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Ce jour, deux films presque opposés, symétrie inverse :

MEAT : durée de 1 heure 25, de Maartje Seyferth et Victor Nieuwenhuijs DSC00049

Malgré de bonnes intentions et une présentation assez claire des deux réalisateurs, c’est un public nombreux qui va rester dubitatif devant cette enquête arty mêlant vidéos de bidoche en gros plans et cul glacé et intellectualisé. Malgré la performance des acteurs, l’inspecteur/boucher et la vendeuse, jeunette délurée, rien ne fonctionne vraiment dans ce buffet froid.

Comme quoi il ne s’agit pas de débiter des paroles crues, ni de filmer une scène de sexe frontale doublée d’une rafraîchissante « golden shower » pour rafler l’adhésion de nos regards déviants. L’histoire est assez simple, un inspecteur sans sentiments enquête sur la mort d’un boucher déclassé qui partage sa femme avec son boss et fait l’amour à sa jeune vendeuse qui elle-même filme sa vie en vidéo, sort se faire violer en sortie de boîte par un godelureau en masque de tête de mort et vit avec un turc activiste végétarien. Dit comme ça, ça à l’air un brin crétin.

 Ça l’est malheureusement. Gros ratage, verbeux et prétentieux de surcroit. Quelques scènes surréalistes avec animaux évoluant dans une boucherie  industrielle viennent toutefois sauver un peu le désastre. On préférera le court métrage d’avant, des catcheurs en quête de pardon. DSC00051

EL INFERNO : durée de 2 heures 25, réalisé par Luis Estrada.

Ce polar social très grinçant, nous est présenté superbement par le dénicheur du film, qui l’a acheté pour moins d’un euro au Mexique avec une statuette de Jesus Malaverde, le saint patron des narcos. Gros succès dans son pays, EL INFERNIO relate le retour de l’oncle Benny dans son village natal, après 20 ans de galères au USA. Tetant tout d’abord de reprendre une vie normale, Benny finira par suivre les traces de son frère « El Diablo » parfait petit narco. DSC00053

Superbe surprise que ce film qui, sans second degré foireux ou peinture à la Grindhouse, parvient à arracher rires et larmes sur plus de 2 heures sans jamais faiblir. Charge implacable contre les narcos et surtout le gouvernement, EL INFERNO se révèle être l’un des meilleurs films de gangsters de tous les temps, évitant l’hagiographie, la violence facile et les couplets moralistes.

A noter la performance de l’acteur principale ainsi que celle de son ami/complice, El Cochi, une masse à la fois brutale et attachante. Même si la fin tend à traîner en longueur (un peu trop de twists), le verdict est implacable, la charge est violente et belle. Véritable bijou dans le genre, film de gangsters. Puissant et touchant.

Et totalement désespéré.

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