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Samedi 03 septembre 2011, second jour du festival. On rentre dans le vif du sujet avec un film et une nuit blanche dédiée aux films d’exploitation, GRINDHOUSE.

KILL LIST : 2011, réalisé par Ben Wheatley, 1 heures 30. DSC00027

Après des missions traumatisantes en Irak et à Kiev, un ancien soldat devenu mercenaire et assassin, à la dèche, est contraint de s’embarquer dans une nouvelle mission. Film assez curieux, produit par la division films de chez Warp, le label de musique. A la fois modeste par ses moyens et grand par ses ambitions, à savoir réussir l’hybridation entre un certain polar enraciné dans le social et la grande horreur gothique à l’anglaise, le film intrigue. Ce dernier possède d’indéniables points forts, un jeu du hors-champs/violence frontale ainsi qu’une gestion du non-dit très intéressante. Le réalisateur use du décalage, dialogue/image et parvient à développer une bonne ambiance parano.  

En revanche, on pressent assez vite les orientations à venir même si nous n’auront droit à aucune explication claire et nette, la faute à certains dialogues. Le film s’approche en effet du « Wicker Man » pour les éléments dissimulés, mais la trame rappelle également celle d’Angel Heart. On peut même y déceler quelques pointes de « A Serbian Movie ». Assez sec et minimaliste, KILL LIST souffre peut-être d’un scénario un peu trop riche qui dilue la frontalité du projet. A revoir ou à laisser décanter.  Réalisateur à suivre en tout cas…

Minuit, l’heure de rejoindre la très longue file d’attente pour la nuit GRINDHOUSE. C’est donc dans une salle comble et surchauffée que le monsieur loyal nous présente le premier film. A savoir, une de ces fausses bandes-annonces montées finalement en graine et en long métrage. DSC00028 DSC00029

HOBO WITH A SHOTGUN : 2011, réalisé par Jason Eisener, 1 heure 26. DSC00030

Un vagabond débarque dans une ville corrompue jusqu’à la moelle. A l’aide d’un shotgun, il va faire le grand nettoyage, une cartouche après l’autre ! Hommage déjanté et goresque aux séries B-Z des 90’s, baignant dans une lumière et des couleurs saturées de Karim Hussain, HWASG arrive à bien garder le cap dans la surenchère et la tripaille, en particulier lors de la seconde partie avec l’arrivée des « Plagues », duo de tueurs façon VIOLENT SHIT. Rutger Hauer joue le rôle titre et parvient à rester étrangement sérieux tout en débitant des poncifs humanistes entre deux explosions de tête.

Synthèse jouissive du cinéma d’exploitation 80/90 , HWASG renvoie également à Miike (Ishi the killer notamment pour les rollers) au gore teuton et aux adaptations de comix. On est presque dans un Dick Tracy gore avec le personnage de Drake, parrain du crime, cabot en diable et psycho façon joker.

Petite embrouille de bobines ensuite. Le projectionniste envoie NORVEGIAN NINGA en place de TUCKER ET DALE FIGHTENT LE MAL (quelle belle traduction quand on y pense). Nouvelle pause et on nous cale le bon film.

TUCKER ET DALE (fightent le mal) : 2010, réalisé par Eli Craig, 1 heure 29. DSC00032

Tucker vient d’acheter une maison de vacances dans les bois, avec son pote Dale, ils comptent s’offrir quelques vacances sous le signe de la pèche et de la bière. A quelques mètres, une bande de teenagers s’installent…

Excellente comédie de situation qui joue avec les genres mais en évitant les poncifs façons « Scary movies » and co.  De quiproquos en préjugés, les morts accidentelles s’enchaînent. Le renversement gentils bouseux contre djeunes étudiants formatés par des années de slashers et survivals fonctionne bien et on se marre tout au long du film. Bon dosage entre gags et comique de situation avec une histoire qui tient la route et un peu de barbaque pour nourrir le gorien qui sommeille en nous.

 

NORWEGIAN NINJA : 2011, réalisé par Thomas Cappelen Malling, 1 heure 17. DSC00031

Le commandant Treholt dirige une équipe de ninjas norvégiens pour protéger le mode de vie du pays et servir le bon roi Olaf, mais les services secrets de l’armée, pilotés par la CIA, ont un autre plan pour la Norvège !

Faux documentaire, avec grain d’image trafiquée et effets spéciaux enfantins, Norwegian Ninja est un bon délire visuel et régressif. Inspiré d’une réelle affaire d’espionnage, le réal en fait une sorte de sérial en carton pâte. Quelques scènes sont hilarantes (le camp sur l’île aux herbes), le test du ninja « Bourdon » etc… Mais sur la longueur ça patine un peu. Je décroche un tantinet, il est 4 heures du mat et il fait toujours aussi chaud dans la salle. On nous distribue de la flotte salvatrice ainsi que les rituels petits-dej.

2019, après la chute de New-YORK : 1983, réalisé par Sergio Martino, 1 heure 31. DSC00036

Du bon gros nanar qui tâche, avec en bonus un vrai doublage français bien craignos qui en rajoute une couche.

Survival après la bombe, pseudo mad max, démarquage de NEW YORK 1997 et de la planète des Singes. Tellement kitsch qu’on se marre toutes les 5 minutes, dialogues (pompeux ), décors (maquettes foireuses), costumes (razzia sur les soldes), scénario (lequel ?), bruitages (hahh les lasers qui font pew pew pew). A noter George Eastman en chef homme-singe habillé comme un acteur de théâtre ainsi qu’une flopée de nains vociférants.

Retour vers 8 heures, un peu cassé.