Wake up ?

Time to burn DSC00168

En guise de training, ce vendredi, une petite excursion du côté de Pigalle, à l’Elysée Montmartre. Une soirée électro sponsorisée par l’Ecureuil épileptique de la Caisse d’Epargne. J’espère y choper quelques points Miles si je régle mes consos en CB. Pour éviter la ruine, je me concocte un « coca d’hom » selon la recette de Bob Marley, un clochard rennais des temps anciens. Pas super bon, surtout avec du cola déclassé, mais c'est un starter idéal. DSC00028

Une soirée qui démarre un peu à la bourre puisque le groupe d’avant vient à peine de boucler son set. Attente sur la place, face au bel immeuble aux fenêtres rouge-profond. Quelques groupes de jeunes évoluent sur le boulevard, bouteilles de coca « améliorée » en main.

Etrange, ce n’est pas la foule habituelle. Stef me rejoint et nous entrons, suivis par un Sweet Transvestite. Le duo OLGA KOUKLAKI, l’Athénienne et GUY GERBER, le Tel-avivien, est chargé de réchauffer la grande salle que je connais plutôt en configuration concert. J’en profite pour photographier les visages de méduses écarlates qui me fascinent depuis des années.

Le duo diffuse une électro qui roule bien, un peu de deep, un soupçon de trance, quelques pointes minimales.

Le versus glisse impeccable et on ne fait même pas vraiment attention au désert relatif qui encercle les premiers rangs ondulatoires. Bonnes montées, bien progressif et classieux. Olga, ancienne chanteuse de Poni Hoax et évoluant dans la galaxie F-Com / Nouvelle Vague fait un contrepoint un peu plus abrasif et glacé mais ça reste dans le même mouvement. Une plongée en douceur dans le week end.

Lorsqu’on quitte la piste, la fraîcheur se fait plus prégnante. Détour vers le beau comptoir pour y reposer ses coudes. Deux écoles s’affrontent, vodka/pomme, du tassage sucré mais bon contre le cholestérol versus vodka/orange, plus d’énergie mais plus acide.

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ALEXANDER KOWALSKI se met rapidement aux platines. M’attendant à un set plutôt italo/disco mâtiné de deep, dans la lignée de son tube « can’t hold me back », je suis un peu surpris par l’attaque de son live. Le Berlinois, en effet, a opéré un curieux virage vers une trance froide et dépouillée.

Pas mal tout de même mais il semble manquer un ingrédient dans certains titre. Cette oscillation, progressive/house tombe parfois dans un entre-deux légèrement mollasson. Par contre, la version de « hold me back », plus simple et comme nettoyée à l’acide relance un peu le set. Pas convaincu, mais il y a tout de même un truc, une griffe qui cherche quelque chose. Un intérêt. Une excitation. DSC00093

JENNIFER CARDINI vient boucler la soirée avec, comme à son habitude, une playlist impeccable. Bien dedans, mêlant idéalement la minimale et la techno plus classique, piochant dans les sons anciens pour y injecter les dernières sensations soniques, sans temps mort ! Je crois que je suis fan depuis que je l’ai vue au Triptyque, il y a quelques années, alors que je m’essayais doucement à la minimale.

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La soirée repart à fond et les quelques résistants de la fièvre du vendredi soir sont bien récompensés par le set à la fois sombre et festif. Un titre me frappe, une sorte de deep de sous-marin, qui passe en boucle rapide. Total mental !

Allumage brutal des lumières et interventions de la sécurité qui nous pousse assez vite vers la sortie. En guise d’after, sur le quai du métro, nous tombons sur un groupe de Polonais qui tectoniquent sur du « Cascada » diffusé par le portable d’une demoiselle. On va se réserver pour le lendemain, car il y a du lourd au programme.DSC00145

La soirée du samedi commence doucement, au point FMR. Pour l’occasion et mes retrouvailles avec la Noïse/hardcore, j’opte pour un look qui oscille entre les « Happy Mondays » et « Flavor Flav ». Bob psychotronique, pompes jaunes, futal à carreaux, collier de chasseur de prime intergalactique et T-shirt Axess-code. Je déboule au point FMR et je me rappelle brutalement que le dress-code metal/noïse c’est tout en noir, sauf quelques pointes de rouge sur le T-shirt. Captage des fidèles de Dirge, JC, Renaud, Hervé, Cath, Kyronn, Fofie, Alyz, Cesse, Judge and co… DSC00001

Le lieu est toujours un peu sous juridiction bobo mais reste sympathique. Des tarifs abordables, un staff rigolo, une cantine honnête… La prochaine fois, je testerais la vodka/jus équitable pour laver mon âme pécheresse. Passage à la caisse pour acheter les billets car, les préventes seraient parties comme des petits pin’s.

On entre dans la salle, toujours aussi cubique, haute de plafond, comme soutenue par les poutrelles métalliques. Le groupe TIME TO BURN est à l’ouvrage. Des jeunes qui en veulent et empoignent leur noïse aux tripes et à l’énergie. Mais je ne parviens pas à accrocher. Nous ressortons vite, pour sacrifier quelques Lucky Strikes, le point FMR est en effet passé en zone sans tabac. DSC00003

DSC00019On revient pour DIRGE et une bonne foule s’est massée devant la scène, dont des espganols venus spécialement voir la performance du groupe. Intro en douceur, rythme lancinant mais l’implication intégrale des « troubadours de l’apocalypse » ne fait aucun doute. Dirge évolue vers les contrées du Sludge ou du Stoner tout en y ajoutant des espaces étonnement apaisés soutenus par quelques machines discrètes.

On pense à NEUROSIS ou même EYEHATEGOD mais avec une retenue, un sens mélodique et une construction presque architecturale. Ce qui m’évoque Dither mais avec des grattes, des cals aux doigts et des cordes vocales à la limite de la rupture.DSC00046

Damnation ! Mais que m’arrive-t-il ? Je fais le headbang ! Le troisième titre est une tuerie car il intègre ce qui manquait un peu aux deux premiers, une sorte de dinguerie interne, une machine détraquée par ses organes. Les projections vidéos ne sont pas en reste, images en noir et blanc, la guerre, les bombes, les vaccinations en masse, l’inexorable augmentation du cours du porc sur le marché briochin… Malgré quelques petites glissades « curesques », le son plombé de Dirge et les compos complexes construisent un univers assez noir mais étrangement pas étouffant. Dirge s’offre même le luxe de développer des plages de guitares claires et des respirations qui sont autant de trouées lumineuses. Classieux. DSC00034

Bouger la nuque en cadence, ça assèche le gosier, je vais donc m’offrir une vodka/pomme pendant que KNUT, le groupe vedette se met en place. Le gobelet devait être mal rincé car je décèle un arrière-goût de pastis. Tant pis, j’ingurgite le singulier cocktail. Etrangement, il y a un peu moins de monde que pour Dirge. Les Suisses arrivent. Un combo de musiciens en frontal et le chanteur sur le coin droit. Torse poil, ventre rebondi, grosses lunettes de geek et collier de barbe. Un hybride entre GG ALLIN et Jean Michel l’informaticien taquin. DSC00062

Dés le début, ça claque ! Une musique quasi Math-Rock couplée avec la folie froide  du chanteur qui fait plus peur que les projections costiennes ou les ouvertures de front à coup de micro dans le grand style PLAINFIELD.

Les breaks sont au rasoir, la rythmique est parfois répétitive mais se barre régulièrement dans des contre-pieds saisissants.

Puis, peu à peu, l’air de rien, Knut s’approche d’un hardcore bien speed qui va déclencher de furieux pogos dans le public. Je me range bien gentiment sur le côté. La nuit ne fait que commencer, on va essayer d’éviter la blessure. Didier, le chanteur, bidouille aussi une console comme WHITEHOUSE et continue à hurler et à se démener devant un vrai mur de brique sonique.DSC00070

Le concert est purement jouissif. Je me replonge dans une vraie noïse hargneuse et sale, retour aux années Trance ou Amrep. Rigoureux comme le Math-Rosck mais sans le côté parfois intello-propret de celui-ci. Knut ! un vrai coup de fouet clouté dans ta face !

Un dernier rappel et je vais faire l’acquisition d’un badge pour augmenter les pouvoirs de mon bob psychotronique.

      

Finalement, peu de gens sont partants pour continuer l’odyssée nocturne et on part avec Stef pour le REX club. DSC00122 kata3mYSPAcE

Je n’y ai pas mis les pieds depuis la réouverture. Toujours le même physio, on passe sans problème, avec nos exos, on croise mister Glass. Le club est déjà bien rempli et LAETITIA de KARAT balance du très bon son. On ne va même pas pouvoir se poser au bar deux minutes ! Je me rends compte que je connais le prénom de la moitié du staff. Je sors peut-être un peu trop. Hop, une vodka/cranberries et on repart sur la piste, noyés dans les fabuleuses nappes sonores. On y retrouve Jonhd ainsi que les habituels Rexeurs et Rexeuses.

Je crois reconnaître Gaspard Noé, en chemise rayée, rouge et blanche, accompagné de beautés brunes cinématographiques. DSC00127

LE CHIEN PERDU arrive alors, en configuration live et balance de la belle house/dub bien pétillante. Minimal ? Peut-être. Je ne sais plus trop où situer le genre tant il oscille entre la sécheresse bétonnée et les percussions brésiliennes. La soirée continue sur sa lancée, avec l’arrivée au côté du clébard solitaire de AGNES, un autre Suisse à casquette, plus housy, glitch et paillettes dans le cortex.

On me passe de la limonade, un peu éventée et pas trop sucrée avec de surcroît, un dépôt étrange mais au final, ça donne un petit coup de fouet salutaire.

Note pour plus tard, si le look « madchester » passe bien chez les « métaleux intellos » du point FMR, au Rex, ça aurait plutôt tendance à me désigner comme un grossiste en produits divers. Mais ça reste tranquille. DSC00142

Le suisse termine son set et le vétéran CABANNE se pose dans la cabine pour une vraie leçon ! Un set qui brûle les pieds et fait onduler jusqu’à la limite, ouvert, joyeux et qui ramène des sons lointains, qui change la donne, qui réinvente les frontières.

Il nous balance même un remix de Djembe complètement génial, dans le style C-bass, moi qui pourtant suis allergique à l’habituel placage du tabassage métallique sur de la tech.

Enorme ! Un DJ set prodigieux.

Je crois que ça mérite un double-jack ! Rien que pour accompagner la « vibe » d’une rasade de caramel liquide. Sans glace, s’il vous plaît ! DSC00111      

Sortie au petit matin en compagnie des survivants, Stef et Sarah. Nous n’avons pas trouvé d’after hormis la classique Follow Me au Bateau Nix-Nox. Petit casse-tête dans le métro pour retrouver notre localisation. Planète terre, année 2007. Nous sommes ici ! Nous devons aller là ! DSC00169

Nous déboulons donc sur les quais de Seine et pénétrons dans cet antre sombre qui palpite de lueurs écarlates. J’avise une superbe boule disco et la musique est carrément pas mal. Beaucoup que la fois d’avant en tout cas. Ce matin, nous avons droit à une house un peu minimale, pleine de belles boucles rondes et métalliques. Un peu plus basique mais ça décape bien.

Par contre, un peu de sérieux, réduisons la boisson et passons à l’hydratation avec le Perrier/sky !

Et c’est reparti ! Allez ! DSC00174

Dernières vibrations entre les danseurs de combat, les poupées russes aux sourires figées, les boyz en débardeurs, les girlz en cardigans à rayures.

Je retombe sur une demoiselle déjà croisée au Rex qui insiste pour tester mon bob pyschotronique. Attention, c'est fort ! Vers 11 heures, ça se vide un peu. Petite hésitation mais au final, je ressors dans le soleil jaune.

Nous remontons les marches vers la station « quai de la gare », tandis que la police veille déjà et arrête quelques automobilistes. Je deviens invisible et filtre jusqu’au métro. DSC00186             

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http://www.myspace.com/unknut

http://www.myspace.com/jennifercardini