Le Blogueur devant le Seuil

Textes en cours / projets divers

23 juin 2009

Quelques lectures S-F

Quelques lectures S-F cyborg3lk9

Le goût de l’immortalité : Catherine Dufour.

IMMOR

Dans un futur lointain, 2304, une fillette immortelle se rappelle de son passé.

A noter pas mal de circonvolutions pour amener le récit, ou plutôt les deux récits, puisqu’on passe par un filtre épistolaire et qu’au passage on découvre le monde futur, extrapolation plutôt sombre du nôtre (fanatisme, pandémies etc…). On peut également ajouter un troisième récit, qui surplomberait le tout et serait tout simplement l’histoire de la narratrice, à la fois enfant et morte vivante.

Le premier récit est en quelque sorte la bio d’un dénommé Cmatic (sans doute clin d’œil Rock’N’Roule à l’ancien groupe d’arno, TCmatic), pur héros masculin à la fois idéalisé et mis à nu par la narratrice. Cmatic en effet ne capte rien à ce qu’il lui arrive malgré son bagage de scienteux/investigateur et devient rapidement victime de la sorcière qui a déjà zombifié la narratrice. Mais leur état similaire ne va pas réellement les rapprocher.

Le second récit, celui de Cheng, une survivante des années d’apocalypse antérieures est amené au détour d’une conversation. Procédé assez fascinant, prélude à la partie la plus intéressante du bouquin, pour ma part. Le traitement est nouveau, tant du côté du point de vue (une sorte de résignation violente), brutal sans être complaisant et très sexuel sans être excitant l’espace d’une seule ligne.

Réussite totale, brassant l’anticipation positive (Cmatic) et négative (Cheng), le tout dans une belle écriture qui sent la sueur et un univers bien solide et cohérent. Seul « l’enrobage » du départ et la résolution de l’intrigue principale « on bute la méchante sorcière» m’ont moins convaincus mais le Goût recèle de sublimes paragraphes et son art du contre-pied permanent m’a vraiment emporté.

La horde du Contrevent : Alain Damasio la_horde

Sur une planète battue par des vents violents, une horde tente de remonter jusqu’à la source des vents. On pourrait résumer le pitch en un mélange entre DUNE, Première de cordée et Vertical Limit avec un soupçon de Gene Wolfe pour l’aspect fantasy baroque de la Horde. Soyons direct, il s’agit là du plus important bouquin de SF qui me soit tombé entre les griffes depuis des années. Paradoxalement, les tics « expérimentaux » de l’auteur sont emportés par un vrai sens de l’aventure baroque et de l’énorme qui parfois confère au shonen, les bastons et duels en particulier.

Damasio tente en effet de faire parler chaque membre de la horde, indiqué par un symbole en tête de chapitre. Ca se tient au départ, puis bien évidemment, la voix de l’auteur finit par supplanter celle des personnages. D’ailleurs bien vite, le chœur de la horde se résume à une sorte de bio de Golgoth (le chef) vu par Caracole (Le barde). Le livre n’est pas exempt de défauts, passages un peu grotesques (la scène de sexe en particulier, pensée sans doute comme rabelaisienne mais ratée), la joute d’insultes (idée excellente mais des mots choisis dans notre propre vocabulaire) etc… Mais la Horde (le livre) fait bloc au vent de ses propres faiblesses. Ce livre possède un souffle épique rare et reste passionnant pratiquement jusqu’à la fin. Certes les 100 dernières pages traînent un peu dans une surenchère d’effets aéro/volcaniques, mais ça reste un vrai livre d’aventures porté par une ambition stylistique qui se ramasse parfois mais ne fléchit pas. Texte à mon sens unique, peut-être même non « reproductible».

L’Usage des Armes

L’homme des Jeux

Une Forme de Guerre : Ian M Banks

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Allez, j’ai également décidé de me frotter au cycle fleuve et pan galactique de Banks, à savoir la « Culture ». J’ai découvert Banks à la fin 80’s avec son étrange « Seigneur des guêpes » puis l’expérimental/pop « EntreFer » relu récemment. Pour bien faire les choses, j’ai décidé de les lire dans l’ordre de parution en France. La « Culture » c’est cette société pan galactique donc, ultra puissante, anarchiste, interventionniste, à la fois politiquement correcte mais capable de vitrifier des systèmes entiers qui base sa puissance presque infinie sur des machines autonomes (les Drones et les Mentaux), des vaisseaux gigantesques

Commençons par l’Usage des Armes, donc.

Soit l’histoire d’un Agent Spécial de la Culture, ancien « barbare » d’un monde primitif génotransformé en super/soldat/espion/tueur. Un peu James Bond dans un univers de Space Opéra. Quoique assez vite on se rapproche d’un Ludlum car les choses sont loin d’être manichéennes dans l’espace de la Culture. Très bien écrit, prenant de bout en bout, avec même un twist final assez marquant et surtout très drôle. L’ironie froide très anglaise (ou écossaise plutôt pour Banks) fait de ce cycle fleuve et SF une œuvre à part à ranger en effet au côté des sagas classique. En quelque sorte, j’y ai trouvé un écho à Farmer, sens de la dérision, de la démesure et un art consommé de l’aventure, de l’action, le tout poussé par un esprit délicieusement pervers voire subversif.

L’homme des Jeux, relate le parcours d’un grand Joueur de la Culture poussé à disputer une partie sur la planète mère d’un empire opposé à la Culture. Encore un très bon livre, réflexion sur une forme de pouvoir, moins action/baston que les autres volumes. Le personnage principal est en effet une sorte de gentleman un peu ancien et hautain. Tension constante. Pas loin d’un texte comme l’Empereur Dieu de Dune.

Une Forme de Guerre est un peu en dessous des deux autres textes mais est en vérité le premier volume de la Culture. Il a été écrit en 1987, ce qui explique sans doute son côté un peu plus « Old School ». Du coup, j’ai moins apprécié. Le scénario ressemble à un script de luxe pour Star Trek et les réactions des protagonistes restent encore un peu mélo. C’est d’ailleurs l’unique bémol dans ces trois lectures qui entament le cycle, ce côté parfois trop « actuel » de certains personnages et le rôle un peu trop prévisible (mais hilarant)  des drones qui perpétuent le côté machines/décalées qui hantent la SF de Robby le robot jusqu’à C3PO.

Je me demande d’ailleurs si la « Culture » n’est pas l’inspiration directe des TAU de Warhammer 40k ? Une caste

d’intellos supérieurs, des drones, une technologie avancée…  

TAU TAU_2

A travers ces trois univers, on assiste d’abord à un démontage en règle de la figure du « héros », que se soit par le morcellement des points de vue (La Horde), l’angle de l’écrivain (Le goût) ou l’humour grinçant (La culture). Finis les messies !

Ensuite, les trois englobent, critiquent, flirtent, jouent avec ce qui reste du cadavre de l’anticipation populaire.

Ce qui m’a ramené à ma propre tentative de SF, en gros reprise de mes lectures de fan de la fin des années 80 début 90, post Gibson donc mais avec un lourd passif FNA. Texte au final bien à l’ouest des réalités de la SF actuelle, fond et forme. Je vais sans doute balancer le premier volume en gratos soit en mobipocket soit sur un site (encore secret…).

Pour info, je serais au festival d’Eaubonne, ce dimanche 28 juin, pour des rencontres/débats apéros sous un fond sonore jazzy.

http://www.ulysseleblog.org/

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Le programme du 28 juin (14h – 19h) :

14h30 Débat : Qui sont les héros de polar ?

15h45 Quiz musical avec Eaubonne Jazz Des livres à gagner !

16h45 Débat : Comment parler des dysfonctionnements de la société d’aujourd’hui dans un polar ?

Auteurs présents : Antoine Blocier, Jacques Bullot, Laurent Fétis, Pierre Filoche, Nicolas Jaillet, Francis Politzer, Jean-Jacques Reboux, Roland Sadaune Les auteurs participeront aux débats et dédicaceront leurs livres.

Expo de peinture : portraits d’auteurs par R. Sadaune

Bar et restauration légère sur place

Illustration du titre par Yoann Bourreau   

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14 juin 2009

Clubbing en février

Février en quelques fragments DSC00574

Certains mois sont plus erratiques. Février en fragments. Raté pas mal de soirées et effectué plus de virées improvisées, des nuits à rallonges, des translations, des changements de cap. Retour dans la carcasse rouge du Batofar également avec les 10 ans du rafiot vénérable qui nous a offert de superbes plateaux.

DSC00517 Commençons le 08/02 avec la soirée Imbroglio#3. Toujours de bonnes sélections, entre house, minimale et cette autre branche de la house qui émerge, entre le funk et le rap mais enrobé d’une belle électro saturée. Ce soir, l’invité d’honneur est le duo SPIRIT CATCHER, des belges qui travaillent à bricoler le funk dans un exosquelette futuriste.

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TIBO’Z, le résident lance la soirée avec ses CDR. Mode tranquille ce soir, un peu touriste mais ça permet de s’imbiber doucement. LLORCA prend la suite et même si son set est légèrement en-dessous du dernier, il a le mérite d’attirer quelques danseurs dévissés sur la piste. Une house un peu old school mais solide, bien plantée dans ses basses et ses percus. DSC00528

On monte ensuite en puissance avec SPIRIT CATCHER, dégaine de rapper white trash ou égaré du Dirty South et un son étonnant, très funkoïde, bien happy et dansant. Eclats de paillette, tourbillons soniques qui te font monter vers des galaxies que n’aurait pas reniées un Bootsy Collins en mode cyborg. Le tout est tenu par une hargne techno assez jouissive. Comme si le son de la Hague s’était allié au funk américain de la grande époque. Très long set, physique, engagé et hilare. On écarte un peu les ambiances sombres et plombées. DSC00548

TIBO’Z revient ensuite pour finir la nuit, un peu de house avant de rentrer dans son autre maison. Ne pas oublier les conseils de survie de base « party hard but don’t forget to go home ». After en famille, fin de week end, au palais de la découverte, entre gorilles et parfums DSC00550

Ce lundi, invitation à la Cité des Sciences pour une expo Polar/police Scientifique. Retrouvailles avec J.J Reboux, Raynal, Pouy et bande de polardeux. Cocktail pour l’élite, sans alcool, police et gendarmerie oblige. Salade de lentilles dans des boîtes de Piétri et une boutanche de rhum amenée en clandé pour imbiber les polardeux. Je la termine avec Oppel en devisant de films de série B ou Z. Par la même nous faisons un outing commun sur notre passion coupable envers « Waterworld » de Kevin Costner, film post-apo aquatique injustement descendu !  DSC00555

Le 14/02 en route pour une soirée « une décade au Bato » pour fêter les dix ans du navire avec MONOLAKE, DJ PETE et Alex et Choco pour encadrer les deux stars. On attaque fort avec Stef, Seb et Nolwenn, black russian pour les uns, simple red bull pour ceux qui tentent la détox. Set qui arrache un peu pour Alex et Choco, entre raideur et mollesse. Enquillage alcoolisé à grande vitesse, batailles de tournées, dosage à volonté. DSC00560

Lorsque MONOLAKE commence, j’oscille déjà. Une belle électro chtonienne et froide, profonde et basse. Pas vraiment funky, mais furieusement mentale. Entre l’ambiant glaçant et la minimale sans concession. Je traverse les nappes musicales comme dans un rêve. Vers la fin, il est vrai que ça tabasse un peu plus. Mais bon, je n’ai pas ressenti le frisson légendaire. Juste un très bon set.

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Le VJ m’hypnotise ce soir et je rencontre un pauvre verre esseulé dans les toilettes, plein, un vrai crime ! Incorporation de la mixture au Black Russian et je retourne voir DJ PETE alias Sustance, alias une foule de projets. Plus house et plus bondissant, bien festif et robotique mais déjà mon sens critique se désagrège sous les effets des alcools mélangés. Lâchage intégral à travers la brume, les strobos, les regards de cyclope rougeoyants et la musique électronique. Pour la discussion, je dois être en mode « repeat » sans vraiment m’en rendre compte. DSC00625

Passage backstage qui ne me laisse aucun souvenir sauf une vision d’un DJ en transversale.

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Sans trop savoir comment, je me retrouve dans un tacot avec le reste de la bande. Direction le Jet Club… peut-être ? Fin de  nuit à l’anglaise, du plaisir, de la rigolade, mais une mémoire vide, blanche, atone. Je shoote mon ticket de vestiaire pour éviter la même déconvenue que la fois dernière. Singulier réflexe de survie nocturne. La foule, une techno pas innovante mais qui bastonne. Quelques lumières, juste le son, le corps qui résonne, tout disparaît, obscurité et brouillard mental.

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Une ultime vodka/pomme et je remonte soudain. Perdu. Je fais alors face à ce panneau. Il n’y a pas de demi-tour possible ! En effet ! DSC00649

17/02, sortir ou mater REANIMATOR 3 ? J’opte pour le DVD et suis très déçu. DSC00652

18/02, le Rex, mais un mercredi en journée et en famille, pour voir Dothy et le Magicien d’Oz, pas mal… DSC00654

19/02, il me tarde d’aller groover à nouveau, cette fois en mode moins altéré que le dernier week end. Je commence par un restau Thaï puis Bato far pour la BLEEP PARTY qui propose PLAID/TIM EXILE. Début de soirée 21 heures, costard cravate après le taf. Je capte Stef au comptoir et les bonnes résolutions sont atomisées en deux tournées. DSC00656

Hudson Mohawke, n’est pas venu semble-t-il mais un DJ rap/dub le remplace assez bien au pied levé. Vraiment une bonne petite intro. DSC00662

Puis voici TIM EXILE, nouvelle coqueluche électro/disco. Ca attaque plutôt bien, voix haut-perché, bruitages bouches et delays pour une électro qui meule et une vraie folie dans les textes SF/noirs entre décadence, discomobile et une ambiance Peter Clowes/Lynch. J’aime beaucoup les 4 premiers titres puis ensuite, le soufflé retombe un peu. Bien vu la techno organique homme orchestre mais si on vire ce petit truc, on se prend les pieds dans une pop électro bricolée mais peu inventive. Mais quand il fait monter une charmante demoiselle pour trafiquer sa voix, ça coince. Du truc, de l’épate. Pas beaucoup de corps derrière. Too much, too soon ? Possible ? DSC00673

Changement radical avec PLAID, groupe antique de chez WARP qui va, en quelque sorte, s’imposer avec une force tranquille. Electro pop, planante. Le vrai cœur des années 90’s mais encore vert, ni parodique ni bloqué. Longues nappes, petites compos enfantines et flippantes, un registre étendu pour des compos assez fines et totalement maîtrisées. Du coup, on monte bien et pas trop envie de terminer la soirée.DSC00678

Du coup, escale chez Vivi et Roxanne pour écluser quelques verres de rouge et choisir notre prochaine destination sous le regard torve du Marsupilami. DSC00694

Pourquoi pas l’hôtel des Sens, rade échangiste mais aussi boîte électro minimale de temps à autre. Oui pourquoi pas ? Paris, taxi de nuit et arrivée à l’hôtel. Lieu assez étroit et vertical, tout en hauteur, escaliers et petites salles intimes. Dancefloor réduit et une musique trop faible. Un verre, quelques discussions et on finit par s’arracher en compagnie de Fabienne, peut-être…DSC00697

Direction le REX, nous sommes en quête de son et JOSH WINK se produit dans le club du boulevard Poissonnière ce soir. Ultime taxi, entrée gratuite et je retrouve Milla, fidèle au poste. Vanne syndicale sur mon look salarié et quelques pipettes de Jager avant d’aller groover dans les lumières. DSC00698

En vieux roublard Josh balance une techno old school superbement efficace. L’idéal pour finir la nuit. Une bande de djeunes m’embarquent dans leur sarabande rigolote.DSC00713

Je file un exemplaire du « Tacot d’Elsa » à Milla et je dois me sauver, je bosse d’ici quelques heures. Dernière vision, à quai.

Voyage au pays de la Jager.

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http://www.myspace.com/spiritcatcher1

http://www.myspace.com/monolakemusic

Posté par kether à 18:48 - Reviews nocturnes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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