Audiotrauma DSC03007

L’année 2010 commence sous le signe de la drum’n’bass et d’une musique plus noïseuse et âpre. Il est vrai que la minimale, sous sa forme première, m’attire de moins en moins. De plus, chaque année, j’ai vu les piliers du mouvement et je ressens une impression de lassitude circulaire.

Alors, ce vendredi retour au Kulb de la rue Saint Denis pour une nuit avec les joyeux audiotraumatisés. Pas la foule mais on retrouve les piliers solides du mouvement dark/rythmique/indus : K.oz, Gwen, RV en tête, bien vissés au bar. Je retrouve les deux (anciens) jeunes, Ferdi et Mika, bien au taquet. Damned même Mika, d’ordinaire sobre, a descendu deux verres de vodka et il finira assez vite, par embrasser le dancefloor. DSC02996 

Set introductif de :[S20]: bien foutu, le son est correct, la soirée démarre sous de bons auspices. LEWSOR arrive ensuite pour un live sur Ableton. Chapeau ou capuche, sombre joker n’hésitant pas à prendre le micro, à la croisée d’ATR ou de THE HORRORIST. Du vrai digital hardcore, abordable et fun. J’en profite pour recaser la chronique que j’avais faite de son dernier LP. DSC02988

LEWSOR Une chronique en forme de boucle, pour ma part, puisque le titre de ce second LP de Lewsor, désormais signé chez Audiotrauma provient du jeu de mot moisi de ma bafouille précédente sur sa première auto/production. J’admets que je n’étais pas certain de vouloir réitérer l’expérience car le premier LP m’avait tellement enthousiasmé, à l’époque, que je craignais d’être redondant. Mais NO ERROR, tout en conservant la hargne de « Rather Die Than Hear That » recèle encore plus de surprises soniques et de nouveautés ! Et l’écoute du Myspace m’a bien vite convaincu de rempiler ! L’impression générale de NO ERROR est celle d’univers plutôt SF voire proche du jeu vidéo, délimité par des nappes claires mais rythmé par des attaques noises sauvages.
Sur Rok’n’ram, il se permet de ressusciter les antiques boucles métalliques crossover façon Ministry and co avec des bidouillages nerdcore pour un résultat étonnant.
Encore plus loin dans « Musical Pirate », il greffe une mélodie asiatique à un rap mâtiné de saturations épileptiques.
Avec « Falling Star », nous tenons un hit presque parfait, entre big beat et voix tirée d’une cuve de clonage de mutants french touch, le tout soutenu par des nappes spatiales et ambiantes.
Mais nous avons aussi droit à notre lot d’agressions concentrées avec l’imparable « Dead Knight Night » qui chatouille le hardcore le plus démoniaque dans le rouge
Entre 2001 Odyssée de l’espace, Ministry, ATR, Aphex Twin ou encore un Venetian Snares dont le cerveau n’aurait pas été altéré par sa propre musique ou autres substances.
Toute la force de NO ERROR tient dans ce savant équilibre entre une violence compressée, des éclaircies planantes, des implants cinématographiques et des breaks toujours placés au rasoir. Véritable prolongement du meilleur du gros son 90 (crossover et big beat en tête) , Lewsor reprend, en plus, à son compte tout ce qui définit notre culture entre trash et pop : du film de zombies (dans le très ricanant « Street of the Deads »), aux James Bonderies « Industrial brass band », l’informatique, l’espace, les jeux vidéos, les pornos avec des clowns allemands (ha non, peut-être pas cet élément…). Tout cela aurait pu donner naissance à un joyeux foutoir mais NO ERROR parvient à conserver une évidence, une puissance et une clarté proprement dansante et jouissive.
Lewsor parvient ainsi à asséner un traitement de choc radical et salutaire à l’électro sombre en faisant voler les cloisons en éclat et en traçant sa voie propre. Le carnage est beau, le carnage est total, le carnage est joyeux !

 DSC03011 On retrouve tout cela dans le live, en dépit de problèmes techniques et d’une certaine retenue de la part du protagoniste principal. Il est remplacé par BAXTER LILY qui officie dans une frange plus brute et par la même plus convenue. Bourrinage et saturation. Le chanteur est également ivre-tué. K.oz l’ayant bien soigné depuis le milieu d’après midi. Du coup la bière flingue les platines et je descend à la cave du Klub écouter Kort.x et son rap/dub oldschool bien sympa.DSC03017

Ensuite je navigue entre les deux salles, en haut c’est Lord Impaler qui donne dans le « Métal-Kawaï », soit du métal nippon + de l’électro aléatoire, en bas, c’st K.oz, qui nous assène un set effroyablement trippant et mental. Impression d’évoluer dans la carcasse d’une cathédrale funèbre peuplée de cyborgs qui ricanent. Puis on termine avec Juke et de l’indus plus classique.DSC03010

L’ambiance est rigolote. Le public est motivé. Dernières minutes, je me retrouve à « coacher » un jeune styliste belge, les conversations partent dans des dimensions inconnues. La vodka agrémentée de pomme, c’est le bien ! Retour tranquille à la base.DSC03021

Le lendemain, je remets ça, mais du côté d’Aubervilliers, au Glaz’art. A la caisse, ma vieille copine du Bato et à l’intérieur, une foule surprenante ! Plus de 600 personnes. Le genre drum’n’bass semble bien se porter. Le public est jeune, bien énervé, perché ou motivé. Les drealocks sautent dans les strobos. Début de soirée avec VonD et PUSHY, entre dub/électro avec un côté fidget/Bassline et quelques remixes de titres « guimauve » 80’s soutenu par de la grosse basse bien grasse. Peut être une version de « 10cc », « i’m not in love ».DSC03024

Enchaînement avec NIVEAU ZERO pour un set bien nerveux et dansant, impossible de s’approcher de la scène tellement ça bounce dans tous les sens. Croisé quelques connaissances et bien rippert avec mon look « blues brother » classieux. Décalé. Je passe à l’option alcool/harcdcore. Le mélange docker polonais, à avoir un shot de Jack Daniels dans un demi de Grimbergen. Destruction des neurones. DSC03025

Dans la zone fumeur, je tombe sur une demoiselle qu’il me semble avoir croisée hier soir. Fanny, une goth/électro hollandaise, très sympa. Discussion musicale puis le live tant attendu démarre. DSC03044

BROKEN NOTE. Les albums sont assez posés/planants, assez proches d’un SCORN mais en live, c’est une option agressive qu’il nous propose. Une montée en puissance impeccablement maîtrisée. Il se paye même le luxe jusque boucler son set avec du hardcore bien lourd limite gabber. DSC03054

4 heures 44, je suis carbonisé mais bien heureux, le cocktail de docker polonais, c’est le mal !

La soirée se délite dans des versus divers, de haute qualité et se conclut par une simili émeute au vestiaire tellement le public reste dense. Le retour est rude, spatio-temporalité séquentielle. DSC03059

Quelques jours plus tard, atterrissage en douceur au Batofar, avec I :cube, housse bien classe et une pincée d’italo disco. DSC03095

Et le myspace du sieur LEWSOR

  http://www.myspace.com/lewsor