Mercredi soir

Dimanche matin DSC00223

Ce milieu de semaine nous lance un défi.

Outre le concert assez attendu de Miss Kitting & The Hacker à la Loco, Amar a dégotté une RESPECT IS BURNING à la Scala, avec Open Bar et surtout Open Sushi. Difficile de résister à l’appel du champagne et du poisson cru, donc il va falloir ruser.

On va donc débarquer assez tôt Rue de Rivoli pour squatter l’entrée et les barrières de sécurité. L’Open Bar est un art qui se pratique tôt. Un rush. Il convient d’avoir la main agile et de bien se placer au départ. Je retrouve Stef et Dora puis nous parvenons à filtrer dans la Scala. DSC00136

Pas trop de monde et presque trente minutes d’open bar. Champagne, soft et alcools à volonté. La boîte est toujours aussi classe. DSC00139Obscurité rassurante et lumières qui nous guident dans les coursives.

Des jeunes en slims, des racailles de luxe, une poignée de hypeux et un soupçon de stars. Il me semble reconnaître Michael Youn escorté par un posse façon TTC tandis que nous visitons les lieux.

Dancefloor vaste, extrêmement haut de plafond et pleins de tables, de recoins discrets balisés par des loupiotes écarlates. Nous cherchons les deux autres salles, dédiées aux lives selon le flyer, mais nous ne les trouverons jamais. Nulle trace non plus des fameux sushis. 

Marco Dos Santos chauffe le dancefloor principal tandis que l’heure tourne et que nous devons nous éclipser en direction de la Loco avec un sentiment de léger regret. La soirée s’annonce en effet plutôt sous de bons auspices. Un son correct, des lives et sets variés, un public qui afflue en masse et oscille entre pique-assiettes, proto-hypeux, clubbeurs peu argentés et blondes en afterwork.

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Nous remontons au nord de Paris pour revenir vers la Locomotive. Pas de file d’attente, mais la salle est bien remplie. 600 préventes pour le duo grenoblois. Joli score. Gumic tient la salle sous pression en nous balançant quelques bouts de la playlist de la NWD. Remix de Nitzer, LCD soundsystem. Du gros classique mais qui fait bouger, presque par réflexe médullaire, le tout porté par une sono plus puissante qu’au Batofar. Sentiment un peu curieux, celui d’une Hyper-NWD, avec les mêmes vidéos, Métropolis, le Dracula de Maddin. On retrouve Alan, aux premières loges,puis la musique se fait plus discrète pour laisser la place au live du duo.

Arrivée furtive de The Hacker qui se campe derrière son rack de synthés. Il ouvre le set par une longue plage instrumentale, planante et claire, émaillée de percussions dubs et crépitantes. Dans une lueur bleue/verte, une ombre s’avance. Le son est correct, assez froid mais les lignes épurées des compos de the Hacker se développent bien dans la salle de concert. DSC00183

Miss Kittin, vêtue d’une longue toge noire à capuche, agrippe son micro et se lance dans une complainte orientale. Assez trippant, prometteur et surprenant. Un faux côté Ofra Aza.DSC00187

Vient ensuite une version blues/retrofuturiste de Stripper “My girlfriend is a stripper, in a Swiss peep show” sur laquelle la miss va se débarrasser de sa toge faon Sunn o))), mini robe noire à paillettes, tatouages proliférants sur les bras et petite queue de cheval. Elle dégage bien le public bounce dans tous les sens.

Puis, les lumières passent dans les tons rouges/violets et le duo nous ressert ses hits de 2001. 1982, Frank Sinatra etc… Toujours bien efficaces, carrés mais étrangement, l’alternance, neuf/ancien, lumières froides/chaudes casse l’homogénéité du concert. Pas trop possible de décoller.

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Les compos sont nickels pourtant mais la voix finit par tomber le côté monocorde finit par lasser. Ça part moins qu’au Bataclan. Correct mais sans la dose de frénésie de leur dernier passage.

Deux titres résument bien le côté paradoxal et un peu à côté de ce concert, la cover d’Elvis, « suspicious Mind ». Un son étouffé et abrasif mais une scansion robotique. Puis la reprise de « Flesh and Bones », chantée d’ordinaire par Perspect, mais qui cette semble retomber platement.

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Le public, plutôt jeune et étudiant semble pourtant à bloc. Bien fracassé, énervé. Des demoiselles s’écroulent sur les côtés, comme des poupées aux membres de spaghetti. Une sorte de clubbeur/jackass va même monter sur scène, se défroquer et se laisser tomber en arrière.

Quelques rappels puis Gumic se recale et balance sa version électro des Sisters. Un remix entendu des dizaines de fois mais qui provoque un étonnement dans l’assemblée. Comme il n’est pas encore trop tard, nous nous esquivons pour choper le dernier métro. Dora nous laisse et nous retournons vers la Scala histoire de boucler la nuit.   

Nous revenons pendant les derniers titres de Lazarus. La boîte est remplie mais moins fashion que pour l’open bar. Les noctambules habituels sont de sortie. Une blonde en afterwork, portant de belles lunettes noires, me repère à l’autre bout de la piste. Echange de civilités sur les titres bien percutants et groovy du DJ anglais. On retrouve assez vite quelques connaissances. Tandis que AME investit les platines. DSC00231

Le set commence doucement, planant, progressif, pas franchement emballant. Puis, l’ambiance sonore se construit, il injecte de la Baile Funk et même des inserts jazz à sa techno dépouillée, créant un univers minimal et world à la fois.

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Entre Berlin et l’Amérique du sud. Les projections vidéo nous assistent dans ce passage spatio-temporel et on finit par décoller en douceur.

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Surprise, au milieu de la soirée, un couple de cascadeurs burlesques/érotiques semble tomber du plafond, retenu par des rubans de tissu. Etonnant et scotchant ! Je croise Faci, Aline, Clotilde and co… Et même, surprise ! Aurore, que je n’avais pas vu depuis des mois ! Micro monde des sorties en semaine. L’heure des accros de la nuit.

Un bonheur ne venant jamais seul, je trouve enfin les sushis. En réalité de simples makis californiens, surimi mayo. Un peu décevant mais ça me permet de glaner un peu d’énergie car Ame termine son set en tapant plutôt dans le bourrin.DSC00234

Entrée gratuite, mercredi soir, le public est à l’avenant. Un quinquagénaire replet traverse le dancefloor avec une lenteur inquiétante, des vikings pogotent dans leurs coins, mais distribuent des coups de coudes, des demoiselles se lâchent sous les piliers de lumière. Un cadre en cravate se fracasse un genou.

ivan smagghe arrive pour clore la nuit et attaque avec une intro particulière, une boucle étouffante, quelques sons bizarres. Très très sombre. Puis il fait monter des titres bien percutants, presque rocks, du punk machiniste qui sent les transistors cramés et l’huile de vidange. Beaucoup mieux que le week-end dernier au Cabaret Sauvage. Je danse en speed malgré un faible taux alcoolémique. Les lumières faiblissent peu à peu changeant la boîte fashion en une sorte de caisson sensoriel grisâtre, dont le plancher est jonché de débris de bouteilles et de paquets de cigarettes mutilés. J’ai trouvé la bonne place, sous la clim’. Une demoiselle passe bientôt, ravagée, bondissante, les seins à l’air. La sécurité déboule et tente de la calmer. DSC00224

Ivan boucle par une cover électro de Memorabilia, d’Adam Ant. Puis on nous met dehors. Il est encore tôt, nous allons prendre un café au Carrousel du Louvre, face à la statue dorée de Jeanne d’Arc.

Discussion avec la clubbeuse de la banquette d’à côté, branchée à son portable, qui nous révèle que Miss Kittin et Cardini sont venues faire un saut à la Scala. Nous quittons les lieux et traversons les arcades de la rue de Rivoli quand, tout à coup, nous tombons sur Jenny et Raja, deux serveuses chocs de la Scala qui nous proposent de poursuivre la nuit au célèbre Rexy Club. DSC00235

Nous allons sagement passer notre tour, cette fois.

Les jeudi et vendredi sont plutôt difficiles, au boulot. Voix cassée de crooner, concentration erratique. Vendredi soir, embuscade au Kata avec mon éditeur. Happy-hour, pintes de blanches et retour cotonneux.

Samedi.

Nuit blanche, restau Kod.ex et la nuit Minus au Nouveau Casino.

On entame par un passage au restaurant « Old Jawad ». Je dévore quelques cailles cuites dans le yaourt. Mon plat ressemble à une fricassée d’Arachnides mais est délicieux. La soirée commence bien. Bons vins, rigolades et concours d’ingestion de Cheese nan.DSC00156 

Mais l’heure tourne et la soirée promettant d’être blindée, nous ne pouvons nous attarder et devons quitter le cercle Kodexien. Après un petit « Paris by Doramobile » au cours duquel nous croisons des gangs tectoniques ou de supporters de l’équipe du XV de France, nous rallions la rue Oberkampf. Il y a des projections spectrales sur le mur qui jouxte le Café Charbon, nuit blanche vidéo, et déjà pas mal de monde devant l’entrée. La magie des pré ventes et l’expérience acquise l’an dernier nous permettent de filtrer rapidement. On retrouve Renaud, Stef, Sarah, Aline et Amar. Déjà c’est la panique au vestiaire. Petit break chill out au Café Charbon où Mattako officie déjà et balance du son qui donne sévèrement envie de bouger.

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Ca se remplit vite et on se rend vers la salle principale pour essayer de trouver une bonne place. Un jeune me fait la bise en me demandant :

-         Comment ça va, mon lapin ?

Je ne sais pas absolument pas de qui il s’agit. Une méprise cocasse ? Un quiproquo ? Ou alors une de ces soirées que ma mémoire a complètement effacée. Un peu plus tard, un autre m’appelle « Monsieur Batofar ». Comme si mon esprit et ma chair étaient désormais liés à la carcasse écarlate du club flottant. DSC00169

L’an dernier, la soirée Minus, c’était carrément l’enfer, chaleur, tassés comme des filets de maquereaux au vin blanc. Cette année, c’est à peine plus espacé. Ambiance lourde alors que Choco nous offre un joli set introductif, pas trop rentre-dedans, plutôt du progressif groovy pas exactement minimal. Alexx comme à son habitude diffuse un son plus carré. A eux deux et malgré un son un peu flottant ils parviennent à faire monter l’ambiance pour GAISER. DSC00212

D’emblée, le blondinet balance une minimale découpée au laser, sèche et ultra efficace avec des pointes deep bien trippantes. Ça remue la foule et nous ondulons dans la masse. Y’a du gros hit chez Gaiser, Withdrawal, Chlorine… Et on commence à bien bouncer.

Véro nous rejoint et galère, pas possible de poser ses affaires, les vestiaires débordent. Le set est excellent, à la fois dansant et mental. J’en oublie les conditions extérieures. J’oublie presque tout, même de boire la dose d’alcool syndicale de tout week end qui se respecte. DSC00224

Aline me fait un coup de calgon, pense que je ne « l’aime pas beaucoup ». Quoi ? Mais… Mais… Enfin ! Bon allez, une tournée de russian big bisous pour tout le monde et c’est reparti pour une plongée vers le dancefloor de la sueur.DSC00249

Alors que Véro nous taquine en nous jetant des glaçons dans nos liquettes et en nous mitraillant avec son appareil photo, Richie Hawtin arrive sous un déluge d’applaudissements ruisselants.

Une fois de plus, la leçon est magistrale. Techno minimale, boucles souterraines, micro house, torsions orientalistes étranges et jazzy. Tout y passe, s’enchaîne avec une facilité qui trouble. Il joue, mixe, triture les hits de ses amis.

Il y a en plus une distance, une sorte d’ironie dans les montées, les contre-pieds élégants. La marque des grands, ceux qui ne tâtonnent plus, ceux qui ont cherché et qui ont trouvé mais ne se figent pas, continuent inlassablement, leur quête sonore. Je croise Damien, Valentine, Sly et autres habitués...

La moiteur est à son comble dans la salle et entre le chapeau que m’a subtilisé Véro, les lustres baroques et la foule massée dans les escaliers, on se croirait à Macao dans les années 30.

Encore une glissade temporelle. Dora également semble être bien partie, tout là haut.

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Le mental prend le dessus sur les sensations la réalité s’altère dans la transe et la fumée des cigarettes. N’étant même pas ivre, c’est encore plus inquiétant au final.

Richie va même nous balancer deux ou trois titres complètement indus qui meulent au-delà de la violence, plongés dans une noirceur extrême et absolue. DSC00227

Je ne sais pas combien dure le set car je suis complètement dedans et même les coups de coude ou autres passages en force de jeunes renifleurs ne parviennent pas à augmenter mon niveau d’hostilité.    

Il faut que MAGDA arrive pour que je retombe quelque peu. Elle reprend une option plus Hip-Hop, presque R’n’B du futur. Un set intéressant mais qui ne tient pas se promesses, se délite assez vite. En outre, Véro a perdu ses clés et papiers et on se lance à leur recherche. Tandis que je scanne, avec la lumière de mon portable, un plancher couvert de bouts de verre et de canettes écrasées, une espagnole me demande si je n’ai pas vu, par hasard, ses lentilles de contact. Bien sûr, on peut toujours rêver.

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L’ambiance retombe assez durement. Odyssée de la lose.

Quelques danseuses de choc ondulent mais déjà les gens se ruent vers le vestiaire.

Nous vidons donc les lieux et allons prendre le métro et quelques cours d’Allemand grâce à Sarah. Nous nous dirigeons vers les Bains Douches pour tester une nouvelle after, lancée par Lizzie, une connaissance du fameux Slow Club. L’after SHEBANG ! Entrée sélect, accueil pro. Un lieu mythique mais très ordonné. Ancien bain douche transformé en boîte de luxe, un bel éclairage, des recoins classieux, de jolis bars. Mais c’est un peu froid, haut de plafond, bizarrement foutu.

Les DJ sont très haut, en frontal face à la piste. Clientèle plutôt masculine, boyz musculeux, torse-poil et quelques clubbeurs, des rescapés du Slow Club. D’ailleurs ou croise Séverine qui prend nos coordonnées et nous dit penser à nous, au moins une fois par semaine. DSC00283

Diantre !

Je retrouve aussi Stephy, l’excellente ex-serveuse du Slow Club et d’autres têtes connues. Matthew Styles fait un set très house avec quelques pointes dark bienvenues mais j’ai un peu de mal à passer du son Minus à ces pulsations housy. DSC00277

Dyed Soundorom qui le relaye ne parvient pas vraiment à me refaire décoller. Il est même un peu en dessous de Styles. Pas trop envie de boire, juste groover doucement, pendant que Véro taquine les colliers des garçons chatouilleux et s’amuse à faire cramer des sucettes sous des boules discos rougeoyantes. Comme nous entamons un débat sur Pete Doherty et My Bloody Valentine, nous décidons qu’il est peut être temps d’émerger des Bain Douches. DSC00287

Véro balance une dernière vanne à Marco Dos Santos qui vient d’arriver au vestiaire et nous échouons quelques minutes plus tard dans la Rue Daguerre, à la « Chope » très exactement, pour boucler la soirée autour d’un café. Nous décortiquons la vie des stars des forums et je fais une promo éhontée pour Serial Industrie et Giscard le Survivant.

Les gens nous regardent en biais. Grosses lunettes, chapeau bicolore et une dernière salutation à un dogue argentin. L’after est finie. Nous sommes Dimanche, il est midi.

Encore en vie. DSC00294         

 

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