Fees105

Retour sur deux anthologies dans lesquelles j’ai eu l’insigne honneur d’y glisser deux petits textes.

Le jeune auteur, quand il reçoit ses exemplaires, se rue généralement sur sa propre nouvelle et survole les autres d’un air distrait. Etant un vétéran des zines et des concours, désormais je relis l’ouvrage in extenso.

Tout d’abord « Fées dans la ville », anthologie de fantasy urbaine concoctée par Anne Fakhouri.

Outre le fait d’être publié à côté de Jack Vance (quand même) et de Karim Berrouka, ex-Ludwig-Von 88 (quand même bis), sous une très belle couverture de surcroît, j’ai bien dévoré l’ouvrage.

Des nouvelles assez axée vers l’enfance et une certaine nostalgie de l’innocence. A part celle de E. Holstein, qui pervertit un bon le postulat de base et évoque plutôt les démoniaques pactes du blues et de l’informatique. La nouvelle de Jeanne A. Debats représente le type de novela dont j’apprécie encore la lecture mais que je suis maintenant incapable d’écrire. Variation humaniste sur le fantastique ancré dans le réalisme social, (ici banlieue de Montreuil).

Tantôt touchantes (l’histoire commence à Falloujah ) tragiques (les fées versus la pédophilie) ou rigolotes (une petite fille adopte un dragon), le recueil tient franchement la route et le bonheur de lecture est au rendez-vous.

La mienne, une nouvelle short à chute, clos l’ouvrage.

Une chronique ici :

http://autrecotedumiroir.net/fees-dans-la-ville

J’en parle un peu ici.

http://www.actusf.com/spip/article-8828.html

malpertuis200l

Ensuite l’évènement, à savoir la parution de MALPERTUIS I, des éditions Malpertuis. Véritable scanner de la jeune (et moins jeune) création fantastique francophone (et même plus). Ecrire et éditer du fantastique, de nos jours, dans un espace francophone relève de la gageure suicidaire. Plus vraiment de collections, une visibilité proche du néant et pourtant, on ne compte plus les webzines, assos ou anthos diverses et variées. Et ce vivier numérique bouillonne ! Des ultras shorts de l’ami Nico, à des novelas dans un ton très jeunesse en passant par du sexe taxidermiste bien cru ou des textes plus délicieusement flous comme celui d’Eveson. A noter un texte très fort de Léo Henry sur un vampire en quête de « sens ».

Le mien est une relecture contemporaine des aventures du Golem, projeté dans les zones curieuses des afters destroys.

Anthologie touffue, nerveuse, qui part un peu dans tous les sens mais parvient à faire vibrer la corde ténue et fragile du fantastique francophone.

Tout est centralisé ici

http://www.ed-malpertuis.com/spip.php?article19

Et pour info je serais à LENS ce week-end pour un festival de polars avec comme d’hab ma valisette d’oldies but goodies, de textes rares et mes crayons de couleur.

http://www.salondulivrepolicier.net/