Etrange Festival 2011 : le Dernier Jour DSC00130

Je commence vraiment à fatiguer, 2 semaines de films non stop + deux nuits blanches électros et deux nuits blanches cinématographiques, ça use son homme. Yannick B et Lady Palace, que je croise en cette ultime journée trouvent que je ressemble à un zombie. Je suis donc raccord avec le festival.

On commence avec :

THE MAN FROM NOWHERE : de Lee Jeong-beom, durée 1 heures 59. DSC00126

Thriller coréen de belle facture, qui délaisse quelque peu les outrances et la surenchère qui pourtant ont constitué la marque du genre depuis l’explosion des old boy and co… L’histoire est assez classique, un ancien as des services spéciaux, mutique mais beau gosse, se lie d’amitié avec une gamine qui se fait embarquer par de vilains trafiquants d’organes.

On aurait pu s’attendre à une Cat 3 sordide, on se retrouve face à une sorte de James Bond stylisé. De bonnes bastons et du gore assez retenu qui curieusement arrivent à prendre le spectateur à contre pied. De même, la gosse, qui aurait pu être l’habituel élément horripilant de ce thriller parvient à être originale et assez touchante.

Série B grand luxe, dotée d’une maîtrise des espaces et d’un rythme bien prenant, THE MAN FROM NOWHERE se révèle être une bonne surprise.

Pas le temps de souffler, on enchaîne avec

REQUIEM POUR UN MASSACRE : d’ELEM KLIMOV durée 2 heures 20. DSC00128

Il s’agit pour moi d’une rencontre essentielle avec un de mes films maudits. J’avais assez peur de le voir, suite à une distribution erratique dans les années 80/90. D’abord présenté dans une collection vidéo SM/malsaine puis élevé au rang de chef d’œuvre du cinéma, ce film devait d’appeler « TUER HITLER » pour finalement devenir « Va et regarde » ou ce dernier titre.

Nous sommes en pleine campagne de Biélorussie, Fiora, un jeune garçon trouve un fusil et va s’engager dans le maquis pour lutter contre l’envahisseur allemand. Ce film est un choc permanent qui prend à la gorge, malgré une certaine hystérie slave par moment. Certaines séquences marquent et hantent longuement. Etrangement, il n’y a pas de catalogues d’horreurs ni une volonté de choquer, simplement, un réalisme et l’absurdité homicide de la guerre. La fin, avec le regard halluciné de Fiora (censé avoir joué sous hypnose) parvient à clore le film d’une manière presque surréelle puisque le jeune homme revoit l’ascension d’Hitler sous forme d’archive. Jusqu’à cette image d’enfant du Führer.

A la sortie je suis pris d’un doute… Je voulais aller voir DON’T BE AFRAID OF THE DARK, le film de clôture mais j’ai peur de retomber sur une daube pseudo dark/indie comme on a souvent le droit en fin de festival. Je discute avec Léa qui m’incite plutôt à aller voir le Sono Sion, GUILTY OF ROMANCE, en particulier pour son féminisme déviant.

Ok, vendu. Je vais changer ma place mais suis tellement à l’ouest que le vendeur me prend pour un défoncé.

A vrai dire, le film m’a un peu laissé dans l’expectative. DSC00131

Le début est prodigieux. La façon de filmer le quartier des love-hotels où viennent se planquer les couples illégitimes, l’exposition des 3 héroïnes, la femme soumise qui se libère, la prof tarée et la femme flic, tout cela fonctionne bien et même les délires un peu Seven/mecs inquiétants prennent bien.

Mais… L’enquête qui sous tend le film est quand même férocement flingué et il y a des redites gênantes, en particulier quand la prof tarée théorise à outrance la déchéance de l’ancienne femme au foyer. Il faut encore dire que certains acteurs Sushi Typhoon montrent parfois leurs limites. En particulier Megumi qui n’arrive pas à tenir tout un film.

Encore une fois, Sono Sion, rate le film parfait, et nous sert une copie baroque des Nuits de China Blue. La conclusion rattrape un peu le coup car on revoit la flic qui à mon sens était le personnage le plus intéressant du lot.   

L’heure du bilan.

Un festival plus lisse que d’ordinaire, mais après 13 ans de présence, j’ai l’impression d’avoir absorbé beaucoup de bizarreries cinématographiques. Les nouveautés oscillent entre le second degré délirant ou une sorte de mollesse arty.

Meilleur film, EL INFIERNO et en second après quelques mois de réflexion/maturation HELLDRIVER.