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Le Tacot d'Elsa Lambiek sélectionné pour un festival sombre et belge !

http://www.festivaliege.be/fr09/romans.asp

Egalement au menu "outdoor" d'un blogueur fan de JB

http://www.0d.be/2009/03/19/suite-noire/

Terminé la relecture de "GUERRE EN ENFER" en blurb-vision dans le métro. Vu que j'étais mal à l'aise dès que je sentais des regards extérieurs passer au dessus de mon épaule, c'est que le texte doit garder un principe actif assez trash. Les faiblesses sont bien ressorties et quelques passages coincent et ont besoin d'être bossés. Sinon, le texte reste assez problèmatique puisque l'ambiance polar/urbain du Lit de Béton est complètement absente. On lorgne plus vers un film de guerre déviant, une sorte de série Z. Du coup, je ne sais plus trop quoi en faire, malgré une jolie couv' de Marc Lizano. Séance de corrections à venir et seconde présentation à l'éditeur, ou alors... WAR

Sur le grill, reprise de Catégorie 5, faux-thriller/polar/fantastique/road novel sentimental ? Là encore, lecture crash/test dans le métro pour éprouver le texte une 4 ème fois puis expédition aux quelques collections de polars.

Rayon nouvelles, pour Mai, je me focalise sur un thème imposé assez tordu "L'après midi de M". Je pars sur une base assez sombre, ambiance banlieue morose et dissection d'une situation "d'appât".

Maria Sangria dans la lueur des phares.

1.Maquillage (c’est camouflage) Vive la Fête.

Mercredi, juste après le repas. Vite préparé par sa mère, pâtes, tranches de jambon roulées, tomates et yaourt. Vite expédié par Maria aussi. Manger machinalement, la tête ailleurs. Comme hébétée, dans l’attente du prochain MSM de Monsieur.

Elle aida un peu sa mère à nettoyer les assiettes puis se traîna dans sa chambre. Peu et mal dormi la nuit dernière, la Nouvelle Star s’était finie un peu plus tard que prévue et elle avait enchaîné sur Confessions Intimes. Mais le mardi soir, Maria éprouvait toujours des difficultés à sombrer dans le sommeil. La peur et l’excitation du message à venir, le lendemain.

Pas tous les mercredis, non. Encore heureux ! Mais s’il ne la contactait pas au bout de quelques semaines, ça lui manquait. Et pas seulement le fric… Le reste aussi. Même si… Maria s’installa à sa table et tenta de se concentrer sur ses devoirs. Anglais, maths. Mais toujours l’esprit ailleurs. En maraude. Le portable à portée de main. Un Sony Ericsson assez récent décoré avec des autocollants et des petits personnages mangas pendouillant au bout de chaînes argentées. 

Et puis le signal, la sonnerie annonçant un SMS. Elle l’ouvrit directement. Pas de nom d’expéditeur, juste la lettre M. C’était bien suffisant.

Cet AM, vers 15 heures, centre commercial, Miniprix, puis bâtiment en H10, sous-sol, cave 112.

Elle nota les informations sur un bout de papier et détruisit directement le message. Elle remisa ensuite ses devoirs et sortit consciencieusement le plan de la ville. H10. Une barre d’immeubles abandonnés, juste avant leur démolition, prévue dans quelques semaines. Elle avait visualisé l’endroit. De l’entrée, sa mère lui annonça qu’elle sortait, shopping sur Paris. Maria répliqua qu’elle aussi avait des courses à faire, des fournitures pour l’école et qu’après, peut-être, elle passerait chez Carole.

Quand la porte eut claqué, Maria quitta son bureau et se glissa sous son lit, à la recherche de sa boîte. Toute simple, rose, remplie de secrets de fille, carnets, lettres et mots échangés entre copines. Elle retira les premières couches de papier pour récupérer son nécessaire à maquillage. Un rouge à lèvre assez sombre, une crème, du mascara. Que des marques de luxe. Le top du top ! Même sa mère ne possédait pas de tels trésors.

Elle remit la boîte à sa place et se rendit à la salle de bain. Elle assombrit son regard, ensanglanta ses lèvres, passa une couche de paillettes sur sa peau puis se coiffa. Plus vraiment gamine. Créature hybride, un peu sombre, jeunesse trafiquée. C’était ce qui marchait le mieux. Elle en avait l’expérience maintenant.

Pour les habits, c’était moins difficile, elle piquait juste un chemisier à sa grande sœur et mettait sa chemise à carreaux, manches bouffantes, dessus. Une jupe écossaise, des chaussettes mi-bas et ça l’effectuait ! Les mecs étaient pas si compliqués dans le fond. En particulier les vieux.

A suivre