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Retour donc au Forum des Images, pour l’Etrange Festival, ça ne fera que la 12éme ou 13ème fois. J’ai même hésité à y aller. Overdose de films japonais bizarres, de polars ambigus, de films inclassables ? Mais peut-on vraiment saturer de ces plaisirs coupables ? DSC00001

En tout cas, je rempile pour une nouvelle année, 17ème édition, un festival presque majeur donc. Direct après le boulot, en costume de freak salarié, je me rue donc vers les Halles, en pleins travaux. La foule se masse dans les souterrains comme pour échapper à cette canicule de fin de saison.

Séance d’ouverture du festival à 19 heures 15, avec en préambules les discours et remerciements rituels. Jean Pierre Mocky, grand parrain fait revivre quelques figures mythiques pendant que Xavier Gens nous fait bien marrer avec son stagiaire qui sauve son film grâce à ces fortunés parents. Même constant pour les deux réalisateurs,  sorti de la norme, on est bien seul… DSC00002

puis la bande annonce qui va nous vriller les yeux pour les dix jours à venir. Un enrobage assez « boîte de nuit » cette année avec graphismes « vectrex ».

En apéritif, nous avons droit à SUCRE,  « court-mais-trash » du hollandais Jeroen Annokkeé. Percutant, rigolo, de l’humour noir, de quoi bien commencer cette nouvelle édition.

THE DIVIDE : 2011, réalisé par Xavier Gens, 1 heures 50. DSC00003

Film survivaliste de SF entre Malevil pour l’ambiance post apo, Panic Room pour la claustration et Sa Majesté des Mouches pour l’ambiance malsaine et au cordeau qui s’installe entre les 8 survivants.  Plutôt sceptique au début du film, acteurs issus de séries TV (HEROES, PRISON BREAK), décor un peu too much, une star sur le retour Rosanna Arquette… Je craignais un peu l’effet FRONTIERES, du même réal, cad, pleins de bonnes intentions, un véritable amour du genre mais au final un film qui ne se tient pas.

THE DIVIDE c’est exactement l’inverse, un peu neutre-mou du ventre dans son installation, les situations ne cessent de monter en intensité et les personnages en épaisseur et en crasse morale. Car ce film est avant tout une vision de la déchéance. Physique tout d’abord, à cause des radiations les beaux gosses émo-hipsters se muent graduellement en dégénérés qui pourraient être adoptés par la famille de LA COLINNE A DES YEUX. Mais surtout la chute est éthique et cela pour tout le monde !

Dans la conclusion, les gestes héroïques ou même humains finissent par avoir des conséquences pires que la violence et la brutalité. Quasi nihiliste, THE DIVIDE propose également des maquillages discrets mais parfaits, et un design fascinant sur les costumes des soldats, l’attaque nucléaire de l’ouverture et les décors de fin.

THE WOMAN : 2011, réalisé par Lucky McKee, 1 heure 40. DSC00005

Un avocat, beauf et violent, capture une femme des bois, lors d’une partie de chasse, il la séquestre dans sa cave et tente de l’apprivoiser sous les yeux de son épouse, soumise et brisée, d’un fils pervers et d’une ado.

Ecrit avec Jack Ketchum, ancien écrivain Gore devenu maître de l’horreur pédo/psychologique, le film est à la fois caricatural, en particulier le personnage du père, trop méchant pour être convainquant et perturbant. Scènes gores éruptives, situation scabreuses qui viennent s’empiler dans une spirale bien frappée.

Truc pour les lovers, ne pas louer ce film pour une soirée romantique, c’est un coup à finir à dormir dans le canapé. Film en effet très sexiste, puisque les mâles sont tous des machos/violeurs/assassins et méritent de se faire poutrer à coup de planche de bois.  

Après ces deux belles découvertes visuelles et cradingues, je file vers la rue Oberkampf à l’üdo bar, pour me descendre une double-Jager on the rocks bien roborative. D’emblée une demoiselle à bloc m’aborde et me surnomme « le Facteur du Bonheur », effet casquette + petite pochette sans doute. Je finis mon verre et file au Nouveau Casino, pour la soirée BRONSON RECORDS. DSC00006

Entrée façon VIP et je retrouve enfin du vrai son, ample, percussif. La musique est très tek/fidget avec de violents pillages de la Minimale mais passés dans la Turbine de cette nouvelle vague ultra dansante.

Voici venir MODEK, grand gaillard en chemise grunge, qui va balancer de la turbine bien dar et assez déconstruite par instant, frôlant une deep house de haute volée et y injectant des bouts de rock et de rap. Très belle prestation. DSC00010

Façon versus, il passe le relai à MUSTARD PIMP, qui est dans la même optique mais en plus abrasif voire hardcore/jungle sur certaines envolées. Voilà ! Je cherchais l’élément qui me fait actuellement aller vers des soirées plus Turbines. On retrouve des montées sans complexes, avec des nappes, des drones, du rock, du Beastie Boyz ! Le duo est bien à bloc et nous amène dans le rouge de la danse sans limite. DSC00016

On me compare à l’ex chanteur d’ACDC, ça fait plaisir ! J’enquille bière et Jack mais en maîtrise tranquille.

On boucle avec Mr SKELETON, plus sombre, plus apaisée un peu moins accessible. Idéal pour ralentir le mouvement et se laisser porter par la douceur d’une dernière bière. DSC00021

5H30, déjà fini ? Retour métro. Je croise MICKY de get the CURSE, de retour de l’OPA.

Parcours nocturnes croisés.   

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