10 octobre 2009
Clubbing en Mai
Avis de Décès : La Minimale décède en Mai.
Commençons le joli mois de Mai par une virée au Nouveau Casino pour les 4 ans des soirées Smallville Parties que je prends un malin plaisir à rater, malgré mon envie de voir Pantha du Prince, depuis un temps certain.
Une entrée gratos grâce aux mails reçus dans la semaine et je trace direct Rue Oberkampf. Eclairage sombre et projections de graphismes vectoriels plutôt bien foutus. Avions, visages. De quoi bien décoller dans la micro house et la tech bien ciselée.
PANTHA DU PRINCE pour commencer soft et deep. Boucles profondes et des petites touches. Une touriste m’aborde, sud américaine peut-être, elle recherche des prods. Je lui dis que je suis largué mais devant son instance finit par lui conseiller d’aller voir dehors, dans la rue du QG. Ce rade maudit. Bon set princier, élégant et finaud.
PATRICE SCOTT, leader du label Sistrum prend le relais avec sa house furieuse de Detroit qui donne sévèrement envie de danser.
Je trouve un verre de rouge orphelin, hésite, mais comme il est plein, je l’adopte et vais le siroter tel un prince lointain dans ma bulle cancérigène. Une demoiselle brune passe et dépose ostensiblement un flyer pour une soirée future. Marc Houle au Glaz’art. Je m’en empare, pour suivre le fluide nocturne, traquer les indices.
Final par le résident Julius Steinhoff et Jacques . Bien correct, pas trop violent.
Le 02 mai, samedi tranquille, jeux de plateau, bière, fumée et trahisons. On avance vite jusqu’au 07 mai, retour au BATOFAR avec SIGNAL ELECTRIQUE + FX PROJEKT +SUBVERSIVE BOY + BURN. On avise la « canard » connexion et on retrouve donc la joyeuse bande (Peydey, Divine, Sylvian, Anna, and co…) sur le pont du Bato. On attaque direct, Black Russian, pour pas perdre le groove.
Pendant que FX PROJEKT chauffe la salle avec un joli phrasé rap mâtiné de Trip Hop, on papote, on téléphone, on se chipe nos chapeaux et on compare nos lourdes bagues morbides. Pas mal du tout en fait ce projet de FX, big beat absolument pas nostalgique, 2 step bien vitaminé.
Bon, voici la BURN ! J’étais venu pour enfin la voir, ayant juste porté ses disques et sa basse lors de son dernier passage à l’OPA, soirée ayant fini en une after bien puissante dont les échos résonnent encore parfois au fond de mes ossements.
Un set bien hargneux, électro solo bien rentre-dedans et provocation des rares mâles à oser s’approcher de la scène. « Les mecs du Sud ». Divine vient la rejoindre pour un bon petit duo. Bonne voix (également chanteuse chez Shane Cough, tout de même), paroles acides/pétasses comme on aime. Je kiffe bien « les tubes qui groovent » et l’imparable « Culture Klub » dont les paroles cassent bien et font quand même danser dans le rouge.
Allez, je commence à laisser filer et retrouve des signes des soirées antérieures dans les toilettes du Bato, dont cet étrange mouton et cette toute petite maison. Houlà ! Un verre perdu ! Je goûte. Etrange. Perrier/ vin blanc, ou autre ? Quelle importance ? Tudieu ! J’ai perdu la bande ! Et le set est déjà fini. Ralala, trop court ! Trop court ! Mais bon faut bien préparer le terrain pour les SIGNAL ELECTRIQUE, très stars en chapeau de cow-boy et spencers zèbres.
Revoilà Sylvain, bien bien cassé, les méfaits des Backstage ! Le transfert a fait mal ! Mission illogique et pause/break dans l’une des tentes extérieures. Le retour va être très long et fracassé. On refuse un taxi qui a l’air encore plus attaqué que nous, on retrouve la Burnmobile et là ! Miracle ! Je trouve une bière toute fraîche presque pas entamée.
Les dieux sont avec nous. Hop on traîne Sylvain jusqu’au métro et passage halluciné pendant lequel BURN va rappeler un CEO ou un attaché de presse. Le gar reste assez stoïque malgré l’appel tardif, respect !
Nous nous échouons à Neuilly, dans les nuages psychotroniques d’un bel appartement. Tout le monde s’endort, ralentit son métabolisme respectif. Je devrais rentrer. Une dernière vodka, peut-être ?
Le 08 au soir, Berlin m’appelle on dirait ? Je vais laisser Christophe Willem déblatérer et me régénérer pour la soirée TOKYO DECADANCE à venir.
Nous sommes le 09, peut être, je fends les corridors mollassons du métro pour émerger au Glazart. Looké japan light. Chapeau, lunettes, veste chinoise frappée du grand dragon écarlate et gants d’alchimiste du métal total. Une bonne foule, jeune et superbement lookée. Un plaisir intense, juste à être là. Tiens, à la caisse, je reconnais une ex serveuse du Bato. Je retrouve la bande de la soirée BURN, un peu plus fatiguée, mais Sylvain, trés pro, a bien récupéré.
Grosse foule, électro/Cyber/cosplay/Mangas/Furries et du coup une chaleur moite qui s’insinue dans le club de la porte de la Villette. Je n’étais pas revenu depuis longtemps mais ça me fait bien plaisir de me retrouver ici. Il y a une vraie ambiance et la patio fumeur ouvert sur l’extérieur est juste parfait ! Un petit côté club Allemand façon "Visionnaire", mais inversé.
Bon, je kiffe modérément les performers et happenings de SELIA, MICHI, MIHO, PINPIX, DORIAN, GALACTICA, HENNAYATSU. Des Dolls, des danses de talentos, du karaoke trashou, du strip tease dans le slime. Hormis les cages de plastique, ça m’emmerde un peu à l’opposée de certains adeptes bien hystériques. Même la chanson des hôtesses de l’air ne me fait rien de spécial.
Rayon DJ, c’est carrément mieux, avec DJ CEDRICOU ? SLASH et sourtout S20 qui va jouer dans le rouge, un gros bloc de Rock/Electro/big beat/EBM comme lui seul a le secret.
Je retrouve TCO et Angelica qui me détaille le happening gore que je viens de rater. Damned ! On termine avec DJ SISEN, une sorte de star qui relance les ultimes hystéries mais qui au final assure pas mal aux platines. Electro darkeuse avec un peu de rock. Assez bien foutue, dansante. Une belle communion finale.
Derniers instants dans la zone fumeur. On me parle d’une after au Barbizon dans le 13 ème. Etrangement, je me sens un peu « out » dans cette ambiance de fin de soirée et j’accroche moyen avec le gars qui me refile le plan. Faut parfois savoir jeter l’éponge et se rentrer doucement.
Vendredi 15 mai, j’hésite à me plonger dans la suite des aventures de « Kitaro le repoussant », sublime manga, jouer à Warhammer Online, ou mater les Mistons. Mais en fin de soirée j’expérimente un cockail interdit par la convention de Genève, base de vodka/powerade bleue et génépi (alcool de tueur à 70%). Un peu rude mais efficace. Tiens, si je retournais au Nouveau Casino pour tenter une vraie soirée Fidget ?
A peine le temps de formuler cette question, que j’ai déjà chaussé mes pompes zébras et que je me dirige vers la rue Oberkampf. L’anglais porte casquette et chemise « grunge » de bucheron et attaque son set comme un furieux ! Avec entre autre ses tubes tels que « BAD MAN HORROR THEME » qui pioche dans le rap/Grime et l’électro bondissante et frénétique à la TEPR/JUSTICE. J’accroche direct et me fait happer par les ondulations booty des demoiselles, les russes noircis et les fameuses grosses basses.
Première partie du set absolument sans faute, mélange électro nu-rave sans complexe, flirtant avec le hardstyle et l’eurodance sans se vautrer dans la vulgarité. C’est donc ça la Fidget, sorte de réponse maximale à la Minimale justement. L’envie de faire exploser le carcan des boucles deeps et des montées mentales, une exultation du corps dans les paillettes et le rap/house/Rock/Funk ce que tu veux du moment que ça le fasse ! Et le tout lié par la micro house vonstronkienne. Selon les puristes.
Par contre, la seconde partie est plus faible, moins bien tenue, le funk se délite, un peu mollasson.
La tendance s’inverse avec le passage de MikIX the Cat, parisien signé sur le label américain « Trouble and Bass ». Ca démarre très sèchement, avec une micro house mâtinée de sons raves. Là encore, nous ne sommes pas volé question basses car ça bastonne, ça perfore, ça martèle le béton… Et puis, peu à peu, on se laisse prendre à son jeu raffiné et ça en devient franchement passionnant. Pas facile et moins « délire fun » que A1 mais plus tribal/acide. Excellentes triturations de chants afro mélangées à de la house abrasive.
MED DAMON ou A4C vont boucler le bal des basses et mes chaussures bicolores me ramènent à la base.
Le lendemain, bonne forme et apéro dinatoire avec madame K. et ses copines, à Aubervilliers dans un loft immense, ancienne usine de colle à os ! Ca ne s’invente pas. Lookage chapeau noir et T-shirt rouge.
Nous buvons et groovons avec les élites socialo/communistes sous le patronage de Lénine et les couinements d’un flipper vintage. Je flashe direct sur un Coteau du Layon avant de me cramer avec une vraie conscience de classe dans la vodka/fruits rouges. Du punch, des gens relax, un peu de politique et de flirts adulescents sur fond de Madonna et DM.
Ouch ! De la chanson française aussi, du Manu Chao, vite, je me planque dans les toilettes pour savourer un punch qui fait mal et pense à m’exfiltrer de cette excellente before. C’est vrai que le Glazart n’est pas loin, au bout de la rue, pour ainsi dire.
Soirée CLASH « joint –venture » entre B-TRAX et PLASTIC, avec en star MARC HOULE et HOBO de chez M-nus, encadrés par les résidents BEN-MEN, OKINO, TARLOUF X. J’ai vais avec Véronique, un tantinet énervée qui a un besoin de s’éclater dans une éléctro soutenue. Passage de la barrière rouge et une très bonne surprise, puisque le son est nickel, l’air respirable et l’ambiance excellente.
A vrai dire, je n’attendais rien de MARC HOULE, quelques hits, un bon boulot de support/suivi de Richie Hawtin mais qui m’avait assez déçu lors de lives peu inspirés.
Cette nuit, c’est tout l’inverse. Il nous assène une techno froide, sans concession, dépouillée de tout artifice, sans le masque de la Minimale. Carré, agressif avec des vraies montées assumées. Juste parfait. Véro jette assez vite l’éponge et je m’approche doucement du bar pour siroter un petit Black Russian. Je rencontre des jumelles, Carole et sa sœur et une de leur copine qui insistent pour m’offrir une bière. Je suis déjà passé au Black, on va temporiser, bon allez, une gorgée pour faire plaisir.
DJ JOLLAN prend la suite et parvient à garder une saine tension dansante. J’avise Aurélie, avec ses ailes de fée, en véritable papillon noir des longues nuits électro de légende. Haute magie en rouge et blanc. Danses, déconne et gros son. Que demander de plus ?
A part un petit Jack Daniels en fin de soirée… Dernières impressions mentales avant de plonger au plus profond de soi même, dans les piliers de béton brut qui pulsent, bleus, encadrés par de charmants déjantés.
After ? Un copain à Aurélie me propose un plan pas loin, mais je reste étrangement focalisé sur le BARBIZON, ayant raté l’after TOKYO DECADANCE, la semaine dernière, à priori très cyber. Je rôde dans la ville encore endormie tel Haliday dans un film de Johnny To. Le squat semble définitivement fermé. Mauvaise option.
Le 23 mai, c’est un petit marathon sonique qui se profile avec en guise d’introduction un mini-festival métal/Noïse encore au Glazart, décidément ! J’y retourne sans cesse, magnétisé par l’endroit. C’est surtout JARBOE et GUAPO qui me branchent mais au final, j’apprends que Guapo est annulé.
Damnation ! Tant pis, j’ai ma place, je trace ! Marrant de retrouver la scène métal après des années de clubbing/électro. Que des gens en noir, dont Yannick Blay, Cadav and co… Quelques groupes français pour commencer, issus des productions TRENKILL. EVERY REASON TO, COMITY et CELESTE. Du bon métal bien alourdi façon Neurosis et compagnie.
J’apprécie avec modération tandis que j’enquille les bières. Ca oscille entre le très bon et le moyen avec une mention pour CELESTE et son dispositif radical, fumigène et lampes rouges frontales pour les musiciens. Des paroles en français lourdes et dégorgeant de hargne. On frôle le EYEHATEGOD… Par contre, ça a du mal à tenir sur la durée, dommage mais intéressant.
J’accroche assez peu sur ESOTERIC, une sorte de métal psyché assez alambiqué et symphonique dont les titres n’en finissent plus.
JARBOE c’est juste la catastrophe totale. Des musiciens mercenaires, très bons par contre, mais dont le son dessert totalement la poésie déclamée de la dame qui ne dégage rien. Une femme qui récite son cahier de textes. Dire que c’était une de nos idoles, nous pauvres gothiques fans des SWANS !
Je m’arrache et vais d’abord faire une esacle au PHUKET, mon restau des secrets rue Oberkampf, pour m’abreuver de Tsingtao et de soupe de poulet.
Ensuite, destination le SOCIAL CLUB pour une soirée SUPERPITCHER organisée par GET THE CURSE. Arrivée extrêmement tôt, je suis même le premier à groove, face au pilier, sur le son de Micky, très bon ce soir. Le club se remplit assez vite. Pas mal de touristes anglais. On me présente à une certaine Jemma et ses copines, sympas. Le son est bon, le groove tranquille et le plus important, j’ai repéré le petit bar à Jäger. 
Des chapeaux mystérieux nous frôlent tandis que SUPERPITCHER prend les platines pour un très long set assez peu minimal mais plutôt Tech/généreux, housse bien joyeuse, pas loin de la limite du soleil mais avec toujours un son qui percute.
Bien dans le fun jusqu’à ce que CLEMENT MAYER prenne la suite et fasse passer la nuit sous la barre dark et profonde qui le caractérise. Ses sets sont de mieux en mieux, de mon point de vue. Du sombre assumé, du mental un peu torve.
En fin de soirée, je retrouve Gina, en galante compagnie et STEF qui vient lui aussi bien profiter du son de Clément. Fin de soirée étrange en compagnie d’une certaine Sonia qui insiste pour lui payer un verre et de sa sœur que nous retrouvons au dehors. Champagne + Jäger, ça donne ? Heu, bizarre.
Un jeune homme ivre mort s’accroche au poteau du SOCIAL comme à une dernière chance. Derniers sourires et départ dans un monde en construction.
Fin du mois, j’accuse très légèrement une certaine fatigue mais il y a cette double soirée à la villette. WE LOVE SONIQUE avec deux parties, THE BODY et THE MIND.
Commençons le vendredi soir à la Grande Halle, arrivée tôt, looké darkeux, chapeau et liquette sombre à têtes de mort. Détail marrant, dans la file, je rencontre un ancien videur du Bato reconverti dans le tract ainsi que Monsieur Pass-Pass.
En Warm up, nous avons le droit à 8 BIT BOY, pas mal pour chauffer la grande salle un peu vide. Légère déception, juste de la bibine, du champ’ et de la Redbull. Et pas de zone fumeur prévue ! Herm ! du coup, ça clope sans trop de vergogne sur le dancefloor.
Le set de DIPLO est excellent, bien riche, rap/électro/dub avec une pincée de rock aride, on a même le droit aux Beasties Boys, c’est la joie ! Une tendance à partir dans le n’importe quoi mais ça permet de garder une belle ambiance. Un public assez jeune par contre, genre des graphistes géants barbus de 20 balais qui sautent partout. Il me semble deviner Richie Hawtin, en périphérie, en train de kiffer comme un petit fou. Passation de pouvoir ?
Le set de DJ HELL est assez étrange, un début purement minimal, puis ça vire à la techno dark avant de nous balancer des reprises kitsch de titres de Mozart puis du Cobblestone Jazz. Cet homme ne cessera jamais de m’étonner avec son petit pull noir à col roulé. Une certaine Camille, très sympa, m’aborde, quelques clopes, une danse et voici le final de cette bien belle nuit.
JESSE ROSE, un son très house afters berlinoises. La halle est à moitié remplie, le son a été bien ample, les lights shows énormes. L’endroit idéal pour les grosses pointures de la techno.
Je rentre sans me douter que demain, au même endroit, la Minimale va mourir…
A suivre…
http://www.myspace.com/fxprojekt
http://www.myspace.com/burnscrazy
http://www.myspace.com/a1bassline
http://www.myspace.com/mikixthecat
http://www.myspace.com/unhiverdeplus
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