Présence Industrielle  DSC03904

Je fais un break de quelques mois, mi-2010. Quelques semaines de repos, pour reposer le foie et la CB mais bien vite les démons dansants viennent gratter doucement à la porte de l’inconscient et il convient de rouvrir les cages barbelées.  

Reprise fin mai avec une soirée PARAMANIAC à la Nix-Nox. Sandrine, du Bato, m’a dégoté une place. Je me pointe trop tôt. Il n’y a pas grand monde mais je retrouve le lieu, cette péniche moderne et boisée. Je croise d’autres personnes du Bato, staff ou habitués donc je ne suis pas vraiment dépaysé. Public jeune et dreadlocké pour faire trembler les carcasses sur trois bons sets de NOISEBUILDER / YAN X et l’inusable RADIUM. On me prend pour un critique sombre new yorkais puis un jeune chevelu veut m’échanger un fond de rhum pur contre un punch tout frais et tout neuf. Il me dit que je vais y gagner au change et me file son verre. Je goûte et décèle une curieuse amertume qui me parle vaguement. Je lui rends sa boisson et retourne groover sur la tech hardcore. DSC03947

Un peu plus tard, le chevelu revient m’avouer qu’il a acquis une bombe de D trop puissante et je capte soudainement ! Ralala le coquin ! Inconsciemment, il a voulu refiler le « cadeau » à d’autres mais au final, il semble avoir pris cher. Il repart, va dragouiller quelques danseuses, se fait savater par une amazone, tombe par terre et finit par comater avant de se faire sortir par les videurs en panique. Je retombe et rentre tôt sur les coups de 5 heures 30.

Le samedi est plus calme. Before chez quelques potes composée de quelques verres de rouge et d’un bon vieux starter à la maison. Je m’équipe également de ma fidèle flasque de sky en prévision des règles en vigueur à la villette. Pas d’alcools forts. Le DJ qui inaugure la salle est plutôt bon et ouvre impeccablement pour DANTOM EEPROM en grande forme. Il nous assène une minimale dark bien charpentée et musclée qui dévaste tout sur son passage. Je retrouve Amélie du Rex et rencontre un couple breton exilé. Lui est DJ/photographe elle ex-gogo danseuse dans les boîtes bretonnes. Elle est même sortie à 16 ans avec Trezeguet. Ambiance starstrucker. On délire plutôt bien dans le carré fumeur et l’ambiance est très happy, touchy, engagée mais correcte. Bisous et cigarettes sous la pulsation de métal des arcades de la grande halle. DSC04017

VITALIC se met en place. Malgré un dispositif très « machine de guerre », des lumières énormes et des projections lasers cyber futuristes, le début est vraiment très mou et il semble à la peine. La machine ne décolle pas, montées foireuses, break à côté. Et puis… Il se décide à dégainer les hits et retrouve une structure plus dark/électro classique. Ou alors c’est moi qui raccroche aux automatismes de mon passé goth, aidé par l’émulsion whisky/bière. Je croise Vince et Marielle qui évoluent dans les lueurs blanches.

Ensuite, c’est la grande surprise avec CASSIUS. J’attendais un set syndical du duo french/touch. Des pros qui déroulent. Mais ils m’ont bluffé. Un set d’une belle clarté, percutant et ciselé comme une lame glacée. Grosse leçon et j’en danse jusqu’à la limite.

HOLDEN a même quelques difficultés à reprendre la main malgré sa petite mèche et son look émo assez louche mais il sait y faire et après quelques titres, on recommence à planer dans les hauteur de sa house vaporeuse et teintée de pop. Je me carbonise puis me retire.

Quelques jours plus tard, balade à Reims pour une rencontre/lecture dans la bibliothèque de Stan, ancien collègue de forum. Un moment rare et précieux. De bons échanges et je repars avec une boutanche de ratafia, la classe.

Fin de semaine, 40 ans dans un restau du 14 ème.  Brunch quadragénaire. Pas mal de potes, la famille, vins et gâteau. Et en prime un bel ipad qui va me permettre de mettre au placard mes autres machines numériques nomades.

Avance rapide jusqu’au milieu du mois. Nous sommes samedi, je suis au ZORBA à Belleville pour le festival de la musique électronique, option indus rythmique. J’y retrouve l’intégralité du forum Kod.ex, les jeunes et les vétérans, copains à bloc et copines fatiguées. Le bar est accueillant, hybride du havre à poivrasses et de la cave à événements musicaux pointus. Les prix sont mini, ça fait du bien ! La cave est étroite et totalement blindée. Du coup je rate la majeure partie des concerts. J’arrive juste à mater le live de Sylvain + SYLGHEIST, plutôt pas mal, sorte de phrasé EBM sur la base d’un indus de belle facture. Je vois également quelques titres du set de Riotmiloo et je m’empresse de lui apporter la tarte aux pommes que je lui dois depuis 2 ans, depuis que la pectine et le sucre ont sauvé mon âme imbibée à la K-Viar de Montpellier.DSC04034

Je ne danse pas, je passe mon temps à discuter et à payer des verres de blanc à Aline. Nous avons une discussion bien barrée avec Mika qui accepte la vodka pomme. La nuit se développe et j’irais bien retrouver la piste du Nouveau Casino pour aller écouter LENNY DEE, vieille gloire de la tech hardcore façon new-york, entre l’indus violent et les tabassages du type Thunderdrome and co. Seuls Dlex et Aline me suivent rue Oberkampf. Le set de LENY DEE cogne dur. Du vrai hardcore mais qui n’est pas resté bloqué dans le passé et qui a absorbé certaines basses issues de la minimale ou des attaques et montées provenant d’autres pan de la techno. Les visuels sont des extraits de films d’horreur de trippés assénés dans une ambiance proprement épileptique. On se paye quelques tournées de vin blanc, entrecoupées de verre de Black Russian. YANN X prend la suite et refroidit un peu les rouages chauffés à blanc par son collègue, ce qui n’est pas plus mal. Descente tranquille vers des BPM humainement tolérables. Entre temps Dlex s’est volatilisé nous finissons par nous retrouver dehors, Aline et moi, en compagnie d’un supporter du Ghana qui arbore le maillot national. DSC04044

After au QG ? J’hésite fortement ayant des souvenirs plutôt mitigés de ce rade terminal. Mais il est déjà fermé. Il n’y aura donc pas de cas de conscience. Je quitte le duo survivant ici et trace jusqu’à la base.

Le lendemain, j’ai la curieuse impression d’être observé par un géant de béton, une figure amicale et cyclopéenne assise sur la ville et qui me regarde au creux de ses mains.

Faut que j’arrête le vin blanc, moi !