faisons tracter par l’impérissable Gumic. Etrange convergence.

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Je reviens pour la seconde fois dans cette grande et belle salle, plancher, décorations rougeoyantes façon cabaret, light show impeccable. Il me semble reconnaître le style old-school mais efficace de Jérôme Pacman mais en fait il s’agit de Djul’z, également un vieux briscard de l’électro. Il remplace Jérôme Pacman qui a du ingérer un fantôme pas frais. Malgré un départ un peu difficile, il parvient à accrocher l’ambiance avec du son Deep et house bien carré, montant, idéal pour se dérouiller les genoux. On croise Aline, l’homme au chapeau et d’autres connaissances croisées à la dernière virée Batofar/Follow me. Escale au bar pour prendre un verre de « Sang des fruits » doublé d’une lichette de « Petite eau ». (Vodka pomme en langage terrien).

Passage de relais pour The Hacker et la fièvre du samedi soir monte très vite de quelques degrés. Un son énorme qui parvient enfin à réussir l’alliage de l’EBM et des dernières glissades minimales. Soit de Nitzer Ebb à Matthew Dear, plus de 20 ans d’une électro percutante, dansante, festive et glacée à la fois.

Miss Kittin prend parfois le relais et parfois le micro et l’alliance des deux est plus que jamais idéale. Leur premier concert à la loco m’avait flanqué une gifle peu avant l’avènement de l’ Electro/clash en 2001 mais ce soir, ils viennent de trouver le graal musical que personnellement, j’attendais depuis des années. Fixmer, Rother, Waterlilly, Bunny Lake  s’en étaient rapproché, l’avaient parfois effleuré mais c’est bien Miss Kittin and the Hacker qui viennent de poser leurs mains sur sa surface vibrante.

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Oubliez le reste, effacez le nom de Justice ou de Para-one à coups de lame de rasoir. Voilà la voie, voilà le futur. Du clubbing qui dévaste tout, organique et mental. 

Le set est imparable, n’offre aucun répit et ne cesse de déployer ses trésors sonores. Tout y passe, éléments IDM, trance, house, Dark, minimal. Mais sans jamais aucun sentiment de catalogue ou de jeu formel. Richesse grandiose des arrangements et des mixs, fabuleuse version de « Join in the chant » avec des bout de minimal, de quoi rassembler le bioniqué saturé de Duvel et la Fashonista à frange et sautoir à perles. Je reprends en cœur (enfin plutôt seul en vérité) les paroles immortelles,  muscle and hate, muscle and hate muscle, muscle, muscle, muscle lies, lies, lies, lies books, books, books, books burn, burn, burn, burn fire, fire, fire. Je me fracasse un tantinet la voix et me lancerais bien dans une série de pompes mais la densité est telle que je dois renoncer à mon projet d’EBM/situationniste.

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Cette scansion martiale est enrobée de pulsation deep et minimales hallucinantes. On crie même « Voyou Voyou ! » mais The Hacker, le coquin, ne retient pas les montées mais les distille. Ça crache, ça martèle, ça fait bien décoller et partir… Très très haut ! Du Michael Jackson surgit alors au détour d’un fracas rythmique et tombe impeccable dans le mix. Ça va loin, ça ose ! Le grand kiff !

Par chance, mes lunettes jaunes captent l’attention d’un exégète techno et nous pouvons deviser sur les grands noms actuels, les Luciano, les Villalobos, les Dear, Madga, Pierce, Holden et le bien sur le duo Miss Kittin/The Hacker qui pendant plus de 3 heures va nous mettre du napalm sous les pieds et dans les artères. Le jeune tente de me décider à partir à Bruxelles Mi-septembre pour un festival de dingues… Sûr que ça serait pas mal… Je vais étudier ça de plus prêt.

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Quelques jeunes veulent me taxer du MDMA. J’essaye de leur fourguer des Tic-Tac menthe forte mais sans trop de succès.

Tout cela donne soif et il faut se faufiler à travers les danseurs déchaînés pour quérir quelques gobelets remplis de nutriments. L’impeccable serveuses à couette nous ravitaille pendant que Stef  le coquinou se plait à prendre des photos ironiques et au second degré.

Retour sur la piste pour le tube des « Liaisons Dangereuses », Los ninos del parque. Parquet d’ailleurs qui sera bien squatté par Stef, à plusieurs reprises. Quand une soirée est bonne on part en freestyle et là, la nuit est exceptionnelle ! Donc ça déboîte, haut et fort. Lâcher de ballons, hystérie électro, ça bounce dans tous les sens.

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Rencontre avec un goth « canal historique », ancien pilier du « Bal des Vampires » portant un T-shirt DM. Et là encore, coïncidence troublante, voici un joli mix de « Personal Jesus ».

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Miss Kittin se met ensuite à chanter en live sa « Stock Exchange woman ». Sublime chanson tirée de leur album de 2001. Frissons et grosse montée. Aline sort de son sac une petite bouteille et veut m’offrir une substance énigmatique à l’aide d’un petit pinceau. Damned, c’est pas du vernis à ongle quand même ? C’est fort. Y’a de la menthe. Ça doit être du Riqlès. La classe !

Le set s’achève portée par une vague d’applaudissement tandis que Djul’z se recale aux platines. Le vétéran a un peu de mal à embrayer après le set historique des grenoblois.

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Je retombe un peu et vais reprendre un peu de jus de fruit. Petit à petit, le bougre arrive à relancer la machine avec une tek house un peu aride mais qui bastonne. On repart au pays de la Mort Rouge et je mouline à grande vitesse saisi par un rythme auquel on ne peut résister. Echange de cigarettes de sourires et de flammes entre les survivants. Stef s’écroule à nouveau pendant qu’au rayon star, je repère Teki Latex, hilare et éclaté sur une banquette. S’il met de l’EBM dans ses prochains titres, vous saurez d’où ça vient ! Quoique entendre Lio reprendre "Control I'm Here", je ne sais pas si le monde est encore prêt.

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Rappel, un dernier titre pour se finir et les videurs nous poussent avec fermeté mais respect vers la sortie. Une demoiselle m’emprunte mes binocles et c’est reparti pour une « optic party » devant la sortie du Bataclan.

Stef Mitraille les demoiselles pendant que je bloque plutôt sur des formes abstraites, signaux, lueurs minimalistes, scooters transformistes ou superbes machines à laver collectives dont les courbes grises émergent de cette aube de néon glacée.

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Discussions d’after, décousues, fracassées et vraies. Un dénommé Antoine veut nous inviter chez lui puis nous raconte sa collocation avec l’un des plus grands dealers parisiens, ses réveils à 11 heures, en érection totale, pendant que des gens sniffaient des barres de 4 mètres dans son salon, tout ça les jours ouvrables, bien sûr.

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On passera une autre fois, peut être… Pas d’after sympas en perspective donc on va la faire sur le trottoir, avec de la musique interne et cérébrale, en compagnie d’une joyeuse bande de bretonnes porteuses de roses, de musiciens de rue à vélo, de vieillards borgnes, de beautés rayonnantes en robes imprimées et de jeunes clients du « Crédit du Nord ». The Deep Génération.

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Stef collapse, tombe à nouveau et reste là, à refaire un « Paris-plage » sur bitume en compagnie de nos jeunes compagnons de trottoir. Que la lune est belle vue du caniveau.

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Pétales de rose et châle à franges.

Le ciel était gris bleu et clair à la fois. Une belle vibration. DSC00132

Dernières offres pour poursuivre, un jeune termine sa bouteille de blanc, café ? Calva ? On a peut être notre dose là… Quoique… Une petite after minimale…

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Bon, allez retour à la base ! Je remarque un flyer D-side sur le quai. Miss Kittin et son complice repassent le 03 octobre à la Loco DSC00134 et je subodore la soirée monstreuse ! Je le note dans mon datapad puis avise une Interface homme/nourriture, Selecta. Je grille mes derniers crédits dans l’achat d’une étrange boisson, incolore, inodore et sans goût. Mystère de l’eau.

D’une façon inexplicable j’ai du Oomph ! dans le crâne.

7H34, le métro arrive et je capte mon reflet dans les vitres qui filent. Vision d’un spectre Növö. Costard et lunettes insectoïdes.

Fin de transmission.    DSC00108

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