Le Blogueur devant le Seuil

Textes en cours / projets divers

15 août 2009

Club Van Helsing part 6

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« Mon prince est à nouveau en télécommunication. J'apprends qu'il est blessé au genou. Un grand garçon fort et vulnérable. Je suis prête à me soumettre à sa domination. Je ne déprimerai pas. Mon prince charmant restera inaccessible et beau. Moi, je reste ridicule.
Le train s'arrête. Mon prince descend et disparaît sur le quai. Tant mieux. »
 

Inferna K / Internet / France 

QUATRE

Dernier métro, ultime tour de piste.

Seul dans mon wagon, je lisais le Sun, au cas où un journaleux se fut risqué à donner des nouvelles informations sur l’hécatombe de la Circle Line. Je ne comprenais pas ce manque d’éléments à mon sujet.

J’avais versé mon sang, mon sperme étrange, ma salive sur chacune de mes amourettes. Mais aucun article n’y faisait référence. Les journaux se contentaient de mettre les femmes seules en garde. On conseillait de se déplacer en groupe, de ne pas faire confiance aux inconnus, de signaler tout individu bizarre ou décalé. La psychose permit d’appréhender quelques taulards en cavale, un violeur récidiviste et d’empêcher un attentat à la bombe incendiaire.

Mais cela ne m’arrêta pas. Le « tueur du cercle jaune » continuait son œuvre, insaisissable. Pourtant, j’avais déjà croisé des patrouilles policières mais ma bonne bouille me permettait toujours d’échapper au filet sécuritaire. Délit de belle gueule. Pas une tronche de coupable ni d’assassin. Les bobbies me trouvaient quelconque, translucide, les policières étaient sous mon charme et m’importunaient seulement pour me demander mon numéro de téléphone ou m’inviter à prendre un verre, après leur service.

J’avais ainsi suivi l’officier Sharon Nivsky jusque chez elle. Quelques verres, un flirt léger puis nous avions discuté de mon propre cas. Ce fameux tueur de la Circle Line. La grande discussion à la mode. Le sperme récolté en abondance ne correspondait à rien et les enquêteurs penchaient pour un liquide artificiel, un dérivé d’un acide basique renfermant des spores d’origine inconnue. Une unité spéciale du M.I.6 avait été appelée en renfort sur cette affaire mais pour le moment avait été aussi peu efficace que les agents de terrain. Elle en eut vite marre de parler boulot et me fit taire en me donnant un baiser dévorant.

Je l’assassinai au petit matin, en me servant de son arme de service. Canon posé contre ses lèvres endormies.

Je reposai le journal et remarquai l’homme, juste à l’autre bout, assis. Il était entré par le wagon précédent, sans bruit. Assez âgé, taille moyenne, d’une maigreur et d’une saleté extrême. Il portait une paire de lunettes de tir aux larges verres jaunes, une casquette de base-ball noire, un treillis, des bottes de l’armée et une veste rayée, grise et blanche. Mains croisées, il semblait sourire à son propre reflet. Je notai que sa main droite était couverte d’un gant noir et semblait raide, comme artificielle. La rame stoppa à Kensington et je me levai d’un bond pour rejoindre la sortie. L’homme fit de même et toucha le bord de sa casquette en accentuant un sourire figé. Comme pour m’adresser une salutation entendue.

Je ne répliquai pas et augmentai ma foulée sur le quai désert. Mon poursuivant m’emboîta le pas mais sans forcer, en petite foulée. J’eus une attaque de panique. Cet homme à l’allure de clochard me voyait ! Il m’avait sans doute identifié comme un extraordinaire depuis plusieurs semaines et s’était lancé sur mes traces.

Alors que je jaillissais dans Kensington, je bousculai une jeune femme corpulente, en uniforme du Macdo. Sa masse me déséquilibra et je tombai durement sur le trottoir, genou en avant. Prévenante, elle me releva et tout en maintenant son étreinte manuelle me dit :

      ¾ Hooo, jeune homme, je suis sincèrement désolée ! Vous n’êtes pas blessé au moins ?

Elle ne voulait pas me lâcher alors que je frottais mon articulation contusionnée. L’homme à la casquette et à la main raide sortait tranquillement de la bouche de métro.

    Lâchez moi, Madame ! S’il vous plaît !

    Donnez au moins un nom…

Je la repoussai en hurlant :

¾        Foutez moi la paix !

J’avais plutôt envie de la prendre dans les bras de lui offrir sa dernière nuit d’amour, mais celui qui me traquait apparut bientôt derrière l’épaule de la jeune femme. Sa peau brune semblait tendue sur ses os, transformant son sourire en un rictus d’ivoire. Il porta la main à la poche interne de sa veste répugnante et se mit à fouiller dans ses poches. Je parvins à reculer et à quitter la jeune femme. Je me lançai dans un sprint éperdu à travers les rues vides. Je remontai la grande avenue puis tournai peu après Citibank, empruntant une ruelle résidentielle. De jolies maisons blanches, de grands jardins, des arbres plantés à côté des grandes poubelles.

Fuite effrayée du Prince Charmant à travers la nuit tranquille du Londres aisé. Je pris des ruelles au hasard, me retournant de temps à autre, sans jamais repérer mon poursuivant. Alors je ralentis pour enfin reprendre mon souffle en m’appuyant contre un arbre vérolé par la pollution.

L’homme à la casquette jaillit soudainement à quelques mètres devant moi. Apparition effrayante. Masque hideux et ricanant. Dans sa main gantée, il tenait avec difficulté un jeu de cartes tandis que de la gauche, il serrait le manche d’un grand couteau de plongée, à la lame dentée et étincelante. De sa voix éraillée, il m’annonça :

      ¾ Maintenant, Andrew, tu vas me suivre sans faire de problème.

      ¾ Qui êtes vous ? Un gars à la solde de Barnum ?

      ¾ Les présentations sont inutiles, monsieur et non, je ne suis pas affilié à Barnum et à son cirque des Monstruosités. Au contraire, même. D’une certaine façon, je suis un de ses adversaires.

      ¾ Ecoutez, j’ai un peu d’argent sur moi. Je vous donne tout ce que j’ai et vous me laissez filer. Je ne suis pas avec eux

¾        Vous êtes l’un des leurs pourtant. Un extraordinaire, un fabuleux, un mythe incarné

dans le réel. Certes, vous n’avez pas l’aspect habituel des extraordinaires mais un monstre reste un monstre.

Je levai un poing et effectuai un pas dans la direction de mon agresseur.

      ¾ Je vous interdis de…

Accentuant son sourire jusqu’à la limite de la douleur, l’homme à la casquette répliqua :

      ¾ Je vous ai suivi, Andrew, dans vos pérégrinations dans les coursives du métro et dans les rues de la ville. De parcs en palaces, clubs huppés ou supermarchés du coin. Combien de femmes massacrées ? 12 ? 25. J’avoue ne pas avoir tenu de compte précis. Vous êtes fuyant et rapide. Dujr à suivre, dur à attraper.

Hystérique, je répliquai :

      ¾ Pourquoi ne pas m’avoir arrêté, alors ? 

     ¾ Parce que cette fois, je suis sous contrat, mon cher. On m’a payé pour vous retrouver. Ce ne fut pas chose facile mais ma commanditaire m’avait fait un portrait assez saisissant de votre physique particulier et de vos dons. Ajouté à mes nombreux contacts dans le Tube et après quelques jours de traque, j’ai réussi à vous pister. Votre changement de visage après le crime de la clocharde du parc a bien failli m’abuser, mais vous n’auriez pas dû garder les mêmes vêtements. Une erreur grossière.

Je regardai les alentours. Rue déserte. Pas une seule voiture. Maisons endormies. Juste un éclairage jaune/orange et quelques chats qui se baladaient dans les jardins. Mon adversaire ne semblait pas particulière fort, ni rapide mais il tenait le jeu de carte et sa lame avec une telle assurance, que mes pieds semblaient collés au trottoir.

Je me demandai si mes capacités de cicatrisation me permettraient de survivre à un coup de couteau direct, par exemple. Mon agresseur jeta alors son paquet de carte en l’air et dégaina un téléphone portable de la poche de sa veste. Avant que les cartes ne retombent autour de moi, il avait déjà composé un numéro et annonçait :

      ¾ Je le tiens. Vous pouvez venir.

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Il me tint sous la menace de sa lame jusqu’à l’arrivée de sa commanditaire. L’odeur de mon gardien était atroce, mélange de viande sale et de sueur glacée. Sa patronne débarqua au volant d’une Vauxhall Antara, noire et compacte. Elle gara le 4x4 sur le bord du trottoir et descendit. Bottes, manteau et toque rouges. Cheveux roux en cascade et un regard en téflon. Ginger Meltz. Un étrange frisson s’empara de moi. Un puissant sentiment de répulsion mêlé d’une peur incontrôlable. Elle se planta devant moi, hautaine, bras croisés.

      ¾ Je te l’avais bien dit, Andrew. Si tu me quittes, je te traquerais !

      ¾ Qui est-ce ? Ton chien d’attaque, là ?

      ¾ Lachlan Forrow, troisième du nom. J’ai trouvé son nom et ses coordonnées dans tes papiers. Un ancien millionnaire reconverti dans la chasse aux monstres qui vit désormais dans le métro londonien et commande une véritable petite armée d’indics et de petits truands.

Le prénommé Forrow grinça des dents mais ne relâcha pas son attention. Ginger haussa les épaules et poursuivit sa tirade vengeresse :

      ¾ J’ai épluché tes documents, j’ai fait mes recherches, j’ai contacté mes amies qui gravitent dans les hauts lieux de la finance et j’ai trouvé ce cher Lachlan. Vois-tu, son boulot c’est de chasser les gens dans ton genre… Et de les éliminer, le plus rapidement possible. Enfin, son boulot, chez lui c’est plutôt une quête, une mission… En bref, tu as saisi le topo… Maintenant tu montes à l’arrière avec Lachlan et on va faire un tour.

Tremblant, je m’exécutai et Ginger démarra après s’être allumée une cigarette. Elle effectua un demi-tour et remonta vers le nord du quartier, en direction d’Holland Road. Forrow avait posé la pointe de sa lame sur mon rein droit. Après quelques détours, nous arrivâmes devant le numéro 144 qui ressemblait à une maison abandonnée. Ginger se gara et ils m’amenèrent dans la baraque.

Une porte rouge et cloquée, un couloir interminable, les halos des ampoules nues qui se balançaient sur notre passage et une pièce avec une chaise et des menottes. Ginger me fit asseoir et fit signe à Forrow de s’écarter. Ce dernier renâcla.

      ¾ Vous ne devriez pas, Ginger.

      ¾ Lachlan, c’est moi qui paye, c’est moi qui dicte les règles du jeu. Allez attendre dans la pièce d’à côté !

      ¾ Je les connais, vous savez, tous les Freaks. Tous les mêmes, à vous apitoyer avec leurs grands yeux ou leur beauté monstrueuse et dès que vous baissez la garde, ils vous arrachent la main, des bouts de visage ou votre cœur. C’est une guerre, mademoiselle Meltz ! Elle est secrète, pratiquement invisible mais l’enjeu est notre survie. Celle de l’humanité. Mettez-lui au moins les chaînes aux chevilles et les menottes. 

Le chasseur resta immobile, à toiser sa cliente. Ginger se baissa et m’entrava les mollets ainsi que la main gauche. Forrow cura ses dents pourries à l’aide de sa lame, cracha sur les lattes disjointes du plancher mais au final, obéit à sa commanditaire et nous laissa.

Dès qu’il fut sorti, Ginger se tourna vers moi avec un regard énamouré. Elle était encore accro. Furieuse, dévorée par des désirs homicides mais toujours amoureuse de son foutu Prince Charmant.

      ¾ Andrew, je suis prête à te pardonner, tu sais. Les meurtres, ta fuite, tout.

En sa présence, j’étais pris de tremblements, une sueur me coulait le long du torse. Elle me répugnait, j’en avais fini avec elle. Bien qu’elle tînt mon existence dans ses charmantes petites mains, je ne désirais qu’une chose, la fuir. Je dus me mordre les joues pour ne pas lui hurler de me laisser tranquille et lui vomir tout le dégoût qu’elle m’inspirait.

      ¾ Andrew, parle-moi ! Dis moi quelque chose ! Morrow est juste à côté. Je vais te révéler son surnom « Skinner », l’Ecorcheur. J’ai vu les peaux de vampires et de lycans pendues dans son antre du métro, les crânes monstrueux évidés et nettoyés, les griffes empilées. Sauve ta vie, Andrew, sauvons notre amour ! Même si c’est un mensonge, un joli mensonge, quelques paroles douces pour sauver ta peau !

Mais je ne pouvais rien dire. Les spasmes me reprirent, la présence de Ginger m’était intolérable. Elle recula, les larmes aux yeux et ouvrit un grand carnet devant moi. Elle le posa sur la table et me donna un crayon.

      ¾ Si tu ne peux pas parler, si tu n’oses pas le dire, alors écris le ! Mais agis !

Ma main libre s’était refermée sur le stylo et j’étais déjà en train d’écrire :

JOURNAL D’UN PRINCE CHARMANT

Avec horreur, je me vis rédiger mes déboires depuis ma virée au Clockwork Orange. Je ne reconnaissais pas mon écriture même si les phrases me semblaient justes.

Totale confession exécutée contre ma volonté.

Je savais que la vérité que j’inscrivais fiévreusement sur le carnet allait me coûter la vie…. Ginger n’allait pas supporter mes révélations…

Le stylo semblait agité d’une vie propre.

Je me lisais dans un effroi absolu.

Le commencement.

Le point de rupture, le moment où tout a basculé.

Je m’en souviens assez mal, à vrai dire. Une soirée, un afterwork, avec les gars…

Maintenant II

Van Helsing ferma doucement le carnet et, tout en retournant dans la pièce dans laquelle Andy Chalmers avait été entravé, sortit son téléphone portable. Il appela James Citrin qui fut réveillé en sursaut. Depuis sa confrontation avec Barnum, le maître du Club avait quelque peu réduit son implication dans les actions contre les Freaks et le mercenaire pouvait s’offrir des nuits de sommeil complètes. Mais pas cette fois…

      ¾ Citrin ! Il me faut une équipe sur site. 144 Holland Road. Le plus vite possible.

      ¾ Support ? Puissance de feu requise ?

      ¾ Pas la peine de sortir les lance-flammes, juste l’armement de base. Je veux une équipe scientifique, investigations, bio-gen et aussi quelques gars pour des opérations de nettoyage. Du léger. Ah ! Si Senoufo est encore dans les parages et s’il n’a pas rejoint sa coquille de noix, amenez-le avec vous ! Nous avons trouvé le tueur de la Circle Line.

Le professeur coupa la communication et, tout en observant une fois de plus les traces sanglantes qui maculaient les murs, il repensa à Lachlan Forrow. Son ancien ami avait poursuivit le combat contre les Freaks après sa blessure face à la Lamie. Mais sur un autre terrain. Au cœur de Londres, caché dans les méandres du métro, vivant avec les gueux et les nécessiteux, refusant les facilités technologiques. Son couteau, son instinct de chasseur et ses cartes à jouer, juste ça pour affronter Lycans en fuite ou vampires renégats. Lachlan avait légué sa fortune à diverses associations caritives et s’était coupé du monde pour mener un combat plus prêt du terrain, en contact avec la misère, la crasse, la folie.

Selon les rumeurs, il dépeçait ses proies et conservait les peaux et fourrures dans une pièce secrète du métro londonien. Selon les rapports ddu M.I.6, Forrow avait conclu un accord avec la direction du Tube. Ils toléraient sa présence et en échange, il s’occupait de tous les nuisibles.

L’équipe arriva alors, Citrin et Senoufo en tête. James avait encore l’air ensommeillé et ne cessait de grommeler tandis que le harponneur semblait sur le pied de guerre, habillé de pied en cap en tenue de marin, son fidèle harpon rangé dans un sac de golf en dacron. L’équipe de nettoyage ramassa du sang coagulé, des parcelles d’os, des lambeaux de chair tandis que Citrin promenait un détecteur de Téragène sur les murs. La petite machine ne cessa de pépier. Saturation totale.

Le mercenaire posa un microscope électronique sur la table et effectua une série d’analyse primaire. Il reconnut les molécules presque instantanément et ne peut retenir un juron :

      ¾ Bordel de merde ! Pas de doute. Téragène supérieur, enrichi à l’uranium.

      ¾ Quel type ?

Citrin eut un regard pour le grand baleinier et révéla :

      ¾ Un dérivé du principe actif de Morphée. Mais totalement charnel, cette fois. Pas de structure éthérée ou hallucinatoire.

Hugo reprit le journal et tout en le tapotant contre son poitrail, se mit à arpenter la pièce. Ayant perçu le nom de Morphée, Senoufo s’était paré d’un masque de dégoût. Van Helsing n’avait pas intérêt à se servir de lui une seconde fois pour vaincre le maître des illusions sentimentales et du désespoir amoureux. L’un des chercheurs de l’équipe annonça alors d’un ton voilé :

      ¾ Il y a autre chose, mesdames et messieurs…

      ¾ Parlez donc, Jamie, le temps joue contre nous dans cette affaire.

      ¾ Malgré les litres de sang, présent ici et là, les ossements, les traces… Il n’y a pas de doute. Nous sommes en présence d’un seul et unique organisme qui…

Senoufo tonna d’une voix de stentor :

      ¾ C’est ridicule, jeune homme !

      ¾ Laissez le terminer Senoufo ! Le coupa sèchement Hugo en rouvrant le journal tragique d’Andy Chalmers. Le baleinier se renfrogna et s’écarta du groupe pendant que le jeune chercheur terminait.

      ¾ Un seul organisme donc. Qui a du être frappé tout d’abord ici, à coups de lame, sans doute. Sur cette chaise, puis il a réussi à se dégager des menottes, en y laissait beaucoup de chair et de peau. Regardez, on peut suivre sa trace, là, là et encore ici. Tout au long de sa progression, on s’est acharné sur lui, couteau et une masse peut-être mais il a continué à avancer, jusqu’au couloir, puis il est descendu au premier avant de s’enfuir. Dan et ses gars suivent la trace.

Citrin intervint :

      ¾ Je ne savais pas que le principe de Morphée pouvait créer de tels êtres.

    ¾ Moi non plus… On dirait que Barnum veut accélérer le mouvement. Il a créé une incarnation du Prince Charmant. Un être qui séduit comme nous respirons et dont le but semble être de copuler avec le plus de femmes fécondables possibles. Une créature qui semble dotée d’une capacité de régénération totale. Sa fonction est évidente, c’est un reproducteur. Un étalon à Freaks.

      ¾ Attendez, Professeur. Si cette chose est bien le tueur de la Circle Line pourquoi est-ce qu’elle massacre les femmes après l’acte ?

      ¾ Peut-être tout simplement parce que ses rejetons n’ont pas nécessairement besoin d’une matrice vivante pour se développer. Citrin ! Appelez vite Tompkins au M.I.6 et dîtes lui d’incinérer toutes les victimes du tueur. Evitons de nous retrouver avec une portée de bébés zombies sur les bras.

Nauséeux, n’y tenant plus, Senofou quitta la pièce pendant que Citrin passait son appel. Le Professeur, quant à lui, s’était écarté et tenta d’appeler Ginger Meltz au numéro qu’elle lui avait laissé sur la carte à jouer. Ce fut la voix éraillée de Lachlan Forrow qui répondit. Hugo n’en fut pas vraiment surpris :

      ¾ Bonsoir Sir Forrow.

      ¾ Helsing ? Vous avez tardé.

      ¾ Désolé, on m’avait laissé un document à lire. Un peu longuet mais très instructif.

      ¾ Vous m’appelez pour combler les trous ?

      ¾ Je n’ai pas le temps d’être cassant avec vous, Lachlan. Nous avons un problème sur les bras.

Lachlan Forrow fit un silence puis relata, dans le détail, les évènements du 144 Holland Road. Après qu’Andy Chalmers eut terminé sa confession, Ginger était revenue lire le cahier. Quand elle eut reposé le journal de son ancien amant, elle commanda à Forrow de l’écorcher vif avant de trancher la jolie gorge de son Prince Charmant. Le chasseur exécuta froidement les ordres mais tout de suite il s’aperçut que la tâche serait moins facile que prévue. Malgré les geysers de sang, l’arrachage de plus de 60 % de son épiderme et de multiples perforations dans ses organes vitaux, le Prince Charmant refusait de mourir. Il hurlait comme un verrat tout en s’agitant dans tous les sens.

Bientôt, faisant glisser sa peau écorchée, il parvint à se libérer et son corps à vif tomba à terre. La peau, les muscles, les organes repoussaient à une vitesse ahurissante. Ginger détourna les yeux devant la boucherie ambulante qu’était devenue son amant.

Forrow lui, prit la pioche qu’il avait amenée en prévision de l’enterrement du cadavre et l’abattit sur Andy. Une nouvelle fois, beaucoup d’effets, aucun résultat. Il lui avait fracassé le crâne mais le Prince se redressait déjà, squelette désarticulé et pissant le sang de toutes ses plaies. Il progressa ainsi à travers la maison, massacré en permanence par Forrow, mais jamais tué, jamais arrêté dans sa fuite éperdue. Trouvant un peu de courage, Ginger vint même assister le chasseur dans son entreprise de destruction. S’armant de la bêche, elle fracassa le crâne du Prince à de multiples reprises. Mais les os se ressoudaient dans la seconde, un nouveau visage émergeait, une autre chevelure, d’autres muscles bien dessinés, des pectoraux larges et bronzés. Une beauté ultime parvenait à surnager dans cet étal de boucher mobile. Et le Prince hurlait toujours, à l’agonie mais ne pouvant mourir. Finalement, Forrow avait les muscles tétanisés à force de cogner à coups de pioche ou de trancher les chairs qui repoussaient sans cesse et Ginger avait fini par jeter sa bêche. Le Prince se précipita dehors et se rua vers la bouche d’égout la plus proche.

Dans un bond gracieux, il s’y fracassa et son corps disloqué et démembré disparut à travers l’étroite ouverte accompagné d’un atroce froissement osseux. Trop exténué pour pouvoir se lancer à sa poursuite, Forrow avait ramené Ginger à l’intérieur du 144.

Ils avaient alors discuté de la suite.

La jeune femme, secouée par le massacre de son cher amant, avait écouté le chasseur avec attention. Ce dernier lui confia des informations confidentielles sur le Club Van Helsing. La seule organisation, selon lui, capable d’arrêter le Prince Charmant.

Ginger avait juste planquée devant le Bedlam Asylum et attendue patiemment que le Professeur fasse sa ballade en ville pour l’aborder.

Hugo émit un bref sourire et répondit :

      ¾ Lachlan, voyons-nous. Passez à la Bibliothèque Obscure, demain après-midi.

      ¾ Je ne suis plus votre larbin, Helsing.

      ¾ J’en suis parfaitement conscient. Je veux juste faire comme Ginger, vous engager et vous donner les moyens de terminer ce que vous avez commencé. 15 heures ?

Lachlan Forrow raccrocha sans donner sa réponse mais le Professeur était certain que son ancien ami serait présent au rendez-vous.         

         

 

 

 

            

 

      

          

Maintenant III

Comme convenu, ils se retrouvèrent sous le dôme de polymère de la Bibliothèque Obscure. Hugo avait congédié la plupart de ses domestiques, avait conservé un nombre minimal de gardes et avait demandé aux quelques chasseurs présents de ne pas se montrer dans le périmètre. Lachlan entra dans la pièce à peine éclairée. Le Professeur avait en effet allumé une seule liseuse et se tenait assis à l’extrémité de la grande table. Il convia « Skinner » a prendre place face à lui, sur l’un des sièges confortables, au dossier anatomique, mais le chasseur de monstres à la casquette et à la veste douteuses préféra rester debout.

Ses traits émaciés et bronzés lui donnaient une allure squelettique et presque souffreteuse, pensa Hugo en reposant sa tasse de thé. Sur la table ovale, on avait disposé quelques objets, un Panama bicolore, un jeu de coutelas dont les larges lames scintillaient sous le halo discret de la liseuse, une carte de crédit sous un cube de plexiglas, un dossier épais et un costume Saville Row, gris perle, rayé de fines bandes noires, 2 boutons, veste croisée et cintrée. D’emblée, Lachlan Forrow se mit à ricaner :

¾        On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, hein, mon cher Hugo ?

¾        Toujours à vous complaire dans le sarcasme. Mais je n’ai pas le temps pour une

nouvelle joute verbale.

      ¾ Je ne pourrais pas stopper le Prince avec vos jolies lames. Vous le savez. Il me faudra du matériel non conventionnel.

      ¾ Choisissez vos armes, Lachlan et Citrin se fera un plaisir de vous les fabriquer en un temps record.

      ¾ J’ai besoin d’un nouveau jeu de cartes. Format tarot. Structure en carbone, nid d’abeille. Bordures en diamant, tranchant absolu, de l’ordre du mono filament. Et au centre de chaque carte, j’exige une parcelle reliquaire, os de saint, fragment d’arbre sacré ou le bois de la vraie croix. Mais je veux du certifié, du béni, du sanctifié.

Hugo hocha simplement la tête, sans contester. Il demanda juste :

      ¾ Quelle confession ?

      ¾ Orthodoxe.  

      ¾ Citrin vous fera ça. Mais je doute que vous puissiez arrêter le Prince avec vos petites cartes.

Lachlan Forrow se raidit brusquement puis se mit à gratter la face extérieure de sa main gantée.

      ¾ Si vous n’êtes pas d’accord avec mes méthodes, allez-y vous-même, Professeur !

      ¾ Je me suis en quelque sorte, retiré, des opérations de terrain. Mais je ne lancerais jamais plus mes chasseurs dans un combat désespéré. Du moins, plus maintenant…

Hugo Van Helsing avait baissé la voix et regardait vers le haut plafond ténébreux, devinant la présence des multiples volumes de l’Anatomie des Ombres. Le savoir monstrueux concentré sur des milliers de pages.

Sa dernière arme contre les horreurs proliférantes de Barnum.

Lachlan se rasséréna quelque peu. Van Helsing avait perdu son arrogance coutumière, l’armure de l’inflexible paladin scientifique semblait avoir quelques accrocs, des brèches qui laissaient entrevoir une surprenante vulnérabilité.

¾        Que s’est-il passé, Hugo ?

¾        Je me suis enfin confronté à Phineas, à la fin de l’année dernière. Affrontement direct,

Un vrai face à face. Et depuis, j’analyse sans cesse ces quelques heures. Un peu comme un amant qui aurait raté la rencontre de sa vie. Je ne peux plus me battre comme avant, il m’a dévoilé d’autres côtés de la monstruosité et j’ai compris que le combat n’était pas aussi tranché que je le pensais, au départ. Pourtant, alors qu’il m’avait laissé entrevoir la possibilité d’une trêve, d’un havre pour les siens, il a intensifié ses attaques, ramenant des dizaines de monstres pour les lâcher parmi nous. Le Prince est le dernier en date.

      ¾ Si mes cartes ne l’arrêteront pas, comment comptez-vous le neutraliser ? Vous allez faire appel à Vuk et l’équiper d’une charge thermonucléaire ?

      ¾ Nous possédons une arme plus discrète et efficace, dans l’une des cellules de contention du Bedlam Asylum. Une créature fabuleuse qui a été dressée pour obéir à nos ordres. Un être que vous connaissez très bien.

      ¾ Non, prononça Lachlan en amorçant un pas de recul.

      ¾ La Lamie possède les attributs pour vaincre votre Prince. En tant que principe féminin exacerbé, elle peut le détruire, le digérer et même si elle ne fait que le blesser, vous devriez pouvoir en profiter pour lui porter le coup fatal.

Lachlan Forrow arracha son gant et exhiba l’horreur de sa main. Ce n’était plus qu’une griffe dont les ossements mis à nus étaient maintenus en place par un assemblage de fils chirurgicaux et de petits pansements purulents. Le chasseur la nettoyait chaque soir, coupant la chair corrompue, désinfectant les recoins chargés de pu. Toujours une souffrance à la limite du tolérable. Ne jamais oublier, je pas fléchir, continuer à se battre malgré la douleur et la mutilation. D’un air désolé, le Professeur poursuivit :

      ¾ La carte de crédit dans le cube est une AMEX black, avec monogramme CHV. Crédit illimité. Son code vous servira aussi pour ouvrir la sas qui mène au corridor Est. J’y ai fait installer des unités de recherche, des blocs médicaux et des cellules. La Lamie s’y trouve.  Salle de contention 554-RE, sécurité maximale. Considérez la simplement comme une arme, un peu plus sophistiquée et charmante que celles que vous dissimulez dans les doublures de vos vestes.

Après avoir remis son gant sur sa main écorchée, le chasseur jeta sa casquette et se coiffa avec le chapeau noir et blanc. Tout en se changeant devant Hugo, il demanda :

      ¾ Pourquoi un tel luxe ? Ce costume ? Vous croyez que les choses peuvent redevenir comme avant ?

      ¾ Je n’y compte même pas, Lachlan. Seulement, nous ne devons négliger aucune piste pour la traque du Prince. Il va vous falloir chasser dans les bas-fonds comme dans les beaux quartiers.

Les jambes de Lachlan étaient fines comme celles d’un oiseau de proie, sa peau crasseuse et bronzée avait l’aspect du cuir. Sa croisade en avait fait une sorte de momie humaine, un être réduit à l’essentiel, de la peau sèche tendue sur des os allongés. Toutefois le costume cintré améliorait sa silhouette squelettique avec ses épaulettes rembourrées et sa coupe impeccable.

      ¾ Que voulez-vous dire, Hugo ?

      ¾ J’ai fait analyser le journal intime de votre proie et on note une rapide expansion de son pouvoir de séduction et de reproduction mais aussi… C’est plus sous-jacent, plus pervers en quelque sorte… Le Prince est passé par différents états. Barnum n’a pas choisi n’importe qui. Il a sélectionné un anglais moyen, un lad. Un brave type, marié, avec enfant. Pas un profil de conquérant. En gagnant ce pouvoir, le pauvre Andy Chalmers a tout perdu, famille, maison, le contrôle de ses pulsions, de son corps, de sa volonté. Il a résisté, dans un premier temps, s’est peut être ensuite amusé puis il a sombré dans le désespoir et la haine. Il est devenu une machine de chair avant que vous ne le réduisiez en une pulpe sanglante, sans toutefois parvenir à le tuer.

      ¾ Une nouvelle métamorphose ?

      ¾ C’est dans la logique.

Tout en glissant le plus large des coutelas dans la poche interne de son veston, Lachlan frissonna :

      ¾ Et vous pensez qu’il va viser notre haute société ?

Le Professeur avait croisé les mains et touchait le bout de son nez de ses deux index joints, signe chez lui d’intense réflexion.

      ¾ Barnum maîtrise la technologie et les médias aussi bien que les experts du Club Van Helsing. Si j’étais lui, je viserais cette cible. Un Prince médiatique. Une sirène masculine, moderne, séductrice et destructrice. C’est la raison pour laquelle, nous ne pouvons rien laisser au hasard. Vous avez besoin de la Lamie, Lachlan.

Le chasseur finit par se rendre aux arguments du Professeur, ramassa le dossier, la carte de crédit obscure et après un dernier salut un peu sec, prit congé de son nouvel employeur.

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Lachlan Forrow eut quelques difficultés à se repérer à travers la nouvelle configuration de l’aile Est du Bedlam Asylum. Ce secteur avait en effet été pratiquement détruit pendant l’attaque des lycans et des vampires associés durant le noël tragique. Hugo avait fait reconstruire l’aile dans son intégralité et en avait profité pour faire creuser des nouveaux souterrains, encore plus profonds et basés sur des matériaux anti-atomiques. L’AMEX en carbone, frappée de l’élégant signe du Club permettait au chasseur de passer les sas sécurisés successifs. Il croisa quelques gardes équipés de fusils d’assaut, de gilet pare-balles, de casques et de tasers, deux ou trois scientifiques en blouses vertes. Ces derniers lui accordèrent à peine un regard et Lachlan pénétra dans la zone des cellules.

Les portes étaient toutes blindées et certaines semblaient avoir été martelées de l’intérieur, par des forces colossales, mais la matière noire avait tenu bon. Se référant au code apposé au dessus de chaque porte, le chasseur se plaça devant la 554-RE. Il glissa son AMEX dans la fente qui lui faisait face et perçut le chuintement des vérins de protection. Alors que la masse sombre donnait l’impression de rentrer dans le mur de droite, il porta d’instinct la main contre le manche anatomique de son couteau.

La pièce était l’imitation d’un intérieur anglais des plus classiques. Un mur verdâtre, un mobilier bon marché. Tout y était, de l’horrible reproduction d’une peinture de bateau accrochée au mur du fond jusqu’à la théière de thé fumante posée sur une table basse. Au centre de cette surprenante cellule, se tenaient le professeur Andersen et sa Lamie.

Cette dernière semblait totalement humaine. Une jeune femme, habillée d’un tailleur couleur vieux rose, jupe de taille moyenne, plissée, bas blancs et escarpins vernis. Elle tricotait une écharpe de laine en regardant un clip des Naastybabies sur l’écran plasma de sa télévision et salua le nouvel arrivant avec un petit sourire figé.

Le savant, lui, s’était levé d’un bond et regardait Lachlan en serrant les dents.

      ¾ Vous ? Bien sûr, il fallait que ce soit vous…

      ¾ Croyez bien que si j’avais pu éviter nos retrouvailles, je l’aurais fait sans l’once d’une hésitation.

      ¾ Vous êtes venu pour ?

      ¾ Rassurez-vous, je ne suis pas là pour lui porter le coup de grâce, même si l’envie m’en démange la main… Juste pour en prendre livraison. Van Helsing veut s’en servir.

Décontenancé, Andersen ordonna à la Lamie de servir une tasse à Lachlan. Cette dernière s’exécuta avec une légère révérence avant de reprendre sa place sur le fauteuil. Lachlan en profita pour la détailler. Elle était toujours aussi belle. Jeune femme de taille moyenne aux grands cheveux noirs disciplinés en un chignon complexe, la peau sombre, les yeux profonds mais comme figés.

Le savant se frotta la cicatrice ornant sa joue et sortit un petit boîtier de la poche de son pantalon, gros comme un paquet de cigarette, fait d’un métal grisé. Il y avait un potard rouge, 4 chiffres et l’emplacement pour une clé de sécurité. D’un ton voilé, il expliqua le système de contrôle au chasseur. En position 0 la Lamie était totalement soumise au porteur du boîtier. Plus on montait dans les chiffres, plus on lui donnait la possibilité d’utiliser ses pouvoirs. En position 1, elle retrouvait ses sens ultradéveloppés, en 2, elle était capable de se défendre, en 3 elle pouvait attaquer et se servir de ses griffes et de ses crocs.

      ¾ Et le 4 ?

      ¾ J’y viens. Il vous faudra cette clé de sûreté pour débloquer le niveau 4. Elle retrouvera alors toute sa puissance et n’aura plus rien d ‘humain.

Répondit Andersen en lui montrant une courte clé complexe. Forrow ne put s’empêcher de ricaner :

      ¾ Elle n’a déjà plus rien de l’humain, Andersen. Cessez de vous leurrer.

      ¾ Je ne suis pas là pour en débattre avec vous, monsieur. Je dois juste vous la livrer. Afin de vous permettre de la contrôler je vais devoir vous demander votre bras, pour l’injection.

Le chasseur tiqua puis au final, tomba son veston et offrit la saignée de son coude aux mains d’Andersen. Le savant lui fit une prise de sang puis réinjecta le liquide écarlate dans une ouverture discrète, sur le flanc droit du boîtier de contrôle.

      ¾ Il me faut maintenant un peu de votre salive, pour que vos phéromones soient parfaitement identifiées par Lila.

Après avoir craché dans un Tube à essai, Lachlan demanda :

      ¾ Vous avez changé son nom ?

      ¾ Cessez de me prendre pour un écervelé pétri de sentimentalisme, Forrow. Lila n’a rien de commun avec mon ancienne fiancée. Elle ne garde aucune mémoire de notre vie commune. Elle ne connaît que la vie de cette cellule, les programmes télévisés et…

      ¾ Epargnez moi les détail graveleux. J’imagine que vous avez passé sur elle le reliquat de votre libido.

Andersen prit sur lui de ne pas répliquer à l’homme au panama et au costume de luxe. A défait de lui balancer son poing dans la figure, il secoua vigoureusement le boîtier puis le remit au chasseur.

      ¾ Voilà, c’est tout, vous allez pouvoir contrôler Lila. En faire ce qu’il vous plaira. J’allais vous conseiller également de ne pas trop forcer sur le savon, puisque ce sont vos odeurs corporelles qui vous permettent de maîtriser Lila, mais je pense que cette recommandation est superflue.

Lachlan Forrow cracha par terre et ordonna à la Lamie :

      ¾ On y va ! Suis-moi !

La jeune femme se releva et ramassa une petite valise à roulette, sans un dernier regard pour le Docteur Andersen, elle emboîta le pas du chasseur ricanant.



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