Ligne de nuit part II DSC03529

 

Il y a une perturbation dans le petit monde du polar, en ce moment, fin mars 2010. On atteint les limites d’une période, du trash, de l’ironie, de la distance. Pas de camp mais des coups de gueule ou d’esbroufe. Je reste avec les cétacées obscurs, en cette soirée de jeudi.  Apéro à Montmartre avec l’éditeur dans une ambiance de cordite et de tension cassante. Les nerfs à vif, je poursuis la ligne de nuit.

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Premier arrêt à Pigalle, escale au Katabar, pour quelques bières/sky. La soif me ronge le gosier, ce soir. Lourdeur printanière. Décidément, j’aime toujours ce rade rock et goth. Je m’y sens à l’aise sous les peintures morbides et sexy, perché sur un tabouret. DSC03532 DSC03534

Je me dirige ensuite rue Oberkampf, pour me réfugier au Phuket, restau thaï à l’ambiance étrange, entre tranquillité et havre pour freaks du quartier ou d’ailleurs. Il est temps d’aller faire un saut au Nouveau Casino, pour écouter une sorte de tremplin de début de soirée. DSC03538

Spécial découverte avec SEA GULL CLUB, groupe assez frais de noisy pop moderne. Hybride entre Boo Radleys et Sliiimy pour faire court. Concert alerte et avenant qui de surcroit est sponsorisé par Jack Daniels ! On m’offre quelques shots de dégustation. Du vrai caramel à 40° .DSC03543

DSC03551 La soirée se termine tôt. Envie de prolonger encore. Ja vais tenter le Social Club, même si je doute de pouvoir rentrer avec mon look entre l’inspecteur clouseau et John Cosntantine. Par chance, l’un des physios, me reconnaît et me laisse filtrer. DSC03557

Très bonne petite ambiance du jeudi pour le moustachu SASHA FUNKE qui nous offre un set de minimale/house sautillante. Je passe à la Jager et à la vodka pomme. Mon chapeau attire une géante blonde. Je danse dans les lueurs rouges et bleues, pipette à la main. Puis passage au fumoir ou je me fais aborder par une brunette qui me demande si elle peut être cash. Ok no malaise, parlons vrai. Une fellation, carrément ? Je suspecte la blague, voire la caméra cachée. Mais ça a l’air sérieux. Plan à 3 en fait, avec son copain, juste à côté. J’essaye de discuter musique, minimale, Matthew Dear… Mais ils en ont l’air de s’en cogner grave de mes commentaires d’exégète du son. Dernière tentative à laquelle je rétorque « Ha non, désolé, jamais de touze le jeudi ! ». Etrangement, je trouve le couple éminemment sympathique.

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Retour sur la piste pour se finir en dansant frénétique, rasant les murs et évitant les lumières crues. Le set de Sasha est à la fois lointain, décalé et assez drôle.  House festive de première classe. J’émerge quelques heures plus tard avec dans l’iPod, Passive de A perfect Circle. Rue du retour. Je me paye le luxe de défier la fatigue et l’ivresse et me tape un sprint infernal jusqu’à la base. DSC03570 DSC03572

Quelques minutes statiques et je me réveille, enchaînant sur le boulot.

Téléportons-nous jusqu’au week end. Vendredi soirée entre potes, avec de nouveau pas mal de verres, champagne, Gewürztraminer cognac et poker. Pas la force de poursuivre mais le samde, c’est au REX que j’atterris. Pour un set DYED SOUNDOROOM + MATTHEW DEAR. Dear, une de mes grandes références en minimale/tech/dark sous son incarnation AUDION. Je suis un peu moins fan de sa pop/tech sous le nom de Dear mais j’ai en souvenir ses sets monstrueux d’afters en 2005/2006. Du coup, je rempile, fidèle à ses basses métalliques. Arrivée en avance, club désert. Salutations à Mia puis je décide de m’en griller une avant que le fumoir ne soit saturé. DSC03576

Assise par terre, je reconnais une demoiselle, qui tire sur son mégot. Jeune blonde croisée à la dernière soirée Kill the DJ. Je la salue, on commence à discuter, vidéaste très sympa et branchée tek/électro/teuf. Je lui offre une clope. Charmante clubbeuse désargentée. Joli sourire, regard parfois voilé. On commence la soirée ensemble, à se payer des vodka-redbull. DSC03577

Le début du set est un long versus entre Dyed et Matthew. C’est assez moyen, de grosses basses qui claquent, certes mais un rythme mollasson, faussement housy. Public un peu hype mais plutôt cool, avec un sosie de Beigbeder (ou lui, en fait… Allez savoir). Un jeune est persuadé que je suis un parrain de la mafia. Effet lunettes noires, chapeau et chemise espagnole ? Possible. Amélie en a marre, elle préfère la tech qui tabasse un peu plus. Elle se barre. DSC03580

Au fil des passages de relai, je garde toujours la même impression. Dyed est plus house mais l’alliance avec Dear ne fonctionne pas. Les deux talents s’annulent, se phagocytent. En revanche, quand Dear est seul aux platines il verse tout de même dans son côté sombre, AUDION avec quelques titres limites crissant, noirs, arrides et industriels. Avec le son du rex, ça meule dru et concasse quelques barrières mentales.

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En fin de soirée, une espagnole blonde à piercing m’aborde pour deviser linguistique, alcool et cigarettes. Longue discussion étrange, totalement altérée. « Enlève ta veste, il fait chaud, hombre ». Elle me file sa dernière cigarette, offrande. Petit sourire triste quand j’annonce que je retourne danser.

Impression mitigée dans l’ensemble, un peu le set passe-partout, facile, pour les fracassés du samedi.

Pas d’after, un coca et retour en passant devant le manège aveugle. DSC03594